Les 4 stratégies pour la gestion du risque financier

Section  3 : Les différents stratégies pour la gestion du risque financier

La gestion des risques financiers repose sur quatre attitudes possibles :

  1. L’auto-couverture qui consiste en apparence à ne rien faire, et qui ne concerne que quelques très grands groupes pour certains de leurs risque.
  2. La fixation dès aujourd’hui du prix ou des taux d’une opération qui se déroulera dans le futur. L’entreprise ne peut pas alors bénéficier d’une évolution favorable à ses intérêts du prix ou du taux dans la future.
  3. L’assurance qui consiste à payer d’une façon ou d’une autre une prime à un tiers qui prendra alors à sa charge le risque s’il se matérialise. L’entreprise peut donc bénéficier d’une évolution favorable à ses intérêts du prix ou du taux dans la future.
  4. La cession immédiate de l’actif ou du passif porteur de risque.

Table des matières

I- L’Auto-Couverture

A- Le risque de change

La gestion du risque de change comporte deux volets distincts. Le premier concerne la détermination et la surveillance permanente de la position de change, le deuxième volet présente un caractère plus actif.

Ses deux composants sont l’évaluation du degré de probabilité de la réalisation effective d’une perte découlant du risque de change et la mise en œuvre, quand elle apparaît justifier, des techniques adéquates en vue de se protéger effectivement contre ce risque.

L’opération de couverture ne cherche pas à réaliser un profit mais à annuler les conséquences des variations du taux de change, alors que la couverture du risque de change repose sur cinq axes principaux :

1- Le marché interbancaire au comptant et la gestion du risque de change

Pour se couvrir, l’importateur possédant une dette en devise doit acheter, dés maintenant, sur le marché au comptant, les devises dont il aura besoin plus tard. Si sa trésorerie ne l’autorise pas à procéder à cet achat, l’importateur doit emprunter des dirhams pour les vendre sur le marché au comptant afin d’obtenir la devise dont il aura besoin.

Cette procédure a pour inconvénient de faire perdre à l’entreprise qui se protège contre le risque de change le crédit qui lui avait été consenti par son fournisseur.

Pour l’exportateur possédant une créance en devise, la couverture la plus simple consiste à emprunter le montant des devises et à les vendre immédiatement sur le marché au comptant pour obtenir des dirhams.

2- Le marché interbancaire à terme et la gestion du risque de change

Le besoin de couverture contre le risque de change explique le développement des transactions sur le marché à terme. Les opérations d’exportation et l’importation comporte en effet des délais  de règlement qui rend incertain le montant de monnaie nationale reçus ou payé dans l’avenir pour une certaine quantité de devises étrangères.

– La couverture contre le risque de hausse des cours

L’importateur qui contracte dans sa monnaie connaît la somme qu’il devra verser à l’échéance du crédit qu’on lui accorde. N’est plus le cas si la dette est libellée en devises étrangères.

Pour éviter ces inconvénients, sans devoir pour autant immobiliser sous forme d’un achat au comptant la somme à payer à l’échéance du crédit, l’importateur qui redoute une hausse du taux de change achète à terme des devises correspondant au montant de sa dette

– La couverture contre le risque de baisse des cours

L’exportateur qui contracte dans sa monnaie connaît parfaitement le montant dirhams qu’il recevra à l’échéance du crédit qu’il accorde. Tel n’est pas le cas si le contrat est libellé dans la monnaie de l’importateur ou dans une devise tierce.

Pour remédier à cet inconvénient, l’exportateur qui redoute une baisse du cours de la devise vend à terme auprès de son banquier le montant de sa créance et détermine, de cette manière, avec précision, la somme en franc qu’il recevra ultérieurement

3- Le marché des contrats à terme de devises et la gestion du risque de change

En intervenant sur les marché de contrats à terme pour se protéger contre le risque de change, l’exportateur détenant une créance en devise et l’importateur ayant dette en devise ne s’adressant plus à un banquier comme ils le feraient sur le marché interbancaire.

Ils prennent directement contact avec un courtier de l’international monetary market pour vendre et acheter un ou plusieurs contrats de devises.

4- Le marché de swaps de devises et la gestion du risque de change

Le swap de taux : un accord par lequel deux parties conviennent de s’échanger des condition d’intérêt, cet accord concerne seulement les flux d’intérêt.

