La révolution spirituelle - L’égalitarisme célinien - WikiMemoires

La révolution spirituelle – L’égalitarisme célinien


2. La révolution spirituelle

Dans le communisme « Labiche », le pamphlétaire entreprend une révolution spirituelle qui touche à deux institutions fondamentales pour la société : la famille et l’école.

Lors du constat amer que Céline dresse dans Les Beaux Draps en ce qui concerne la situation familiale des Français, l’auteur propose de révolutionner l’institution familiale en adoptant le « familialisme » qui « est une pensée qui fait de la famille un vecteur de dévolution des droits et de l’autorité politiques dans la société 1».

Avec cette idéologie, il veut redonner de l’importance à la structure familiale dans la société, dans la mesure où elle joue un rôle prédominant dans la reconstruction sociale, ainsi que dans la transmission des valeurs de la république aux enfants. À la tête de cette famille « un seul papa, dictateur respecté 2» qui gère sa famille en s’assurant de leur inculquer les valeurs de l’égalitarisme. Il est à souligner que le père de Céline, n’a jamais joué le rôle paternel attendu dans sa famille, ce qui a profondément marqué Ferdinand durant son enfance et c’est pour cette raison qu’il s’attarde sur cette question et désire voir dans chaque famille, la figure paternelle jouer son rôle.

Les exigences de Céline ne connaissent aucune limite pour reconstruire la structure familiale dans une atmosphère d’altruisme et d’égalité. Le but de cette résolution est de combattre l’égoïsme familial et les inégalités sociales, car pour l’auteur :

Famille c’est égalité, c’est tous pour un et un pour tous. C’est les petits gnières qu’ont pas de dents que les autres font manger la soupe. Au sort commun pas de bâtard, pas de réprouvés, pas de puants, dans la même nation, la même race, pas de gâtés non plus, de petits maîtres. Plus d’exploitation de l’homme par l’homme. Plus de damnés de la terre. C’est fini. Plus de fainéants, plus de maquereaux non plus, plus de caïds, plus d’hommes à deux, trois estomacs3.

Ainsi, tous ceux qui essayent d’exploiter les hommes aux dépens de leur profit ne sont pas tolérés dans la société imaginée par Céline et encore moins les familles égoïstes qui sont animées par le matérialisme et le désir d’étendre leur capital, car ce sont ces tares qui ne permettent pas à la société d’évoluer ni à aspirer au bonheur.

Le pamphlétaire prône un égalitarisme qui lie les membres de la société par des liens fraternels et d’altruismes en soutenant :

Que les enfants des autres vous deviennent presque aussi chers, aussi précieux que les vôtres, que vous pensiez aussi à eux, comme des enfants d’une même famille, la vôtre, la France toute entière. C’est ça le bonheur d’un pays, le vrai bouleversement social, c’est des papas mamans partout1.

Avec des papas mamans partout, les enfants du pays seront constamment protégés par les adultes. Ces derniers auront devant leurs yeux des figures paternelles et maternelles qui ne cesseront de les inculquer l’esprit du partage et de l’égalitarisme.

Quant à la question des inégalités sociales, notamment celle des familles pauvres et des familles riches, elle est totalement réglée, grâce au communisme

« Labiche » de Céline qui fixe le salaire à 100 francs par jour, ainsi il n’y aura plus de famille riche, ni de famille pauvre. Toutes les familles seront au même niveau social. La dépossession de son enfance faite, à cause de ce genre d’inégalités, ainsi que la privation d’une figure paternelle sont les principaux maux que l’auteur tente d’éviter à la nouvelle génération.

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1 Ibid., p.64.

