Capital social du point de vue individuel, ou comment on l'utilise - WikiMemoires

Capital social du point de vue individuel, ou comment on l'utilise


2.1.2. Le capital social du point de vue individuel, ou comment on l’utilise

La posture consistant à analyser le capital social à partir de l’individu a été développée par Mark S. Granovetter, Ronald S. Burt et Nan Lin. Même s’ils n’utilisent pas tous le terme de capital social directement, il est présent dans leurs travaux centrés sur la mobilité sociale au sein du marché du travail (Portes 1998).

La valeur relative des liens interindividuels pour changer d’emploi selon Granovetter

Dans son article de 1973, M. Granovetter s’intéresse aux processus à l’œuvre dans les réseaux interpersonnels, et se centre sur une dimension particulière de ces interactions, la force des relations entre les individus. En fait son idée fondamentale est que tous les liens entre les individus ne sont pas équivalents, et que ces différences génèrent des configurations sociales qui ne sont pas neutres du point de vue de phénomènes comme les processus de mobilité sociale. M. Granovetter définit la force d’un lien à partir de quatre critères :
– la fréquence des contacts ou la quantité de temps passé ensemble,
– l’intensité émotionnelle,
– le degré d’intimité (confiance mutuelle),
– les services réciproques qui caractérisent le lien.
Il opère ainsi une partition entre liens absents, liens faibles et liens forts. Puis il énonce son hypothèse de base, la tendance à la transitivité des liens forts : plus le lien est fort entre deux individus A et B, plus leur réseau relationnel se recouvre, ou dit autrement, plus la proportion de personnes auxquelles ils sont tous les deux reliés est grande parmi l’ensemble des personnes que chacun connaît. Il montre au plan formel que les triades (A B C) dans lesquelles A est fortement lié à B et à C, et B et C n’auraient aucun lien sont quasiment inexistantes : B et C sont liés, que ce lien soit fort ou faible, ou vont le devenir si on prend en compte le temps. C’est une caractéristique de transitivité des réseaux interpersonnels. Il mobilise ensuite la notion de pont qui se définit analytiquement comme le seul lien existant entre deux ensembles de relations, et montre qu’un pont est toujours un lien faible. Dans les systèmes sociaux, il paraît difficile d’imaginer qu’il n’y ait qu’un seul et unique lien entre deux espaces ou groupes sociaux ; ainsi, les ponts au sens strict n’existent pas, ce sont toujours ce qu’il appelle des « ponts locaux ».

27 Il existe tout de même selon Coleman quelques formes de capital social dont l’acteur qui en est à l’origine peut effectivement en récupérer les bénéfices, comme par exemple l’entreprise correspondant au type “ intentional organization ”.

La dimension stratégique des liens faibles « bridgés »

Selon Granovetter, la forme de leur réseau relationnel influence l’action des individus. S’intéressant au réseau comme ressource mobilisable pour l’action, sa définition incorpore dans un sens assez large à la fois le réseau dense des proches qui se voient et interagissent souvent (le réseau qui serait composé uniquement des liens forts et des liens faibles qui ne sont pas des ponts) et le réseau étendu des autres personnes qui sont liées à ego sans être liées entre elles et qui connaissent des personnes non liées à ego, incluant donc les liens faibles jouant le rôle de pont avec d’autres cercles sociaux. Il a appliqué ces principes à l’étude de la mobilité sur le marché du travail et des modes d’obtention d’un emploi. Les liens faibles sont essentiels dans le fonctionnement du marché du travail. Pour les personnes qui ont trouvé un nouvel emploi grâce à des relations, il montre que ceux-ci sont mieux placés pour fournir des informations auxquelles on n’a pas accès d’habitude, c’est à dire des informations que les liens forts ne peuvent fournir.

Une étude empirique : la mobilisation des réseaux pour trouver son emploi

L’étude de Granovetter (1973, 1974) a été réalisée à Newton, faubourg de Boston de 98000 habitants dans le Massachusetts. Parmi les personnes qui avaient changé d’employeur entre les deux derniers recensements, il a interrogé 266 personnes, par questionnaire. Il a ensuite sélectionné les cas les plus intéressants pour poursuivre l’analyse par des entretiens. En distinguant trois types de moyens d’accès à l’emploi, il obtient les résultats suivants :
Tableau 2. Types de moyens d’accès à l’emploi. Enquête Granovetter Newton 1973

Contacts personnels une personne connue par ego et en relation avec lui pour autre chose que la recherche d’emploi, et qui est intermédiaire pour faire connaître l’emploi ou recommander ego à l’employeur 56 %
Moyens formels annonces, agences, cabinets spécialisés, associations, services officiels de placement type ANPE 19%
Démarches directes candidatures spontanées a priori, sans intervention d’un intermédiaire, par lettre et CV ou présentation directe (porte à porte) 19%

