Recrudescence du charbon et émissions de CO2 associées

 
  1. Etude du système européen d’échange de quotas carbone
  2. La Convention-Cadre CCNUCC et le Protocole de Kyoto
  3. Le mécanisme de marché du carbone: un système de cap and trade
  4. Mécanismes flexibles du marché autorisé par le protocole de Kyoto
  5. Le choix d’une méthode des quotas à la place d’une taxe carbone
  6. Emergence du marché d’échanges de droits d’émission de SO2
  7. La 1ière phase et démarrage de la 2ième du Protocole de Kyoto
  8. Les marchés du carbone en Europe sont des marchés organisés
  9. Les déterminants du prix de la tonne de dioxyde de carbone
  10. Les facteurs macro-économiques influencent les prix du CO2
  11. L’allocation des quotas : un facteur du prix de la tonne de CO2
  12. Limites et défis associés à Emissions Trading Scheme ETS actuel
  13. Internationalisation du marché d’échange de quotas carbone
  14. Recrudescence du charbon et émissions de CO2 associées
  15. Evaluation de l’activité privée sur le marché des crédits carbone
  16. Les électriciens européens et les marchés de droits à polluer
  17. L’essor des fonds d’investissement carbone CO2
  18. Les marchés des EUA et des CDM : l’amélioration de l’efficience
  19. La Commission Européenne et les marchés du carbone

Recrudescence du charbon et émissions de CO2 associées

b. Recrudescence du charbon et émissions de CO2 associées

De nombreux facteurs contribuent paradoxalement à faire du charbon, souvent considérée comme la source d’énergie du passé, une solution du futur.

Comme le rappelle Serge Périneau, président du comité d’organisation de la conférence « Coal to Liquid » qui a eu lieu les 3 et 4 avril 2008 à Paris, le charbon peut contribuer à réduire la dépendance énergétique de plusieurs pays grâce à une meilleure répartition que les hydrocarbures et une plus grande proximité aux grands pays de consommation.

Plus de 80% des réserves mondiales de charbon se trouvent dans six pays : les Etats-Unis, la Chine, l’Australie, l’Afrique du Sud, l’Inde et la Russie.

Là où les réserves mondiales de pétrole garantissent 41 années de consommation selon Jean-Michel Gauthier, associé chez Deloitte et professeur de la chaire « Finance & Energy » du groupe HEC, celles de charbon s’élèvent à 147 années (910 milliards de tonnes selon BP).

La part du charbon dans la consommation mondiale d’énergie a connu une très forte augmentation depuis 25 ans et représente déjà 50% en Asie.

Les gigantesques besoins en énergie des pays émergents comme la Chine ou l’Inde, la présence de grandes réserves de charbon sur leurs territoires et à un prix du baril de pétrole dépassant les 110 dollars en avril 2008, sont autant de paramètres qui tendent à faire du charbon la source d’énergie du futur, en attendant un développement plus important des énergies renouvelables.

Néanmoins, comme lerappelle l’Agence Internationale de l’Energie, le pétrole exerce une domination absolue sur le secteur des transports, où il représente 94% de la demande de carburants, laquelle devrait progresser de 4,6% chaque année au cours des deux prochaines décennies.

Dès lors, les organisateurs de la conférence « Coal to Liquid » voient dans le charbon liquide (CTL) un carburant alternatif au pétrole.

Les obstacles à son développement sont nombreux : coût environnemental (80% de rejets polluants de plus que l’essence, d’où la nécessité de capturer et stocker le CO2 émis) et financier, l’investissement requis pour produire 50 000 barils par jour (soit 0,05% de la consommation mondiale de produits pétroliers) de CTL étant selon le département américain à l’Energie de 3,5 à 4,5 milliards de dollars.

Cependant, le CTL suscite de plus en plus d’intérêt : 30 projets environ sont à l’étude dans le monde aujourd’hui, et Shenhua, premier producteur chinois de charbon, devrait débuter la production de charbon liquide dans les prochains mois selon l’AFP.

La hausse de la consommation mondiale de charbon (+23% entre 2001 et 2005 selon Sia Conseil Blog Energie) constitue par la hausse des émissions de CO2 induites, en l’état actuel des avancées technologiques et de leur mise en place, une raison du renforcement des marchés d’échange de quotas carbone.

Néanmoins, les efforts de recherche dans le domaine de la capture et du stockage du CO2 pourraient à terme offrir aux acteurs, notamment du secteur de l’énergie, une technique de production respectueuse de l’environnement et entreraient ainsi en concurrence avec le principe d’un échange de « droits à polluer ».

Cet état de fait n’apparaîtra cependant que lorsque la technique de séquestration s’avérera plus rentable que l’achat de quotas.

Jeremy David et Howard Herzog, dans une étude de 2001, « The cost of carbon capture », évalue le coût de séquestration du CO2 à 50 euros par tonne, encore bien supérieur au prix forward de la tonne de CO2 sur Bluenext.

En outre, Sia Conseil rappelle sur son blog Energie que la mise en place d’une unité de capture double l’investissement d’une centrale électrique. « 70 à 80% des coûts sont issus du stockage.

Dans ces conditions, l’intérêt de développer une filière de séquestration du CO2 afin de compléter le mécanisme des quotas de CO2 dépend de la réussite des projets de recherche visant à réduire les coûts de capture ». Leur aboutissement pourrait rendre le charbon aussi rentable que le gaz dans la production d’électricité.

L’importance croissante du charbon dans le bilan énergétique mondial semble quoi qu’il en soit représenter un paramètre important de pérennité et de développement des marchés d’échange de quotas carbone.

Pour citer ce mémoire :

La première page du mémoire (avec le fichier pdf) - Thème :
Etude du système européen d’échange de quotas carbon
Université :
HEC Paris
Année de soutenance :
Mémoire de recherche de fin d’études - Mai 2008
Source :
https://wikimemoires.net/2013/05/etude-du-systeme-europeen-d-echange-de-quotas-carbone/
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