2 Jacqueline MORAND, op. cit., p.241.

3 Ibid., p.242.

4 Ibid., p.250.

5 Ibid. ; p.254.

1 Anne VERJUS, « Familialisme », In : Dictionnaire. Genre et science politique, 2013, p. 251

2 Louis-Ferdinand CÉLINE, op.cit., 1941, p.47.

3 Ibid., p.48.

1 Ibid.p.48.

Des maux qui ont gangréné la génération de Céline, ainsi que celle du XIXe siècle, particulièrement sur les bancs de l’école. L’auteur traite minutieusement la question scolaire dans Les Beaux Draps. Nous avons vu que Céline dès Mort à crédit critiquait le système scolaire imposé aux enfants qui brise leur esprit créatif en faisant l’apologie à l’autodidaxie. Dans Bagatelles pour un massacre il revient sur ce sujet pour se laisser emporter par un flot d’injures rythmé contre le système scolaire, plus précisément lorsqu’il compare le lycée à l’école communale :

Ils resteront affublés, ravis, pénétrés, solennels encuistrés de toutes leurs membrures… soufflés de vide gréco-romain, de cette « humanité » bouffonne, cette fausse humilité, cette fantastique friperie gratuite, prétentieux roucoulis de formules, abrutissant tambourin d’axiomes, maniée, brandie d’âge en âge, pour l’abrutissment des jeunes, par la pire clique parasiteuse, phrasuleuse, sournoise, retranchée, politicarde, théorique vermoulue, profiteuse, inextirpable, retorse, incompétente, énucoïde, de l’Univers : le Corps stupide enseignant1…

Un système scolaire jugé vieillissant, soutenu par des professeurs qui n’exaltent plus l’esprit créatif des étudiants en ensevelissant la « musique » de l’enfant avec les sciences exactes.

Cette critique contre le système scolaire se rapproche nettement de celle de Jules Vallès dans sa trilogie biographique (l’Enfant, le Bachelier, l’Insurgé) à travers laquelle « il faisait de l’enseignement, pas de la pédagogie, du dressage, et non point de l’éducation2» en finissant par dédier son livre Le Bachelier « À tous ceux qui, nourris de grec et de latin, sont morts de faim 3». L’analogie qui subsiste entre les deux auteurs ne s’arrête pas seulement à là, puisque Céline et Vallès sont tous les deux issus de la même classe sociale et ont connu une enfance non bourgeoise, ainsi qu’un apprentissage de la vie à l’école de la rue.

Pour Céline il y’a qu’une seule méthode pour rénover la société française et elle passe impérativement par les enfants qu’il estime être « notre seul salut 4», parallèlement à cela, il veut en finir avec le système scolaire du pays qui menace l’enfance en les transformant en « jeunes enfants poètes et guillerets, en cancres butés presque parfaits vieillards à l’âge de douze ans 5». Comme réponse à ce sabotage par le système scolaire, Céline propose dans son projet que :

Tout doit reprendre par l’école, rien ne peut se faire sans l’école, hors l’école. Ordonner, choyer, faire éclore une école heureuse, agréable, joyeuse, fructueuse à l’âme enfin, non point morne et ratatinière, constipante, gercée, maléfique1.

Il se fixe comme but de revaloriser le système scolaire et par ailleurs l’enfance, à travers plusieurs réformes. Tout d’abord, Céline ne conçoit pas une éducation sans les sciences exactes et il accepte « qu’il y ait de la force majeure, des mals [sic] nécessaires, des mécaniques dans certains cas, des trolleybus, des Cyclo-pompes, des calculatrices à moteur, les sciences exactes, les notions arides pour le bien de l’Humanité, le Progrès en marche2… », bien que ce dernier n’ait jamais considéré les sciences, le progrès technique et la machine comme étant un moyen de bien-être. Mais la grande partie de l’éducation chez les enfants pour Céline doit se reposer sur les Beaux-Arts en donnant « la prime à la musique, aux chants en chœur, à la peinture, à la composition surtout, aux trouvailles des danses personnelles, aux rigodons particuliers, tout ce qui donne parfum à la vie 3» et ainsi éveiller chez l’enfant son esprit artistique.

Il faut savoir que Céline met l’accent sur les arts au détriment des sciences exactes pour la seule raison qu’il juge que « homme ayant un cœur qui bat possède aussi sa chanson, sa petite musique personnelle, son rythme enchanteur au fond de ses 36° 8, autrement il vivrait pas 4». L’auteur, ici rejoint certains penseurs comme : Goethe, Boileau, ainsi que Proudhan qui écrivait que « « Nous avons tous le germe 5», ces derniers ont eux aussi soutenu que dans tout homme sommeil un artiste.

