Les voies de sortie de la crise financière, l’Afrique

Les voies de sortie de la crise financière, l’Afrique

Chapitre2 :

Les solutions adaptées par l’Afrique

Section 1 :

Les voies de sortie de la crise

A. Mesures prises par les pays d’Afrique

Au niveau des politiques publiques, les gouvernements des pays africains continuent à mettre en œuvre diverses mesures visant à atténuer l’impact de la crise économique internationale sur leurs pays. Ces gouvernements ont mis en place tout un éventail de mesures, incluant :

o Des mesures fiscales d’incitation

Un exemple à citer est celui du gouvernement du Libéria qui a procédé à une révision complète de son code des recettes, proposant une réduction de 10% de l’impôt sur les sociétés et de l’impôt sur le revenu, afin de stimuler l’activité du secteur privé ;

o Une aide ciblée aux secteurs les plus touchés

Ici nous pouvons citer le Nigeria dont le gouvernement a injecté 70 milliards de naira dans l’industrie textile qui avait été sérieusement affaiblie.

o Une réglementation prudentielle du secteur bancaire

C’est le cas du gouvernement égyptien qui a créé un fonds d’assurance-dépôts pour promouvoir la confiance du public à l’égard du secteur bancaire.

o Des politiques monétaires expansionnistes

Nous pouvons citer l’exemple de la Banque Centrale du Botswana qui a baissé son taux officiel d’escompte de 50 points de base pour le ramener à 15% en décembre 2008.

o La relance par la politique commerciale

C’est une composante importante des plans de plusieurs pays. Le Cameroun a réduit ou supprimé les taxes à l’importation sur les équipements, les outils et le matériel utilisés pour la recherche et la prospection pétrolière.

Au Libéria, la Présidente a annoncé la réduction des droits de douane et des prélèvements sur les échanges avec les pays de la Communauté Economique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).

Quant à la Tunisie, elle a augmenté les crédits alloués aux voyages visant à stimuler les exportations; le Mali a pour sa part décidé de rembourser aux sociétés exploitant des mines d’or la taxe à la valeur ajoutée (TVA) et les droits d’importation perçus sur leurs opérations en 2006/2007.

À Madagascar, la banque centrale a dévalué la monnaie pour améliorer la compétitivité des exportations. Le Gouvernement a lancé une campagne de promotion des exportations.

o Politique budgétaire

Des mesures de relance budgétaire ont été également annoncées dans un certain nombre de pays en vue d’atténuer les effets de la crise et de dynamiser la croissance. Au Cap- Vert, le budget de 2009 prévoit une augmentation de 17% des dépenses publiques pour relancer l’économie. En Égypte, une relance budgétaire d’un montant de 15 milliards de livres égyptiennes a été annoncée par le Gouvernement. L’Afrique du Sud, le Gabon, le Maroc, la Namibie, le Nigéria, São Tomé-et-Principe et la Tunisie ont également adopté des mesures de relance, dont la plupart sont axées sur les infrastructures… Plusieurs pays africains ont, quant à eux, procédé à des coupes budgétaires. Au Kenya, le Gouvernement compte réduire les dépenses publiques de 25 milliards de shillings. Au Bénin, on envisage de diminuer les subventions sur les denrées alimentaires et le pétrole importés.

o Mobilisation des ressources intérieures

Certains pays africains ont introduit des réformes visant à mieux mobiliser les ressources intérieures. Au Burkina Faso, le Gouvernement compte réformer de fond en comble sa politique fiscale en 2009, en élargissant la base d’imposition afin d’augmenter le montant des recettes fiscales.

L’Afrique du Sud, le Cap-Vert et le Sénégal ont, eux aussi, pris des mesures visant à accroître les recettes fiscales. Le Gouvernement kényan a l’intention de privatiser certaines entreprises publiques.

Il a également émis des obligations d’un montant de 18,5 milliards de shillings sur le marché financier kényan pour financer des travaux d’infrastructure25.

Toutefois, il y a lieu de préciser qu’en dépit de tous ces efforts, les gouvernements africains n’ont pas de capacités de financement suffisantes pour protéger les populations contre l’impact de la crise.

les estimations de la banque africaine de développement, pour seulement maintenir le niveau de croissance d’avant la crise, le continent aurait besoin d’un financement de 50 milliards de dollars (Etats Unis) en 2009 et 56 milliards de dollars en 201026 ce qui fait du soutien international une nécessité indispensable pour que le continent puisse faire face aux effets dévastateurs de la crise.

B. Action internationale

Le développement en Afrique est largement tributaire de l’aide internationale. En cette conjoncture de crise économique, Une action internationale de sauvetage est indispensable pour éviter que le continent ne s’enfonce plus encore dans la misère.

Comme le G20 l’a dit dans le communiqué publié à l’issue du Sommet qu’il a tenu à Londres en avril dernier, « une crise mondiale requiert une solution mondiale ».

Pr. BENHAMMOU Mohammed ; L’impact de la crise économique internationale sur le développement économique et social en Afrique, Novembre, 2009.

Cette solution doit reposer sur des arrangements internationaux efficaces et équitables, et Concrètement, la communauté internationale est appelée à :

  • Accroître les ressources affectées aux initiatives de réponse à la crise, pour appuyer les prêts au profit de l’Afrique, en particulier ceux destinés au financement des échanges et à l’aménagement des infrastructures ;
  • honorer les promesses d’augmenter le montant d’aide fournie à l’Afrique, tel que convenu au sommet de Gleneagles et réitéré lors de la réunion du G20 en avril 2009;
  • accroître l’appui aux initiatives africaines et internationales de réforme, notamment l’Initiative PPTE28 renforcée, l’Initiative pour la transparence des industries extractives, le Système de certification du processus de Kimberley et le Mécanisme africain d’évaluation par les pairs ;
  • observer et appuyer les principes énoncés dans la Déclaration de Paris et dans d’autres conventions internationales, en faveur de l’amélioration de l’efficacité de l’aide ;
  • promouvoir une plus forte voix de l’Afrique au sein des organisations internationales ;
  • créer d’efficaces mécanismes indépendants pour suivre l’avancement des initiatives adoptées à l’échelle internationale en vue d’appuyer le développement de l’Afrique, et pour établir des rapports à ce sujet.

Pour citer ce mémoire (mémoire de master, thèse, PFE,...) :
La première page du mémoire (avec le fichier pdf) - Thème :
La crise financière internationale menaces et contraintes
Université :
Université Moulay Ismaïl - Faculté des Sciences Juridiques
Année de soutenance :
Mémoire de licence en sciences économiques et gestion - 2009-2010
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