Caractéristiques et psychologie d’un petit-enfant hospitalisé - WikiMemoires

Caractéristiques et psychologie d’un petit-enfant hospitalisé


3. Cadre théorique

Pour tenter d’obtenir des réponses à cette question, la recherche d’éléments théoriques, sur lesquels je pourrais m’appuyer dans la suite de ce mémoire, est nécessaire

. Cette recherche portera essentiellement sur les concepts composant mon interrogation précédemment établie.

3.1. Les caractéristiques du petit-enfant

Pour débuter cette première partie, je m’intéresserai tout d’abord à l’enfant au sens large, avant de me centrer sur le petit-enfant, âgé de deux à sept ans. Alors, je développerai ses caractéristiques, ses stades de développement ou encore ses émotions en Centre Hospitalier.

3.1.1 Le développement de l’enfant

Pour Freud, l’être humain développe sa personnalité tout au long de l’enfance et de l’adolescence. En effet, dès sa naissance et à mesure qu’il grandit, l’enfant se trouve dans un processus d’apprentissage continu.

Avec le temps, les tâches développementales qu’il accomplit se diversifient et ses besoins se modifient. Avant d’atteindre sa majorité, celui-ci passe par différents stades, définis comme suit : de nouveau-né, il est considéré comme un nourrisson à partir de six mois jusqu’à ses vingt-quatre mois.

Il devient par la suite un petit- enfant jusqu’à sept ans, puis un enfant jusqu’à douze ans, et enfin, un adolescent jusqu’à dix- huit ans (Pichard-Léandri, Gauvain-Piquard, 1989). Néanmoins, l’âge n’est qu’un indicateur.

Bien évidemment, l’accès à tel ou tel niveau d’évolution dépend d’une grande variabilité entre individus (Lehalle, Mellier, 2013). Durant sa croissance, l’enfant apprendra à être peu à peu autonome et indépendant face à ses parents. Avec l’adolescence, leurs relations prendront des caractéristiques particulières, mais elles seront fondamentales dans la construction de la personnalité.

Celui-ci se sociabilisera, il élargira son cercle social. Sa vision du monde deviendra plus réaliste. Il acquerra enfin un système de valeurs et finira par se projeter à l’âge adulte (Carpenito-Moyet, 2012).

3.1.2 Le développement du petit-enfant

Grâce aux recherches précédentes, menées au sujet de l’enfant « au sens large ». J’ai pu discerner à quel stade du développement se trouvait le petit garçon, observé durant mon stage au bloc opératoire (le dit petit-enfant qui est à l’origine de la question de départ de ce travail).

En cohérence avec cette question de départ, mon choix est évident quant au fait de centrer dorénavant mes recherches sur le petit-enfant, c’est-à-dire l’enfant âgé de deux à sept ans.

Ainsi, dans la poursuite de ce travail, j’aborderai le développement psychoaffectif du petit- enfant, étape importante dans la construction de sa personnalité.

3.1.2.1 Le développement psycho-affectif du petit-enfant

Le développement psycho-affectif du petit-enfant s’accompagne du développement de sa personnalité mais aussi de sa sexualité, tout au long de l’enfance et de l’adolescence.

Freud (1905, cité dans les stades Freud Piaget Wallon, s.d), qui a joué un rôle fondamental dans l’élaboration de cette théorie, place derrière la sexualité infantile un caractère tout autre que la sexualité normale de l’adulte.

Il s’agit là, selon Freud, d’une sexualité primaire avec une organisation plus ou moins marquée de la libido.

Par ailleurs, le développement psycho- affectif se construit de façon chronologique : l’on passe par les stades dits prégénitaux, composés du stade oral et du stade anal, puis par le stade phallique comprenant le conflit œdipien… Ce sont ces étapes que je détaillerai par la suite.

3.1.2.1.1 Le stade oral (de 0 à 2 ans)

La première année, la vie affective du nourrisson est organisée autour de la fonction alimentaire. Celle-ci possède une fonction nutritionnelle, mais aussi libidinale.

En effet, la succion est un plaisir pour le nourrisson. C’est pourquoi même il en vient généralement à sucer son pouce. La zone érogène est la région buccale. Cependant, il est important de rappeler qu’à chaque zone privilégiée du corps correspond un conflit.