Le pamphlétaire veut par cette démarche, donner libre cours à l’esprit créatif des enfants et les libérer du conformisme imposer par le système scolaire en place qui cherche à conditionner les enfants à un même modèle de pensée, d’écriture, d’émotivité. C’est la première étape vers l’art robot, ainsi que la société chromo.

Cette valorisation des arts chez Céline n’est pas fortuite, en réalité, l’auteur s’inspire fortement du modèle pédagogique rabelaisien qui s’oppose à celui du XVIe siècle :

Les effets d’une éducation naturelle, qui fait appel à l’expérience et aux faits; qui forme le jeune homme, non pas seulement pour les discussions théologiques, mais pour la vie réelle, pour les conversations du monde; qui, enfin, sait instruire et développer l’intelligence, sans étouffer les grâces, la gentillesse, la liberté native de l’esprit1.

En effet, Rabelais est considéré comme le premier écrivain français à avoir soulevé ce problème qui touchait l’éducation des enfants et le pamphlétaire ne cache pas son admiration pour le modèle éducatif proposé par Rabelais qui donne la liberté aux enfants, afin de s’instruire. Cette question sur l’éducation des arts dans l’école a été au centre des débats en France, plus particulièrement après les événements de mai 1968 qui ont apporté des réformes au sein de l’éducation nationale.

Aujourd’hui, la question sur les arts est close, car « l’art doit avoir sa place dans l’école, toute la place qui lui est due et reconnue 2 », notamment avec la réforme du président français Jacques Chirac qui a « élevé un temps l’éducation artistique au rang de priorité nationale 3».

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1 Louis-Ferdinand CÉLINE, op.cit., 1937.p.103.

2 Gaston CHERPILLOD, Jules Vallès : peintre de l’histoire, L’Age d’Homme, Paris, 1991, p.39.

3 Jules VALLES, Le Bachelier, Flammarion, Paris, 1978, p.03

4 Louis-Ferdinand CÉLINE, op.cit., 1941.p.48.

5 Jacqueline MORAND, op. cit., p.284.

1 Louis-Ferdinand CÉLINE, op.cit., 1941.p.48

2 Ibid., p.49.

3 Ibid., p.51.

4 Ibid.,

5 Pierre Joseph PROUDHON, Correspondance, t. II, Bibliolife, Paris, 2006, p. 49.

1 Gabriel COMPAYRÉ, 2012-04-01, « L’éducation selon Rabelais » In : Encyclopédie de L’Agora, Consulté le 19/03/20, URL : http://agora.qc.ca/documents/francois_rabelais– leducation_selon_rabelais_par_gabriel_compayre

2 Alain KERLAN, « L’art pour éduquer. La dimension esthétique dans le projet de formation postmoderne », In : Éducation et sociétés, 2007/1 (N° 19), p. 83.

3 Alain KERLAN, loc.cit.

Par ailleurs, avec l’évolution de la psychologie et notamment de la psychopédagogie durant le XXe – XXIe siècle, les scientifiques ont fait des études sur le rôle que pouvait jouer l’art dans la pédagogie de l’enfant et quel avantage peut-il apporté à la formation de l’adolescent. Ils sont arrivés à la conclusion que :

Une démarche d’apprentissage expérientiel paraît particulièrement pertinente pour fonder l’utilisation de l’art dans l’enseignement. En suscitant la participation active de l’étudiant et en l’engageant dans une expérimentation concrète et structurée, la méthode pédagogique expérientielle permet une réorganisation de l’expérience et stimule un apprentissage significatif1.

Cette conclusion s’est faite, à travers d’innombrables tests psychologiques. Les scientifiques ont pu tester le comportement psychologique de l’enfant, lors de son apprentissage avec l’art en remarquant que « l’utilisation de l’art permet d’explorer la dimension personnelle et relationnelle dans la formation 2». Partant de ces résultats psychologiques et de la proposition qu’a eue l’art dans l’éducation de l’enfant au XXIe siècle, nous pouvons conclure que la réforme proposée par Ferdinand Céline dans son programme était cohérente. Étant donné que les tests psychologiques ont pu déterminer le plus que pouvaient apporter les arts dans l’apprentissage de l’enfant et cela a fini par être appliqué dans les écoles françaises.

