Capital social de l’école et fonctionnement du marché du travail - WikiMemoires

Capital social de l’école et fonctionnement du marché du travail


4. Capital social de l’école et fonctionnement du marché du travail
Les processus relationnels à l’œuvre à la sortie de dispositifs de formation de 3° cycle sur le marché du travail du secteur culturel apparaissent très importants, et compte essentiellement pour l’accès au premier emploi. Que peut-on dire maintenant de ce capital social particulier propre à l’école, et de ce qu’il permet d’entrevoir du fonctionnement du marché du travail ? Certes, il s’agit de rester modeste étant donné les limites évoquées précédemment. Quatre points peuvent être retenus :
1) Dans cet ensemble de phénomènes relationnels, deux types de capital social peuvent être distingués : celui acquis ou hérité par les élèves au cours de leur parcours prélable à l’entrée dans le dispositif de formation et celui auquel l’entrée dans un tel dispositif leur donne accès. En ce sens ils sont tributaires des contraintes imposées ou des ressources offertes par leur environnement structurel. La notion de capital social n’est alors ni totalement une caractéristique individuelle, il échappe au seul pouvoir stratégique de l’individu, ni totalement une caractéristique d’un collectif social, il n’existe que dans l’actualisation qu’en fait l’individu qui y accède pour mener ses actions au quotidien.
2) Les dispositifs de formation ne disposent pas tous d’un capital social. Celui-ci, sans être totalement le fruit d’investissements délibérés qui détruiraient jusqu’à l’idée même de formation et d’apprentissage, résulte de la prise de conscience et de l’entretien d’un processus relationnel identifié par le responsable du dispositif en question, de la constitution d’une niche sociale comme développé au chapitre 4. Et ce capital social lorsqu’il existe est par nature pertinent du point de vue de l’action individuelle sur le marché du travail puisqu’il traduit la connexion concrète du dispositif de formation avec le milieu professionnel visé.
3) Ce capital social est surtout pertinent dans le cas de dispositifs de formation accueillant des jeunes en début de carrière professionnelle. Il existe une forme de hiérarchie dans l’usage des différents moyens d’agir sur le marché du travail à la sortie d’un dispositif de formation ; elle se combine avec la présence ou non d’un capital social spécifique au dispositif de formation et avec la phase de vie professionnelle dans laquelle se trouvent les individus qui le fréquentent. Lorsqu’il existe, le capital social de l’école facilite de façon conséquente les débuts de vie active des jeunes, fournissant les premières ressources relationnelles à caractère professionnel de leur carrière ; il s’avère moins utile pour des actifs expérimentés, surtout lorsque ceux-ci sont issus du même milieu professionnel que celui visé par le dispositif de formation et sont donc dotés de ressources relationnelles préexistantes dans ce milieu ; enfin, l’absence ou la faiblesse du capital social pour un dispositif de formation qui accueille des jeunes en début de carrière professionnelle oblige ceux-ci à recourir en quelque sorte par défaut à des moyens standards non relationnels de recherche d’emploi, entraînant globalement de moins bonnes conditions d’entrée dans la vie active relativement aux situations précédentes.

195 renvoyant ainsi aux grandes oppositions entre les modèles hiérarchique et coopératif d’Aoki (Piotet 1992). Ainsi cela n’annule pas du tout l’intérêt de ces divers modèles, et militerait bien au contraire pour une analyse des différentes formes de structures relationnelles correspondant à ces différents types.
196 généralement qualifié de « relationnel », parce que les dimensions informelles que cela désigne sont reconnues comme des règles explicites de fonctionnement de l’entreprise dans le cadre d’une régulation décentralisée, alors que les aspects formels prédominent dans le modèle hiérarchique au contraire très centralisé.

4) De façon plus générale, notre analyse revient à décrire le moment des débuts de carrière des jeunes sur le marché du travail comme un espace où des individus soit circulent en solitaire entre les organisations éducatives et productives, soit bénéficient d’un capital social assurant de façon collective le passage des unes aux autres, fonctionnant comme une niche sociale reliant les organisations entre elles et stabilisant pour un temps donné les rapports entre des individus intéressés à échanger. Ceci suggère alors une piste de réflexion pour étudier la mobilité sur le marché du travail. Celle-ci pourrait être appréhendée comme un processus de circulation sur un espace composé d’entités organisées plus ou moins fermées et de niches sociales qui joignent ces entités en créant des passages entre elles. L’objectif des acteurs développant plus ou moins intentionnellement leurs efforts pour construire de telles niches est alors de se créer des situations stables, durables et temporairement et en partie au moins abritées des formes de concurrence plus aigues et permanentes s’exerçant à l’extérieur.
Capital social, école et entreprises sur le marché du travail
Les dynamiques relationnelles des organisations éducatives dans l’accès à l’emploi
Thèse pour obtenir le grade de Docteur En Sociologie – UFR De Sciences Humaines Et Sociales
Université Paris 5 – René Descartes


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