Effectivement, durant le stade oral, le nouveau-né doit gérer sa frustration de ne plus recevoir, peu à peu, d’alimentation lactée au profit d’une alimentation plus variée (légumes, fruits, etc). Cela provoque chez lui une discontinuité, une frustration, induite par la séparation du sein de sa mère… Ceci impose un maternage renforcé afin d’apaiser progressivement son sentiment d’abandon, généré par ce conflit.

Dans cette situation, le doudou, ou autre objet transitionnel, est généralement apprécié par l’enfant, car, utilisé en tant que moyen de substitution à la mère, sa présence est rassurante et symbolique (Les stades Freud Piaget Wallon, s.d, Pichard- Léandri, Gauvain-Piquard, 1989).

3.1.2.1.2 Le stade anal (de 2 à 4 ans)

Le stade anal représente le second stade prégénital. Celui-ci est caractérisé par l’apprentissage de la propreté par le petit-enfant. La région anale devient alors la zone érogène. Cela s’explique par le fait que le petit-enfant éprouve du plaisir à retenir ou non ses selles lorsqu’il se trouve sur le pot.

En effet, dans le contexte de l’éducation à la propreté, le petit-enfant perçoit que ses parents, très investis, ont des attentes, et que ses selles représentent l’objet de négociation pour leur satisfaction.

Ce type de plaisir se retrouve dans l’apprentissage du langage, par exemple lorsque l’enfant décide ou non de dire « papa »… Le bambin comprend par là qu’il a une certaine maîtrise des choses et un pouvoir de frustration sur ses parents.

Néanmoins, il s’agit là pour lui d’un conflit relationnel : ses parents désirent qu’il devienne propre, mais lui s’y oppose car il reste partagé entre le souhait de grandir et de rester petit (Les stades Freud Piaget Wallon, s.d, Pichard-Léandri, Gauvain-Piquard, 1989).

3.1.2.1.3 Le stade phallique (de 4 à 7 ans)

Pour finir, le stade phallique est le troisième et dernier stade du développement de la libido.

Cette période est notamment caractérisée par le conflit œdipien, qui est une « phase du développement, souvent accompagnée de phobies transitoires, de déplacements d’affects concernant l’un ou l’autre des personnages parentaux, et d’angoisse de castration. En règle générale, l’enfant de cet âge est très vite anxieux et sujet à la peur » (Pichard-Léandri, Gauvain-Piquard, 1989, p. 31).

Tout cela s’explique par le fait que le petit-enfant, qui découvre une nouvelle zone de son corps : la zone génitale, croit à l’universalité de la zone génitale. En effet, tant les garçons que les filles, ils ne connaissent qu’un seul organe génital qu’est le pénis (Les stades Freud Piaget Wallon, s.d).

Le petit-enfant s’interroge alors sur les différences entre homme et femme et sur les origines de la vie. Cela suscite chez lui beaucoup d’inquiétudes et de fantasmes. Il ne faut pas oublier que pour un enfant, réalité et fantasmes s’imbriquent à l’infini. Il y a, d’ailleurs, souvent plus de fantasmes par rapport à perception de la réalité, notamment, lorsque les choses lui échappent…

Chez les garçons, le conflit œdipien se manifeste par l’angoisse de castration. En effet, l’enfant a peur que son père le punisse d’éprouver des sentiments pour sa mère… Il pense que les filles sont castrées, qu’elles sont punies. Néanmoins, cela n’exclut pas que le garçon éprouve des sentiments positifs envers son père.

D’ailleurs, voyant qu’il ne peut le mettre de côté pour entretenir une relation privilégiée avec sa mère, il va finir par s’identifier à lui et en faire son modèle. Les filles, elles, n’ont pas à redouter la privation de pénis. Cependant, elles ressentent un manque douloureux face à cette inégalité. L’enfant souffre de cette dernière comme d’une infériorité, dont serait également victime sa mère. C’est pourquoi, à cet âge, elle considère son père comme un être prestigieux, qui possède ce qui lui manque.

A ce moment-là, sa mère devient une rivale, mais, tout comme chez le garçon, elle sera amenée à voir que son père n’est pas à elle, et qu’il est vain de rivaliser. C’est pourquoi, elle s’identifiera à sa mère en imitant son comportement.