En suite dans son programme politique, Céline abolit les écoles privées destinées majoritairement aux familles riches, il met « Tout le monde à la même école ! Les familles réunies, en somme, toutes les familles dans une seule, avec égalité des ressources, de droit, de fraternité 3», une mesure complémentaire de son programme d’égalitarisme. Ayant vécu cette inégalité entre les enfants riches et les enfants pauvres, Céline conçoit parfaitement que les écoles privées ne sont nullement bénéfiques pour les enfants et encore moins pour la société, car elles créent un abyme entre les classes sociales en marginalisant la plus démunie.

Évidemment, les écoles privées affichent plus d’avantages que d’inconvénients, si ce n’est qu’un seul inconvénient celui de marginaliser les enfants des familles pauvres. Toutefois, pour concevoir une société égalitaire il ne doit pas exister de divergences éducatives chez les enfants, parce que Céline sait qu’un étudiant dans une école privée n’aura pas la même « musique » que celui qui étudie dans une école publique. Pire encore, les écoles privées peuvent être un vecteur d’égoïsme et d’égocentrisme chez les apprenants. En étant à longueur de journée en contact avec la même classe sociale, c’est-à-dire ; les enfants de bourgeois, il va considérer les étudiants des écoles publiques ; donc les enfants de classe moyenne, comme inférieurs à son rang.

C’est la première préoccupation de Céline en ce qui concerne l’enfant. Il désire lui garantir une école égalitaire qui fait appel à son esprit créatif et réveille en lui l’artiste qui y sommeille. Tout faire pour ne pas déposséder l’enfant de son enfance, ainsi que de son innocence, tout en l’éloignant de la sacralisation du matériel, l’égoïsme sociétal et l’utilitarisme.

Pour protéger l’enfant de tous ces maux, l’auteur propose de réformer l’instruction obligatoire en France qui avant 1959 a été de 6 ans jusqu’à 12 ans pour l’enfant. Céline propose dans son pamphlet d’augmenter l’instruction obligatoire pour les enfants, en passant de 12 ans à « au moins jusqu’à 15- 16 ans… qu’on en sorte tout imprégné de musiques et de jolis rythmes, d’exemples exaltants, tout ensorcelé de grandeur, tout en ferveur pour le gratuit 1».

C’est grâce à la réforme de Jean Berthoin que l’instruction obligatoire est passée de 12 ans à 16 ans en France. Cette réforme a non seulement permis aux Français âgés de plus de 12 ans de continuer leurs études, mais aussi en Algérie, car « grâce à Berthoin, près de 700 000 enfants (dont 580 000 musulmans), soit la quasi-totalité de la population scolarisable, fréquentèrent l’école primaire lors de l’année 1958-59 2». Pour le cas de la France, des milliers de Français ont pu retrouver le banc de l’école ce qui a permis au pays de garantir une génération instruite. Quant au cas de l’Algérie, ceci a permis aux indigènes d’avoir la chance d’étudier dans les écoles, sans l’obligation d’avoir moins de 12 ans.

Il est incontestable que cette réforme a pu redonner la chance à de milliers de Français et d’Algériens, afin de poursuivre leur parcours scolaire. Une réforme soutenue par Céline durant l’occupation, dans le but d’éviter aux enfants d’intégrer très rapidement l’école de la rue. Une école qui tue l’innocence de l’enfant et l’intègre brutalement dans la société. Encore une fois, Céline s’est révélé être un visionnaire dans son pamphlet sur la question du système scolaire, puisqu’avec le temps, les politiciens ont adopté cette réforme.

Ainsi la société idéale présentée par Céline dans Les Beaux draps se constitue d’une enfance heureuse qui prolifère dans une famille qui n’est pas tourmentée par les soucis du matériel et du capital. L’école a le devoir d’insuffler la gaieté, l’enthousiasme, les rêves aux étudiants pour faire épanouir leur « petite musique » et ainsi réveiller l’artiste qui sommeille en eux. L’adolescent ne se souciera plus de la recherche d’un emploi, car la nationalisation des secteurs de productions aura supprimé le chômage et la misère dans la nation. Quant à l’adulte, il est débarrassé de ses préoccupations matérielles immédiates ou futures, car le communisme « Labiche » lui garantit une retraite assurée avec son petit confort. Tous ces membres de la société pour Céline sont liés par l’altruisme qui règne dans sa société idéale et empêche les hommes de sombrer dans les déviations néfastes telles que : l’égoïsme, l’avidité, la jalousie, la corruption… etc. Car par « l’égalité établie devant l’argent. C’est une société heureuse, formée de sociétaires heureux 1».