Se centrant ensuite sur les personnes qui ont obtenu leur emploi par relation, il montre que les liens forts ne sont intervenus que dans 16,7% des cas, ce qui suggère la primauté de l’effet de la structure sur celui des motivations des proches. Voici l’ensemble des résultats avec les définitions retenues par Granovetter pour l’appréciation de la force des liens :
Tableau 3. Nature du lien ayant permis l’obtention d’un emploi. Enquête Granovetter Newton 1973

Liens forts se voir souvent, au moins deux fois par semaine 16,7%
Liens faibles se voir occasionnellement, plus d’une fois par an et moins de deux fois par semainese voir rarement, moins d’une fois par an 55,6%27,8%

Enfin, Granovetter a mesuré la longueur de la chaîne de contacts mise en jeu. Et contrairement à ce qu’il attendait, ce sont les chaînes courtes qui ont procuré le plus souvent les emplois, plutôt que des chaînes longues comme le suggéraient les modèles de diffusion des rumeurs ou des maladies.
Tableau 4. Longueur de la chaîne relationnelle ayant permis l’obtention d’un emploi. Enquête Granovetter Newton 1973

Contacts directs avec employeurs 39,1 %
Un seul intermédiaire (le lien faible) 43,5 %
Deux intermédiaires 12,5 %
Plus de deux intermédiaires 3,1 %

Ainsi, pour les questions importantes, comme la recherche d’un emploi, prendre en compte ego, ses contacts et les contacts de ses contacts est suffisant.

Les ponts entre cercles sociaux, un effet de structure sociale

Tel quel, le point de vue de 1973 est assez centré sur l’individu, et le réseau y apparaît comme une ressource plutôt individuelle. Cependant, dès 1985, l’article de Granovetter sur l’encastrement social de l’action économique (Economic action and social structures : the problem of embeddedness) replaçait ce point de vue dans une perspective structurale (Degenne et Forsé 1994, p. 134). Certes les liens faibles, en particulier ceux jouant le rôle de pont, peuvent procurer des avantages dans la quête d’un nouvel emploi ailleurs que dans son cercle de vie habituel, mais encore faut-il en disposer. En déplaçant le regard du niveau de l’individu au niveau du système d’action dans lequel il agit, Granovetter donne une dimension structurale au capital social : c’est la position de l’individu par rapport à ces ponts qui définit la valeur de son capital social vis à vis de l’objectif de recherche d’emploi. Celui qui est enfermé dans son cercle en ne disposant pas de ponts parmi ses relations aura des difficultés à en sortir.
Des études menées en France reprenant les hypothèses de Granovetter (Marry 1992, Degenne et alii 199128) ont montré que les enfants de catégories ouvrières ont tendance à mobiliser plutôt des liens forts (familiaux le plus souvent) lorsqu’ils cherchent un emploi. Et comme le montre Catherine Marry (1983, 1992), cela peut s’avérer handicapant lorsque ces liens forts ne sont plus en mesure de fournir la recommandation familiale attendue du fait d’un chômage important, les amenant à faire appel à des moyens plus anonymes : “ (…) les jeunes ayant trouvé leur premier emploi grâce aux liens familiaux (…) ont pour 74% d’entre eux un père actif et pour 0,5% seulement un père au chômage. Inversement, ceux qui ont recours à l’ANPE appartiennent à des familles dans lesquelles près de la moitié des pères sont exclus de la vie professionnelle ” (1992, p. 314).
Finalement, comme le disent Degenne et Forsé, “ (…) au travers de l’opposition liens forts – liens faibles, c’est moins la nature du lien que le fait qu’elle soit l’indicateur d’une position dans une structure qui compte ” (1994, p. 135), position qui définit la valeur du réseau relationnel de l’individu selon l’objectif poursuivi, ici la recherche d’un emploi.

Le capital social : des liens spécifiques, favorisant la mobilité professionnelle

Deux apports principaux du travail de M. Granovetter peuvent être retenus, d’une part l’idée que certains liens constituent pour les individus des ressources particulières en relation avec un objectif donné, ici l’obtention d’un emploi, et d’autre part le fait qu’au sein de la structure sociale, certaines relations sociales jouent un rôle de « pont » entre des groupes sociaux différents essentiels pour les mobilités professionnelles.
Premier point, il met en évidence que tous les liens d’un individu ne sont pas identiques ou équivalents, selon l’action envisagée. Ils ne produisent pas les mêmes effets, selon l’objectif poursuivi par l’individu. Certains liens peuvent être une ressource sociale précieuse, c’est à dire un capital social même s’il n’emploie pas le terme, alors que d’autres le seraient moins. Plus que le fait qu’il puisse y avoir des liens faibles ou des liens forts, ce qui compte, c’est que certains liens permettent d’accéder à des milieux – ou à des informations – auxquels on n’a pas accès aisément, alors que d’autres le permettent moins. Ces liens ne se trouvent pas dans l’environnement proche de l’individu, ils ne constituent pas ses fréquentations habituelles ; ils correspondent plutôt à des rencontres occasionnelles, voire fortuites, c’est ce qui marque leur spécificité pour le public étudié par Granovetter. Ainsi les réseaux de relations personnelles n’ont pas tous les mêmes effets, il est possible de les spécifier. L’idée des liens faibles est qu’ils permettent à ego d’atteindre de nouveaux milieux auxquels il n’est pas ou « faiblement » connecté, des milieux qu’il ne fréquente pas souvent, ou auxquels il n’a pas accès facilement.