Ceux –ci sont calculés sur la base d’un capital de référence identique les taux réciproquement payés par l’un et l’autre des deux participant sont différents, en nature ou en niveaux. Le cas le plus classique et celui le swap « taux fixe contre taux variable »

Les swaps sont très intéressants et fort utiles pour gérer le risque de change sur longue période. Ceci explique qu’ils sont souvent associés à des emprunts ou à des placements en devises à moyen terme et à long terme.

Les stratégies pour la gestion du risque financier

5- Le marché des options de devises et la gestion du risque de change

Le développement des marchés d’option conduit les banques et les entreprises à recourir de plus en plus souvent aux services offerts par ces instruments.

Dans la mesure ou les options sont des actifs asymétrique, il permettent à ceux qui les utilisent d’être protéger contre le risque de change sans les priver pour autant d’une évolution qui leur serait favorable et qu’il auraient mal anticipée.

– La protection contre la baisse du taux de change

La technique traditionnellement utilisée pour se protéger contre la baisse du taux de change est l’achat d’option du de vente.

Cette pratique est bien adaptée à l’hypothèse d’une baisse importante du cours de la devise, en revanche dans le cas d’une baisse modérée, il peut être envisagé de recourir à la vente d’option d’achat.

– La protection contre la hausse du taux de change

La technique traditionnellement utilisée pour se protéger contre la hausse du taux de change est l’achat d’option d’achat.

Cette méthode est bien adaptée à l’hypothèse d’une hausse importante du cours de la devise. En revanche dans le cas d’une hausse modérée, il peut être envisagé de recourir à la vente d’option de vente.

B- Le risque de liquidité

Le risque de liquidité est présent si le crédit à long terme est financé à l’aide de ressources récoltées pour des durées plus brèves (problème général du risque de transformation de durée).

Le banquier peut réagir au risque d’intérêt en prévoyant que ses propres prêts seront consentis à des taux variables.

A la limite, les taux sur les prêts seraient revus au moment précis ou les taux versés sur les ressources en assurant le financement donneraient lieu eux-mêmes à une révision.

C- Le risque du taux d’intérêt

– Les principes de la gestion du risque de taux par les marchés à terme

La gestion du risque de taux peut se faire au moyen d’opération réalisée sur les marchés à terme.

Nous présentons tout d’abord les principes de couverture du risque par les opérations à terme (ferme et conditionnel), avant de décrire succinctement les caractéristiques des marchés à terme.

§1- La couverture par contrat à terme ferme

A- Le principe des opérations à terme ferme

1- Le risque de fluctuation des cours pour un actif physique

L’opération de couverture à terme revient si on a une position longue dans l’actif physique, à créer une position courte équivalente en vendant un contrat à terme. L’adossement entre l’actif physique et le contrat vendu permet d’annuler le risque. Inversement, un agent court en actif physique crée une position longue dans le contrat, en achetant un contrat à terme.

La présence des spéculateur permet la réalisation des opération de couverture, car la seul existence des opération qui souhaitent se couvrir contre le risque, ne suffit pas le plus souvent à assurer la création et le fonctionnement d’un marché à terme.

Les opérations à terme permettent de gérer le risque de fluctuation des prix par transfert entre les différentes catégories d’agent.

2- Fluctuation des cours des actifs financiers et risque de taux d’intérêt

La couverture du risque résultant des fluctuations des taux d’intérêt repose sur les mêmes principes que celle du risque lié aux variations des cours des céréales. Au lieu de porter sur un actif physique tel que le blé, le contrat à terme a un actif financier comme sous-jacent.

Le vendeur du contrat s’engage à vendre l’actif financier à un prix déterminé et l’acheteur à l’acquérir les cours des titres étant égaux VA des flux issus des actifs, en garantissant le cours de vente de l’actif financier, les deux parties fixent simultanément le taux d’intérêt.

Les principales opérations de couverture portant sur des actifs financiers peuvent être classées en deux grandes catégories, selon qu’on cherche à se protéger contre une hausse ou une baisse des taux :

3- Les opérations de couverture contre une hausse des taux

Une hausse des taux entraîne des pertes si on détient des actifs rémunérés à taux fixe ou si on se finance par des ressources à taux variable. Par exemple, les opérations suivantes conduisent à des pertes qu’il est possible de couvrir par des ventes de contrats à terme :

  • Détention de portefeuilles de valeurs à revenus fixes (par exemple, des    obligations) ;
  • Financement par des lignes de crédit, à taux renégociés mensuellement ou trimestriellement ;
  • Opération de financement différée (par exemple, le lancement d’un emprunt obligataire).