Le programme politique de Louis-Ferdinand Céline est imprégné du sceau de l’utopisme et rejoint ainsi certains précurseurs socialistes français et allemands comme : Engels, Proudhon, Pierre Leroux qui ont certes des visions différentes du socialisme, mais qui sont tous utopiques dans leurs idéaux politiques. Les idées socialistes de Céline sont au premier abord démodées et dans l’air du temps, en ce qu’elles évoquent l’humanitarisme et l’utopisme du XVIe siècle, se rapprochant fortement de la vision de François Rabelais, ainsi que de Thomas More. Ce dernier, est réputé pour avoir forgé le mot « Utopie » et pour son livre L’Utopie2, dans lequel il expose sa vision d’une société parfaite.

Elles sont loin de la réalité sociopolitique de l’entre-deux-guerres et du combat mené par les syndicats et les partis représentant le peuple et qui poursuivent des objectifs précis, afin de garantir les droits aux citoyens français.

Cependant, le programme communiste « Labiche » de Céline qui est soutenu par un ardent spiritualisme qui peut être considéré comme avant-gardiste, dans la mesure où il dénonce les maux de la seconde moitié du XXe siècle avant l’heure. Ces derniers ne sont plus d’ordre politique et économique, mais aussi d’ordre métaphysique. La société moderne est hantée par cette « sensation que la matière prolifère aux dépens de l’esprit […] peur en somme que la vie ne devienne mort1 ». Une sensation qui s’est affirmée au XXIe siècle avec la prolifération à grande échelle de la matière sur l’esprit qui est constamment drainé par cette dernière.

En somme la vie est devenue une mort lente, plus précisément une Mort à crédit pour utiliser les mots de l’auteur qui dès l’entre-deux-guerres, a eu une prémonition du cheminement de la société européenne. De ce fait l’« éthique spiritualiste et le témoignage de Céline trouvent parfaitement sa place dans cette réponse, encore mal formulée, au désarroi d’une époque 2».

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1 Jocelyne LABRÈCHE, « L’art au service de l’apprentissage en formation professionnelle », In :

Interactions, Vol. 8, N° 2, automne 2004, p.69.

2 Jocelyne LABRÈCHE, loc. cit., p.70.

3 Louis-Ferdinand CÉLINE, op.cit., 1941, p.47.

1 Louis-Ferdinand CÉLINE, op.cit., 1941.p.50.

2 Alfred SALINAS, L’État clientéliste, Éditions La Bruyère, Paris, 2000, p.37.

1 Jacqueline MORAND, op. cit., p.304.

2 Thomas MORE, L’Utopie, Flammarion, Paris, 2018.

1 Audrey LEMESLE, Eugène Ionesco En Ses Réécritures : Le Travail De La Répétition, Thèse de doctorat sous la direction de Jeanyves Guérin, France, Université Sorbonne nouvelle – Paris 03, 10 juin, 2016, p.91.

2 Jacqueline MORAND, op. cit., p.307.

Conclusion de la deuxième partie

Dans cette seconde partie, nous avons étudié les trois pamphlets de Louis- Ferdinand Céline édités entre 1936 et 1941. Des pamphlets interdits de publication par l’auteur lui-même, depuis 1950, afin de pouvoir être réédité par Gallimard, ainsi que les propos injurieux envers la communauté juive toutefois, nous n’avons nullement pris en considération dans cette partie, les injures proférées par Céline dans ses trois pamphlets envers les Juifs, car nous estimons que cette question a été largement étudiée par les chercheurs. C’est pour cette raison que nous nous sommes attardés sur certains concepts et notions abordés par l’auteur qui ont été négligés par les chercheurs, à cause des invectives de ce dernier.