La sortie de ce conflit est signée par ce processus d’identification. L’enfant qui a dû renoncer à un désir incestueux interdit devra se tourner vers les autres pour trouver de nouveaux objets d’amour… Cela explique pourquoi les enfants tombent amoureux à l’école maternelle. (Pichard-Léandri, Gauvain-Piquard, 1989).

3.1.2.2 Le développement psychomoteur et cognitif du petit-enfant

Parallèlement à son développement psycho-affectif, le petit-enfant de cet âge acquiert également une certaine autonomie, grâce à l’amélioration progressive de son habilité motrice et de sa coordination.

C’est durant cette période, par exemple entre trois et cinq ans, qu’il apprend à rouler en tricycle ou à bicyclette. Il réussit à lancer une balle, mais a encore des difficultés à la réceptionner. Il améliore, de plus, son habilité langagière et développe sa curiosité.

Il s’interroge beaucoup sur ce qui l’entoure, et pose des questions (Carpenito- Moyet, 2012). Par ailleurs, entre deux et sept ans, selon Piaget, le petit-enfant est au stade de la pensée dite pré-logique (ou stade préopératoire).

Cela signifie que son raisonnement logique n’est encore mature. Sa pensée est intuitive. Il lui est impossible de se distancier de son environnement, et est dans un contexte spatiotemporel d’ici et maintenant, soit, en d’autres termes « hors de la vue, hors de la pensée » (Pichard-Léandri, Gauvain-Piquard, 1989).

Cela démontre qu’il nécessite avant tout pour l’infirmier en pédiatrie, de connaître les besoins de l’enfant exempt de pathologie, en fonction de son âge, de son développement psychomoteur et psycho-affectif, pour connaître les besoins de l’enfant hospitalisé en vue de lui prodiguer une prise en soins de qualité lors d’une éventuelle hospitalisation (Cohen- Salmon, 2007).

3.1.3 La psychologie d’un petit-enfant hospitalisé en chirurgie

Par ailleurs, il faut savoir que l’univers de l’hôpital est généralement étranger au petit-enfant, et génère chez lui des perturbations : pertes des repères et montée d’anxiété (Lanté, Benesse, 2017).

L’anxiété est « un état émotionnel […] qui est lié à l’appréhension d’un danger potentiel plus ou moins subjectif. Il s’agit d’une dimension normale de la personnalité. […] Par exemple, l’anxiété préopératoire est un malaise physique et psychologique dont l’apparition est consécutive à la possibilité d’une intervention chirurgicale » (Rousseau- Salvador, Maunoury, 2010).

Si l’hospitalisation est généralement plus difficilement vécue par l’adulte, car l’enfant, fort d’insouciance à cet âge, ne mesure pas encore toute la complexité qui se trouve derrière une hospitalisation…

L’ambiance de l’hôpital, les machines, les soins prodigués peuvent être sources d’inconfort. Et, d’autres parts, son anxiété est souvent renforcée par celle de ses parents. Par ailleurs, sa perception de l’hospitalisation est particulière… Dans l’esprit de l’enfant, la maladie serait une punition, en réponse à toutes ses méchancetés, pensées, désobéissances, qu’il estime mauvaises et dont il aurait fait preuve.

Cette pensée se nourrit de sa culpabilité, générée par la situation œdipienne.

L’enfant peut associer ce qui lui arrive à un manque d’amour de la part de ses parents, à une incapacité à le protéger. Et, lorsqu’il se sent insécurisé, c’est-à-dire séparé des repères que constituent ses parents, l’enfant va exprimer un comportement inhabituel comme des colères, des exigences inhabituelles, des pleurs, etc.

D’autant plus si l’âge de l’enfant est jeune (Wanquet-Thibault, 2015). Par ailleurs, ces perturbations peuvent persister dans le temps (trois à six mois après l’hospitalisation) et se manifester par « une augmentation de la sollicitation parentale, des troubles du sommeil, […] des terreurs nocturnes, une régression possible des acquis (en matière de propreté ou d’autonomie pour s’alimenter, par exemple) » (Wanquet-Thibault, 2015, p. 72).

Il est donc très important de lui répéter qu’il n’est pas responsable, et de maintenir autour de lui un climat affectif sécurisant en évitant tant que possible les séparations avec ses parents (Wanquet-Thibault, 2015).


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