4- Les opérations de couverture contre une baisse des taux

De façons symétrique, une baisse des taux entraîne des pertes si on détient des actifs dons les taux sont variables ou si le financement se fait par des ressources à taux fixe.

Les opérations suivantes entraînent ainsi des pertes qu’il est possible de courir par des achats de contrats à terme :

  • Détention d’un portefeuille d’obligations à taux variable ;
  • Gestion d’excédents de trésorerie prévisionnels ;
  • financement par des emprunts à taux fixe.

La politique de couverture varie en fonction des anticipations. Si les anticipations sur l’évolution des taux sont favorables, une entreprise n’a par intérêt à bloquer les taux. Cependant, une telle politique est risquée si les anticipations sont erronées.

B- La relation entres les cours à terme et les cours au comptant

L’opération de couverture du risque de taux impliquant un adossement entre une position  « physique »portant sur un actif financier et une position virtuelle, constituée d’une opération sur un contrat à terme, il importe pour pouvoir gérer le risque de taux, de connaître et de comprendre les relations qui lient les cours à terme aux cours au comptant.

La relation entre les prix    au comptant et les prix à terme peut être mise en évidence à partir du raisonnement d’arbitrage.

A un instant donné, la différence entre le cours à terme et le cours au comptant constitue la base :

Base = cours à terme – cours au comptant

La notion de base est particulièrement importante pour appréhender les risques encourus dans une opération de couverture de risque de taux.

En effet, le principe de la couverture du risque est de compenser une éventuelle perte de valeur sur une position au comptant par un gain de valeur équivalent sur une position à terme.

Si l’échéance du contrat à terme concorde exactement avec l’horizon de la couverture, et en supposant une corrélation parfaite entre évolution des cours de l’actif couvert et du contrat à terme, le risque est totalement annulé, car à l’échéance la base est nulle et le cours à terme est égal au cours au comptant.

En revanche, si l’horizon de l’opération de couverture est inférieur à celui de l’échéance du contrat à terme, la valeur de la base de la réalisation de l’opération devient incertaine, et l’opérateur supporte un risque de base.

D’après « finance d’entreprise » de PIERRE VERNIAMMEN, édition 2003,p 205
D’après « le marché des changes et gestion du risque de change », de SIMON YVES,édition 1990,p132
C’est un marché qui permettre aux banques, tous les jours, de compenser les dettes et les créances, qu’elles accumulent les unes sur les autres.édition 1991,p 78
D’après « marché financiers : gestion de portefeuille et de risque », de BERTNARD. JACQUILLA. BRUNO
D’après « la gestion financière », de GERARD CHARREAUX, édition 2004, p 163

C- Les modalités de la couverture contre le risque

La couverture du risque de taux par utilisation de contrats à terme se fait en compensant les variations de valeur subies sur une position au comptant, par celles d’une position de sens contraire, constituée contrats à terme.

La qualité de la compensation dépend notamment, d’une part, de la corrélation entre variation de valeur entre les positions au comptant et celles des positions à terme et, d’autre part, de l’ajustement des horizons de ces deux types de positions.

Les modalités de la couverture contre le risque

§2- La couverture par contrats conditionnels

La couverture au moyen de contrats à terme ferme à annuler le risque en bloquent le prix (ou le taux), de façon à obtenir un prix (ou un taux) réalisé égal au prix anticipé (ou au taux). Ce type de couverture prive l’entreprise des profits potentiels, liés aux évolutions favorables.

Les contrats conditionnels, qui constituent des options particulières, ont été introduits pour pallier cet inconvénient.

Ils assurent la couverture des risques défavorables tout en permettant à l’entreprise de bénéficier des évolutions favorables, si les anticipations se révèlent erronées. Cependant, conformément à la logique financière, cet avantage a pour contrepartie un coût plus élevé.

Les schémas étudiés pour les options sur actions restent valides, même si les actifs financiers sous-jacents diffèrent.

L’évolution des taux étant opposée à celle des prix des actifs, il faut cependant prendre garde à interpréter correctement les évolutions. Ainsi, couvrir une position active contre une housse des taux d’intérêt équivaut à la protéger contre le risque d’une baisse du cours de l’actif sous-jacent.