À travers cet angle d’étude des pamphlets, nous avons pu démontrer combien Céline était en avance sur son temps et qu’il mérite amplement d’être qualifié de visionnaire, étant donné qu’il était le premier à annoncer la Deuxième Guerre mondiale aux Européens deux années avant sa déclaration. Il a réussi à dresser un constat précis sur cette guerre qu’il avait prédite aussi bien sur le plan du nombre de morts qu’elle engendrerait ainsi que sur ses enjeux politico- économiques. Des enjeux qui se sont révélés être justes, après la fin de la Seconde Guerre mondiale, notamment durant la seconde moitié du XXe siècle.

En outre, l’auteur décrit l’évolution sociopolitique de l’Europe et celle du monde d’après-guerre avec précision, en mettant en exergue le rôle joué par les banquiers dans le contrôle des masses, pendant la seconde moitié du XXe siècle. Un contrôle pratiqué par ces derniers, grâce à différents moyens comme : la publicité, l’art, l’argent qui visent à standardiser la masse, afin d’atteindre l’universalité dans tous les domaines. Ses craintes se sont nettement concrétisées, durant le XXIe siècle avec l’’ascension de la publicité et de la matière sur l’esprit.

Enfin, nous avons pu déterminer que le programme socialiste de Louis- Ferdinand Céline qui a été proposé dans Les Beaux draps, véhicule des démarches prophétiques dans plusieurs domaines, comme : l’économie avec la nationalisation des industries, ou bien avec le système scolaire qui met l’accent sur l’apprentissage des arts. Des réformes finalement adoptées par le gouvernement français pendant la seconde moitié du XXe siècle et qui ont apporté de nombreux avantages à la société française.

CONCLUSION GÉNÉRALE

Ce Mémoire est partie d’une question : les pamphlets dits antisémites de Louis-Ferdinand Céline, publiés entre 1936 et 1941, sont- ils ceux d’un antisémite notoire, ou bien ceux d’un visionnaire en avance sur son temps ? Une problématique qui se subdivise sur deux terrains d’analyse, car il s’agit, tout d’abord, de déterminer si Louis-Ferdinand Céline était un antisémite dans sa vie comme le laissent penser ses pamphlets ; puis, tenter de démontrer que les informations, ainsi que les arguments avancés par l’auteur dans ses trois pamphlets sont prophétiques ou ne sont pas d’un homme pris de délire.

Pour répondre à cette problématique, nous avons organisé notre recherche en deux grandes parties. Ainsi, dans la première partie, nous avons tenté de répondre à la question de l’antisémitisme de l’auteur et à sa prise de position idéologique. Nous avons essayé de comprendre l’auteur, ainsi que ses prises de position d’avant-guerre et durant la Deuxième Guerre mondiale. Afin de mieux cerner Céline, ainsi que les idées qu’il défend, nous avons reconstitué sa biographie en nous intéressant son enfance, sa vie d’adulte, et enfin, sa mort en 1961. Le but de cette démarche est d’étudier le parcours littéraire et privé de l’auteur, ainsi que l’entourage qu’il a côtoyé. Ceci nous a permis d’infirmer notre première hypothèse en démontrant que Céline n’a nullement été affecté par l’antisémitisme de son entourage ni par celui de la société de l’entre-deux- guerres, car l’auteur n’a jamais affiché un quelconque antisémitisme avant 1936.

Son antisémitisme, s’il peut être nommé ainsi, résulte plus d’une révolte contre l’ordre mis en place par les Bourgeois, ainsi que la recherche de l’histoire mystérieuse du monde. En effet, nous avons tenté de démontrer tout au long de notre mémoire que Céline a toujours voulu découvrir la vérité du monde, plus précisément, depuis sa thèse de doctorat sur Semmelweis. Cette quête de la vérité s’est accrue après sa thèse, notamment lors de son passage à la S.D N. Un passage qui ne peut nullement être négligé pour mieux comprendre la prise de position de Céline, car dans cette organisation, l’auteur a côtoyé les hommes les plus influents dans le monde, pour la plupart des Juifs sectaires et des francs- maçons.