28 A partir des données de l’enquête “ Jeunes ” complémentaire à l’enquête Emploi de 1986.

Second point, l’idée de pont de Granovetter permet de comprendre comment les individus peuvent circuler d’un milieu à un autre sur le marché du travail. Le capital social est alors inscrit dans la structure du réseau de relation de l’individu, il ne dépend pas que du volume de ses relations. Il s’agit bien sûr d’un effet relatif : Granovetter donne l’image d’une vie sociale composée de petits groupes se fréquentant intensément, autour de la famille, du voisinage, des amis, tout cela composant la vie quotidienne ; et ces petits groupes sont reliés entre eux par des contacts moins fréquents, des relations épisodiques, parfois peu durables, n’entrant pas dans le fonctionnement quotidien des individus, une partie de ces relations ne relevant pas des sphères qu’ils fréquentent habituellement. Ces ponts jouent un rôle crucial dans la diffusion des informations, et plus particulièrement d’une façon dynamique dans la mobilité des individus sur le marché du travail en leur offrant la possibilité d’évoluer d’un milieu à un autre.

La gestion stratégique du capital social au niveau individuel selon Burt

Cette idée de discontinuité dans la structure sociale et de force relative du lien selon la position occupée dans cette structure a été reprise et développée par Burt. Cet auteur se situe d’emblée dans des milieux sociaux fortement compétitifs, ce qui l’amène à observer et théoriser comment des individus entretiennent stratégiquement une position et des relations leur procurant des avantages relatifs dans ce jeu compétitif. Pour lui, à côté du capital financier ou du capital humain, tout joueur engagé dans l’arène compétitive possède un capital social composé de ses relations avec les autres joueurs, c’est à dire “ friends, colleagues, and more general contacts through whom you receive opportunities to use your financial and human capital ” (1992, p.9). Il creuse le sillon du capital social comme source de succès, en minimisant le rôle du capital humain : “ (…) success is less determined by what you know than by whom you know ” (p.10). Mais surtout, ce qu’il considère comme essentiel n’est pas tant le volume des ressources propres de ceux qu’on connaît et auxquelles on peut accéder, mais la position de ces personnes dans la structure sociale. Pour Burt (p. 11-13), il y a deux chemins dans la question sur le capital social. Le premier s’intéresse à « who », il considère le capital social comme un stock de relations et de ressources accessibles. Le second, celui qu’il emprunte, s’intéresse lui à la structure sociale, la forme du réseau d’ego étant en elle-même un capital social ; il s’agit cette fois-ci de savoir comment (“ how ”) le capital social fournit des avantages relatifs. Ce faisant, il abandonne pratiquement toute référence au contenu qui forme ces relations, comme le rappelle Steiner (1999, pp. 87-89).

Le capital social est inscrit dans la structure du réseau de l’individu

Il développe alors une conception structurale du capital social. Mais alors que Coleman se centre sur une grande densité du réseau comme valeur de la ressource, Burt développe l’idée contraire, que c’est plutôt l’absence de densité (un trou structural) qui en fait sa valeur (Portes 1998). Il se rapproche du point de vue de Granovetter, tout en le systématisant à sa façon. L’argument de Granovetter, un pont qui serait toujours un lien faible, s’appuie sur la reconnaissance d’une tendance naturelle des liens forts à être transitifs, donc des groupes sociaux à se refermer sur eux-mêmes ; lorsqu’un pont s’établit entre deux cercles sociaux, il ne peut être qu’un lien faible. Burt (1992, pp. 25-30) défend le point de vue qu’un individu adoptant un comportement stratégique peut tout à fait intentionnellement dépenser du temps et de l’énergie pour créer et maintenir un lien fort entre deux cercles sociaux non reliés par ailleurs, ce qui sera une source d’informations particulièrement précieuse : « The task for a strategic player building an efficient-effective network is to focus resources on the maintenance of bridge ties. Otherwise, and this is the correlative substance of the weak tie, bridges will fall into their natural state of being weak ties » (p. 30).