§3- Les différents types de marché à terme

Les opérations à terme s’effectuent soit sur des marchés de gré à gré, soit sur des marchés organisés. Sur un marché de gré à gré, les caractéristiques des contrats (montants, dates et taux de référence), négociées directement entre les parties, sont parfaitement adoptées aux besoins des agents.

Cet avantage a pour contrepartie des inconvénients importants. D’une part, il existe un risque a pour contrepartie des inconvénients importants.

D’une part, il existe un risque de contrepartie, une des parties peut ne pas honorer ses engagements. D’autre part, si les anticipations sont révisées, il est difficile pour les contractants d’annuler leur position, la liquidité n’étant pas assurée.

Un marché organisé ou marché de futurs (ou de « futures ») permet de remédier à ces inconvénients et d’assurer une grande sécurité dans les transactions.

Les contrats sont standardisés et un organisme de centralisation s’interpose entre les différents intervenants ; il garantit la bonne fin des transactions grâce à un système de dépôt de garantie et d’appels de marge.

Les marchés de futurs –sont principalement des marchés secondaires, car la plupart des contrats ne se terminent pas par la livraison de l’actif sous-jacent, mais sont annulés avant l’échéance par une prise de position de sens contraire.

Ces avantages en terme de sécurité et de liquidité ont pour contrepartie une moins bonne adaptation aux besoins des agents.

– Les principaux produit de couverture du risque de taux
Les produits de couverture du risque de taux varient selon qu’on se situe sur les marchés de gré à gré ou sur le MATIF. Ils sont présentés en distinguant les contrats à terme ferme, des contrats conditionnels.

§4- Les contrats à terme ferme

Les principaux instruments de gestion du risque de taux proposés sur les marchés de gré à gré sont le terme à terme, le forward rate agreement (FRA) et swap de taux de taux d’intérêt et sur le MATIF, le PIBOR 3 mois et le notionnel.

A- Les contrats à terme ferme des marchés de gré à gré

1- Le terme à terme

Le terme a terme ou forward-forward résulte d’un accord entre une entreprise et une banque, ayant pour but de fixer par avance le taux d’intérêt d’un placement ou d’un emprunt. Contrairement aux techniques de FRA et de swap, l’opération de couverture n’est pas séparée des opérations de prêt ou d’emprunt.

Le terme a pour inconvénient de fixer le taux définitivement et d’obliger l’entreprise à effectuer l’ensemble opérations, emprunt (ou prêt) et couverture du risque, avec la même banque.

2- Le forward rate agreement

Le contrat de FRA permet de garantir le taux d’intérêt en dissociant l’opération de couverture du risque, de celle de prêt ou d’emprunt. Le sens de l’opération (achat ou vente) du FRA dépend de la protection recherchée :

– Pour une opération d’emprunt

Le risque étant lié à une housse des taux, l’entreprise doit acheter le contrat de FRA pour fixer le taux d’emprunt.
Elle passe un contrat avec une banque selon lequel, si le taux du marché retenu comme référence, par exemple le PIBOR 3 mois, devient supérieur au taux garanti, la banque rembourse la différence d’intérêt à l’entreprise.

Inversement, si le taux du marché est inférieur au taux garanti, le reversement de la différence incombe à l’entreprise.

Les mouvements de fonds ne portant que sur la différence entre le taux d’intérêt du marché et le taux fixé et ont lieu au début de la période de garantie ;

– Pour une opération de prêt

Le risque est au contraire associé à une baisse des taux et la couverture se fait par vente du FRA. Les versements d’intérêt sont de signe opposé à ceux qui ont été décrits dans le cas de l’achat du FRA.

3- Le swap de taux d’intérêt

Un swap de taux (ou contrat d’échange de taux d’intérêt) est une opération dans laquelle, deux agents contractent simultanément un prêt et un emprunt de même montant, mais de taux de référence différents, en vue d’échanger les flux d’intérêt issus de ces opérations.

Les opérations les plus fréquentes consistent à échanger un taux fixe contre un taux variable et réciproquement ; plus exceptionnellement, il est possible d’échanger un taux variable contre un taux variable (basis swap), par exemple un taux de référence monétaire contre un taux obligataire.

Une entreprise endettée à taux fixe peut ainsi convertir son endettement en inversement, une entreprise endettée à taux variable, qui redoute une housse des taux, peut fixer son taux en échangeant son taux variable contre un taux fixe.