Cet épisode de sa vie l’a profondément marqué, en partie, parce qu’il a découvert certaines vérités, comme les réelles causes de la Première Guerre mondiale. Des causes manigancées par les banques et les francs-maçons pour avoir le monopole sur le monde. Lorsqu’il a découvert cette vérité dans les locaux de la S.D.N., une déchirure s’est opérée en lui, car Céline était acteur dans cette guerre et il en est sorti mutilé. Au terme de son passage à la S.D.N., il entame une croisade contre les bourgeois et les banquiers.

Une croisade qui finit par se manifester de manière virulente dans ses pamphlets et à commencer par Mea Culpa. Cette révolte a souvent été associée à l’échec commercial de son deuxième roman Mort à crédit, mais nous avons démontré que ce n’est pas la raison directe de sa révolte contre les bourgeois, car Céline publie ses pamphlets, après son retour de l’U.R.S.S. Son voyage en Russie a radicalement changé la perception de Céline sur le communisme et les mouvements politiques du monde et nous pouvons même suggérer que durant son séjour dans le pays, l’auteur a été initié à certaines théories du complot, parce que lors de son retour de l’U.R.S.S. il reprend des thèses développées par Les protocoles des sages de Sions1. Des théories du complot qu’il étale dans ses pamphlets d’avant-guerre. Jusqu’à 1939, Céline a soutenu que c’est les Juifs et les francs-maçons qui poussent l’Europe à la Seconde Guerre mondiale. Ces pamphlets d’une virulence unique ont choqué les lecteurs du XXe siècle et continuent de choquer ceux du XXIe siècle. Il est indiscutable que les propos tenus par l’auteur dans ses pamphlets relèvent par moment du délire. Cependant, nous avons mis en évidence l’aspect, a priori contradictoire de l’auteur sur la question juive. Puisque l’auteur n’a jamais collaboré directement (en dénonçant des Juifs) ou indirectement (en faisant de la propagande) lors de l’occupation des nazis en France. Il a même aidé des Résistants en les soignant durant l’occupation. Quant à son antisémitisme, il est resté littéraire et n’est jamais passé à l’acte, sans oublier que dès la découverte du premier camp de concentration en 1942, Céline n’a plus écrit une seule ligne sur les Juifs. Cette contradiction ne peut s’expliquer que d’une seule manière ; c’est que l’auteur n’a jamais eu de haine envers la totalité de la race juive, mais contre une partie de cette race qui se regroupe en secte et cherche à dominer le monde. Ceci confirme notre deuxième hypothèse, à savoir que la haine de Louis-Ferdinand Céline n’était pas dirigée envers la race juive, mais un groupe de personne bien ciblé. Cette conclusion il finit lui-même par l’émettre, lors d’une interview. Toutefois, ses invectives restent inexcusables, car au lieu de préciser l’ennemi auquel il s’attaque, ce dernier a laissé libre cours à sa colère en portant préjudice à des milliers de Juifs.

Ainsi, nous sommes arrivés à la conclusion dans la première partie que Louis-Ferdinand Céline n’est pas un antisémite proprement dit, car cet auteur bien qu’il ait soutenu un discours inexcusable et injurieux contre les Juifs, ce dernier n’a jamais soutenu ni été la cause de l’extermination de la race juive, ni de leur déportation. Son but à travers ses pamphlets était de divulguer l’histoire mystérieuse du monde, en s’attaquant aux francs-maçons et aux Banquiers. C’est plus un conflit idéologique qui vise à préserver tout d’abord le peuple français, puis le monde d’un racisme juif envers les goys, ainsi que la machination de certains Juifs sectaires pour la domination du monde sur le plan économique et politique. Cette machination est porteuse d’idéaux qui vont à l’encontre de l’Humanisme et de l’égalitarisme défendus par l’auteur durant toute sa vie.

Quant à la deuxième partie, nous l’avons consacrée à la question de ses prédictions sociopolitiques, annoncés tout au long de ses trois pamphlets, dont nous rappelons les intitulés : Bagatelles pour un massacre, l’École des cadavres, Les Beaux Draps.