Les trous structuraux : contrôler la connection entre deux sphères sociales,…

Pour Burt, la caractéristique déterminante du lien constituant un pont enjambant un trou dans la structure sociale entre deux cercles sociaux n’est pas tellement sa force, mais le fait que ce lien soit non redondant. C’est à dire qu’il soit le seul ou presque à assurer la liaison entre ego et un cercle social donné. Au plan stratégique, il est donc inutile pour ego d’entretenir un autre lien avec ce même cercle. Burt prend l’exemple des bénéfices en information que fournissent les trous structuraux, même s’ils procurent aussi des bénéfices en contrôles. Considérons trois individus, ego, A et B, et les contacts de A et B. Si les contacts de A et B sont les mêmes, A et B donneront accès aux mêmes informations détenues par leurs contacts. Dans ce cas, toujours dans une optique stratégique, l’un des deux contacts est redondant et il est inutile pour ego de le conserver : il lui sera plus profitable de rompre l’un des deux liens et de consacrer les ressources en temps et en énergie ainsi libérées à la construction et à l’entretien d’une nouvelle relation non redondante, appartenant à un autre cercle jugé digne d’intérêt par ego29. Un trou structural sépare donc deux ou plusieurs contacts non redondants.

…une capacité à se situer « entre les autres » comme capital social sur un marché compétitif

Et pour Burt, du point de vue du fonctionnement des marchés, “ (…) les absences de relations (les trous structuraux) représentent des opportunités entrepreneuriales de se poser en intermédiaire contrôlant les flux d’information et la coordination des actions entre les acteurs se trouvant de part et d’autre de ce trou ” (1995, p. 602). Dans cet article de 1995, il applique ses principes à la carrière de directeurs de haut niveau dans une grande entreprise américaine. Il montre que les inégalités de carrière entre les directeurs sont le résultat de différences contextuelles. Ainsi, ceux disposant de trous structuraux nombreux dans leur réseau, donc en situation de gérer au mieux les relations efficaces pour leur activité, bénéficient des promotions les plus rapides. Ces directeurs sont pour Burt des “ (…) entrepreneur[s] au sens littéral du terme : une personne qui ajoute de la valeur en étant entre les autres ” (p. 604), disposant de la capacité “ (…) à identifier et à développer ces opportunités ” (p. 601). Ce sont deux idées que nous retiendrons de Burt, la prise en compte de l’évolution dynamique de la structure à partir des capacités stratégiques de ces « entrepreneurs », et le capital social particulier que fait naître la possibilité de se situer « entre » deux ensembles sociaux non connectés par ailleurs.

Connaître des gens mieux placés pour réussir ses actions (Lin)

Les réseaux sont donc de bons outils pour changer de milieu ou accéder à des ressources situées hors de son cercle de vie habituel. C’est cet aspect que Nan Lin (1982, 1995, 2001) a développé. Pour lui, le capital social des individus est une ressource nécessaire pour le succès des actions instrumentales des individus30. Il est composé des ressources sociales (richesse, statut, pouvoir, éducation, prestige, autorité) inscrites dans son réseau relationnel personnel direct ou indirect. C’est donc une approche structurale, nettement affirmée dans son dernier ouvrage de 2001. L’apport de Lin est d’incorporer dans l’identification du capital social les différences de position des individus dans la hiérarchie sociale. Le capital social est une ressource stratégique, les individus ont besoin d’intermédiaires (contacts personnels) pour engager une action instrumentale, c’est leur mode opératoire. Ce capital social prend sa valeur en fonction de trois critères : 1) réussir une action instrumentale dépend de la qualité des ressources sociales du contact mobilisé ; 2) plus la position sociale des contacts d’un individu est élevée, meilleures sont les ressources auxquelles il a accès ; 3) les liens faibles (Granovetter) procurent des informations et de l’influence inaccessibles par ailleurs, et permettent d’accéder à des ressources de meilleure qualité que les liens forts. En d’autres termes, plus élevée est la position sociale des contacts auxquels on peut accéder, meilleures seront nos chances de réussir les actions engagées, et il y a de forte chance que la force du lien avec ce contact soit faible.

29 C’est ce que montre le schéma de Burt, page 22 de Structural Holes (1992) comparant la situation “ avant ” et “ après ” le réarrangement des relations de ego ; ce schéma a été repris dans l’article de Burt traduit en français dans le numéro d’octobre-décembre 1995 de la Revue Française de Sociologie, “ Le capital social, les trous structuraux et l’entrepreneur ”.
30 S’opposant, selon Nan Lin (1995), aux actions expressives basées sur des interactions sociales homophiles et dont l’objet est la maintenance du groupe affinitaire.

Capital social, école et entreprises sur le marché du travail
Les dynamiques relationnelles des organisations éducatives dans l’accès à l’emploi
Thèse pour obtenir le grade de Docteur En Sociologie – UFR De Sciences Humaines Et Sociales
Université Paris 5 – René Descartes


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