Les swaps sont des opérations hors bilan. Ils comportent des risques dans la mesure ou la contrepartie peut ne pas honorer ses engagements. Les swaps sont à court terme si leur maturité est inférieure à un an ou à long terme (de un an à dix ans) dans le cas contraire.

Le sens du swap varie selon la position que cherche à couvrir l’entreprise et des anticipations sur l’évolution des taux d’intérêt.

B- Les contrats à terme ferme sur le MATIF

Par comparaison aux produits de gré à gré, le caractère standardisé (nominal, échéance et sous-jacent) des produits négociés sur le MATIF rend la gestion du risque de taux complexe à appréhender.

Bien que le contrat PIBOR 3 mois ait été introduit après le contrat sur l’emprunt notionnel, il sera présenté en premier, en raison de la relative complexité de l’autre contrat.

1- Le contrat PIBOR 3 Mois

Le contrat PIBOR 3 mois a été conçu dans l’objectif de pouvoir couvrir le risque de taux sur les opérations financières à court terme.

Le sous-jacent n’est pas un actif physique, mais un taux, le PIBOR 3 mois.

Le dénouement du contrat, ne pouvant se faire par livraison d’un actif, s’opère par règlement en nier appel de marge, le cash settlement, de la différence entre le cours initial du contrat et le cours de liquidation, égal à 100-PIBOR 3 mois, ce dernier étant le taux qui prévaut à cette même date.

La valeur nominale du contrat est de 5 MF, sa durée de 90 jours, et les transactions s’accomplissent sur douze échéances trimestrielles successives, choisies parmi mars, juin, septembre et décembre.

2- Le contrat sur l’emprunt notionnel

Le contrat sur emprunt notionnel a pour objectif de permettre la couverture du risque de taux d’intérêt sur des instruments financiers à taux long, tels que les obligations. Comme les obligations présentes sur le marché ont des caractéristiques différentes, le contrat porte sur un emprunt obligatoire fictif.

L’emprunt notionnel étant un emprunt fictif, les vendeurs de contrat qui n’ont pas dénoué leur position avant l’échéance doivent livrer des titres réels qui sont des emprunts d’état à taux fixe.

Ces titres dénommés synonymes, constituent le gisement. Une table des facteurs de concordance permet d’établir la correspondance entre ces titres et l’emprunt notionnel. Le vendeur choisit parmi les titres du gisement, l’obligation la moins chère à livrer.

§5- Les contrats conditionnels

Les contrats conditionnels, contrairement aux contrats à terme ferme, permettant de se couvrir contre le risque tout en profitant éventuellement d’une évolution favorable des taux.

Ils peuvent notamment porter sur des FRA, des swaps ou des contrats futurs. ils peuvent être conclus de gré à gré ou sur des marchés organisés comme les options sur le contrat notionnel ou sur le PIBOR 3 mois, offertes sur le MATIF.

Qu’ils soient standardisés ou non, les contrats optionnels constituent des options ou des combinaisons d’options.

A- Les contrats conditionnels sur les marchés de gré à gré

Les contrats conditionnels sur les marchés de gré à gré incluent notamment les options sur FRA, les caps, floors et collars et les swaptions.

1- L’option sur FRA

L’option sur FRA a pour sous-jacent un FRA. L’achat de ce type d’option permet en cas d’exercice, de mettre en place un contrat de FRA. La prime de l’option est constituée par la somme versée au vendeur lors de la signature du contrat.
Le prix d’exercice s’exprime sous forme d’un taux garanti. La durée de vie de l’option est fixée par le contrat et d’étend le plus souvent, de 10 jours à 6 mois.

2- Les caps, floors et collars

Le cap (ou garantie de taux plafond) est un contrat établi entre deux parties pour une durée déterminée pouvant aller d’un mois à dix ans, permettant à l’acheteur de se couvrir contre le risque d’une housse des taux en fixant un taux plafond pour une opération d’emprunt, tout en lui laissant la possibilité de bénéficier d’une baisse des taux.
Il comporte un taux fixe garanti et un montant nominal, qui servent de référence pour évaluer les sommes à verser.

3- Les swaptions

La swaption est une option sur swap qui permet, moyennant le versement d’une prime, de contacter un swap aux caractéristiques prédéfinies (nominal, durée, taux fixe emprunteur ou prêteur), à la fin de la durée de vie de l’option.