Nous nous sommes intéressés aux arguments avancés par l’auteur, afin de montrer en quoi ses arguments étaient prophétiques. Pour mener à bien notre analyse, nous avons subdivisé la deuxième partie en trois chapitres. Dans chaque chapitre une idée centrale est développée et illustrée à commencer par son opinion sur la guerre, puis sur l’art et enfin sur la politique.

En premier lieu, nous avons démontré que Louis-Ferdinand Céline était prophétique en ce qui concerne sa prédiction d’une seconde guerre mondiale, car il est le premier à l’annoncer trois années avant qu’elle n’advienne. Sa prophétie va plus loin, puisqu’il donne le nombre exact des morts que cette guerre engendrera, ainsi que ses causes réelles. Il annonce, sans le nommer directement dans ses pamphlets le Nouvel Ordre mondial qui finit par se concrétiser, lors de la seconde moitié du XXe siècle. Les arguments ainsi que les informations avancées par Céline ont été confirmés par plusieurs théoriciens qui sont parvenus à la conclusion que le nouvel ordre mondial est bel et bien une création de toute pièce de la part des Banquiers et des francs-maçons qui utilisent les médias (publicité, livres, télévision), afin de contrôler les masses.

En second lieu, nous avons abordé la question des arts contemporains, plus précisément le concept de standardisation évoqué par l’auteur dans ses deux premiers pamphlets. Un concept qui vise à rendre les arts identiques dans leur construction et leur visée qui est l’universalité. Cet art robotique dépouillé de toute émotion et créativité annoncé par Céline, s’est réellement produit, après 1980. C’est à cette période que le monde de l’édition s’est industrialisé en rendant l’art comme objet de consommation. Nous avons apporté plusieurs exemples qui corroborent la thèse défendue par l’auteur en ce qui concerne l’art moderne et qui touche aussi bien le domaine du livre, celui de la musique, ainsi que du cinéma.

En dernier lieu, nous avons analysé le programme politique de Céline qu’il désigne par l’expression « communisme Labiche « . Un programme qui prône l’égalité humaine et vise à effacer les classes sociales. Le projet de Céline s’est révélé prophétique sur plusieurs points à savoir : l’égalité salariale entre les hommes et les femmes, la nationalisation des secteurs de productions, la réforme des 35 heures pour les travailleurs, la réforme de l’âge obligatoire pour l’instruction, l’enseignement de l’art dans les écoles. Tant de réformes et d’idées politiques qui ont fini par être adoptées par le gouvernement français durant le XXe-XXIe siècle, en homologuant le programme politique de Céline.

À travers ces deux parties, nous pouvons déduire que les pamphlets de Louis-Ferdinand Céline sont ceux d’un visionnaire en avance sur son temps et que les craintes, ainsi que les présages annoncés par cet auteur se sont réellement concrétisés, notamment pendant le XXIe siècle. Le nouvel ordre mondial est de plus en plus présent dans la société moderne. Une société poussée vers l’universalité et finissant par devenir standardisée, grâce à l’action des médias qui visent à l’uniformiser en l’incitant à une surconsommation effrénée, et ce en agissant sur les masses, à travers les livres, la publicité, la musique, le cinéma, etc. Le programme politique de Céline est indiscutablement un remède contre la philosophie du matérialisme et de la standardisation qui ne cesse d’être pris en considération par les politiciens français. Toutefois, le verbe cru et outré de l’auteur éreinte son message qui bien que prophétique, reste déplorable. C’est pour cette raison que les pamphlets sont jusqu’à ce jour interdits de publication en France. Ainsi, la dernière hypothèse est justifiable, dans la mesure où les pamphlets sont plus réputés pour leurs outrances verbales que leur portée prophétique.

Enfin, par curiosité et par envie de découvrir la vérité de ce monde, Céline a poursuivi les traces de Semmelweis. Deux vies différentes, mais réunies par le même destin de tenter de divulguer l’histoire mystérieuse au monde. Les deux sont morts incompris par leur société respective, car ils étaient en avance sur leur temps. Comme tous les prophètes, Céline n’a connu que les mépris et la haine des hommes, cependant loin d’être un simple prophète, il est le prophète maudit de la littérature.

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1 Voir Chapitre 3, P.47.

BIBLIOGRAPHIE

Corpus

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