Par exemple, la prime payée pour acheter le droit acheter le droit de recevoir le taux fixe de 6,80% contre le PIBOR3 mois pour un swap d’une durée de taux ans est de 2.22% la durée de l’option étant de trois mois.

B- Les contrats conditionnels sur le MATIF

Sur le MATIF, les deux principaux contrats conditionnels permettant la couverture du risque de taux, sont les contrats d’options sur le contrat terme notionnel et sur le contrat PIBOR 3 mois. L’actif sous-jacent est constitué par un contrat de futurs, soit le contrat notionnel, soit le PIBOR 3 mois.

L’option sur PIBOR 3 mois a pour nominal celui du contrat PIBOR. La prime est exprimée en pourcentage du nominal avec trois décimales et le tick est égal à un demi point de base. Quatre échéances trimestrielles successives sont ouvertes, mars, juin, septembre et décembre.

Pour l’option sur le contrat notionnel, le nominal est celui du notionnel, la prime est exprimée en pourcentage du nominal avec deux décimales.

Il y a une échéance mensuelle plus trois ou quatre échéance trimestrielles successives choisies parmi mars, juin, septembre et décembre (selon que l’échéance rapprochée est une échéance trimestrielle ou non). L’échéance mensuelle porte sur l’échéance trimestrielle du contrat ferme qui suit immédiatement, par exemple, janvier sur mars.

Le sens des opérations de couverture (achat et vente de contrats d’options) dépend des positions comptant à protéger et des anticipations sur l’évolution des taux. Ils sont identiques à ceux des contrats fermes.
Ainsi, pour protéger une position actuelle prêteuse à taux fixe, contre une hausse des taux, tout en gardant la possibilité de profiter d’une baisse, de taux d’intérêt.

La fixation immédiate du prix ou du taux futur : le terme

II- La fixation immédiate du prix ou du taux futur : Le terme

Elle permet d’éliminer totalement le risque puisque le prix ou le taux futur auquel la transaction s’effectuera est immédiatement fixé. L’opération apparaît sans coût pour qui l’initie ; en contrepartie, l’entreprise ne peut plus bénéficier d’une évolution favorable à ses intérêts du paramètre. La technique utilisée est celle du terme.

Les transactions à terme défient parfois la logique conventionnelle car elles permettent de « vendre » ce que l’on ne possède pas encore ou « d’acheter » un produit avant qu’il soit disponible.

Que notre lecteur ne les considère cependant pas comme des abstractions dégagées de toute réalité économique. Comme nous le monterons, ces transactions peuvent se décomposer en opérations simples : l’achat ou la vente comptant, l’emprunt et le prêt.

III- L’assurance

Par la mécanique de l’assurance, l’entreprise paie une prime à un tiers qui prend à sa charge le risque si celui-ci se matérialise.

Si le risque ne se matérialise pas, l’entreprise peut bénéficier d’une évolution favorable du paramètre couvert (cours d’une devise, taux d’intérêt, solvabilité d’un débiteur)
Conceptuellement, l’assurance repose sur la technique de l’option ; la prime d’assurance payée correspondant à la valeur de l’option achetée.

L’acquisition d’une option permet d’avoir le droit d’acheter où de vendre un sous-jacent à un certain prix et pour une certaine durée, ou de renoncer à ce droit si le marché offre de meilleures opportunités. Nous renvoyons le lecteur à ce chapitre pour la description, l’évaluation et l’analyse des conditions d’utilisation des options.

Les options sont un outil de gestion idéal pour les trésoriers d’entreprise puisqu’elles leur garantissent un cours tout en leur laissant une marge de manœuvre.

Mais comme notre lecteur l’a appris, il n’y pas de miracle en finance et la prime de l’option est la contrepartie de cette liberté retrouvée. Son coût peut être rédhibitoire, notamment dans le cas d’entreprise ayant des activités à marges commerciales faibles.

Les options ont connu un essor considérable. La grande banque internationale est devenues teneurs de marché sur toutes sortes d’option. Nous exposons les caractéristiques des options les plus utilisées :

a- Les options de change

L’option de change permet de s’assurer d’un cours de change dans une devise particuliers, tout en conservant la possibilité de réaliser la transaction au cours comptant si ce dernier est plus favorable.

Il faut bien sur comparer le prix d’exercice (le cours d’exercice) avec le cours à terme et non avec le cours comptant. Si les banques peuvent en théorie coter tout type d’option, ce sont en très grande majorité des options européennes qui sont négociées.

Même s’il existe des contrats standardisés cotés en bourse, les trésoreries préfèrent généralement le marché de gré a gré. Celui-ci est plus souple pour le choix du montant (qui peut correspondre exactement avec le montant du flux pour l’entreprise), des dates et des prix d’exercice.

Ainsi l’utilisation des options peut être faite de différence manières.

Certaines entreprises n’achèteront des options que fortement hors de la monnaie, pour éviter les accidents (dévaluations), limitant ainsi la prime à payer; d’autre vont fixer le cours d’exercice en fonction de leurs besoins commerciaux ou éventuellement de leurs anticipations.

b- Les options sur taux d’intérêt

Tous les montages réalisés sur des options se change peuvent bien entendu être transférés aux options de taux. Pour le financier de marché, le contenu réel d’un sous-jacent n’intervient ni dans la conception des produits ni dans leur évaluation.

Ainsi, ces divers produits sont-ils construits autour de concepts identiques.

Les effets de modes ne sont généralement pas étrangers à l’engouement suscité par tel produit et à la désaffection subie par tel autre.

Le cap (qui signifie plafond) permet à un emprunteur de se fixer un taux d’intérêt plafond au-delà duquel il ne souhaite plus emprunter et recevra le différentiel entre le taux du marché et le taux plafond.

On appelle collar ou tunnel de taux la combinaison des deux produits précédents (achat d’un cap et vente d’un floor) qui permet à un opérateur de fixer une zone de fluctuation des taux d’intérêt en deçà de laquelle il doit payer le différentiel de taux entre le taux du marché et le taux plancher et au-delà de laquelle sa contrepartie lui réglera ce différentiel.

Cette combinaison se traduit par une réduction du coût de la couverture puisque la prime du cap est payée partiellement ou totalement par la vente du floor.

c- Les lignes de crédits confirmés

Moyennant le paiement d’une commission d’engagement ou de confirmation, une entreprise peut obtenir de banques des lignes de crédit confirmées à court ou moyen terme, sur lesquels elle pourra tirer à tout moment afin d’obtenir des liquidités.

Ceci correspond conceptuellement à une option d’emprunt.

d- L’assurance crédit

Des compagnies d’assurances spécialisées dans l’appréciation du risque de défaillance garantissant à l’entreprise le paiement par un client de sa créance moyennant une prime qui représente de l’ordre de 0.3% de son nominal.

e- Les dérivés de crédit

Apparus en 1995 et ayant connu depuis un développement fulgurant, les dérivés de crédit permettent de déconnecter la gestion du risque de crédit sur un actif ou sur un passif de la détention de cet actif ou de passif.

Développés et utilisés d’abord par les institutions financiers, les dérivés de crédit commencent à être utilisés par les grands groupes industriels ou commerciaux principalement pour réduire de crédit sur certain de leurs clients qui représentent une part trop importante de leur portefeuille de créance ou pour se protéger contre une évolution négative de la marge d’un future emprunt.

f- L’assurance risque politique

elle est offerte par des compagnies spécialisées qui peuvent couvrir 90 à 95% de la valeur de l’investissement sur une durée peuvent aller jusqu’à 15 ans dans la plupart des pays du monde.

Les risques habituellement couverts sont ceux de l’expropriation, de la nationalisation, de la confiscation, de la modification de la législation d’un pays sur les investissements étrangers.

Offerte initialement par des compagnies liées à un état, l’assurance risque politique est de plus en plus proposée par le marché privé.

IV- La cession immédiate de l’actif ou passif porteur du risque

Solution expéditive d’il en est, la cession ne permet pas de déconnecter comme précédemment la détention de l’actif (ou du passif) de la gestion de son risque, elle recoupe les opérations de titrisation, de défaisance, et de factoring.

Pour citer ce mémoire (mémoire de master, thèse, PFE,...) :
La première page du mémoire (avec le fichier pdf) - Thème :
La gestion du risque financier: aspects économiques & modèles mathématiques
Auteur·trice·s :
 Ahmed E. & Adil E. & Abdellah S.
Ahmed E. & Adil E. & Abdellah S.
Université :
Université Moulay Ismail - Option : Economie & Gestion
Année de soutenance :
Economiques et Sociales - 2008/2009
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