La première page du mémoire (avec le fichier pdf):

Powell et Barrientos et l’évolution de la protection sociale

  1. Les régimes providentiels à l’ère post-industrielle
  2. Les 3 types des régimes providentiels d’Esping-Andersen
  3. Le régime social-démocrate et le régime libéral
  4. Le régime providentiel conservateur et le régime latin
  5. La résilience des régimes providentiels
  6. L’évolution des rapports entre les piliers de bien-être
  7. Rapports entre régimes providentiels et régimes de production
  8. Régimes providentiels, problématique de mémoire de recherche
  9. Piliers de bien-être et Résilience des régimes providentiels
  10. Evolution de la protection sociale : Obinger et Wagschal
  11. Hicks et Kenworthy – protection sociale : revue de littérature
  12. Powell et Barrientos et l’évolution de la protection sociale
  13. Huber et Stephens et la protection sociale
  14. Evolution des régimes providentiels, les 20 dernières années
  15. Les régimes providentiels dans les années 2000
  16. L’évolution des régimes providentiels de 1985 aux années 2000
  17. L’activation et le poids des transferts sociaux – régimes providentiels
  18. L’activation laissée au marché ou par l’investissement social
  19. Activation des individus en pays d’Europe
  20. Recul ou reconfiguration des régimes providentiels depuis 1985 ?
  21. La protection sociale réexaminée l’ère post-industrielle

4.3 Powell et Barrientos
Powell et Barrientos s’intéressent aux éléments structurants des régimes providentiels à travers le jeu d’interrelations entre l’État, le marché et la famille dans la production du bien-être («welfare mix»). Si cette perspective de «welfare mix» a progressivement gagné en importance dans les travaux d’Esping-Andersen, les auteurs soulignent que les droits sociaux constituent toujours le point d’ancrage de la perspective d’Esping-Andersen, ce qui ne permet pas de saisir pleinement la réalité empirique de la production tripartite du bien-être dans les sociétés avancées. À cet effet, Powell et Barrientos notent que les indicateurs de démarchandisation et de défamilialisation utilisés par Esping-Andersen rendent compte essentiellement du rôle assumé par l’État dans la production du bien-être, ce qui leur confère un caractère unidimensionnel (Powell et Barrientos, 2004).
L’examen qu’ils proposent cherche à arrimer empiriquement une perspective tripartite du bien-être pour établir une typologie des régimes providentiels au milieu des années 1980 et 1990. Leur modèle est construit sur la base de cinq indicateurs : les dépenses publiques en regard de la sécurité sociale, de l’éducation et des politiques actives sur le marché du travail, les primes privées d’assurances et, finalement, un indicateur de la rigidité de la protection de l’emploi. Leur démarche analytique se construit en deux temps; d’une part, ils mènent des analyses de classification hiérarchique dans le milieu des années 1980 et 1990 pour identifier des regroupements de pays et, d’autre part, ils mènent des analyses de classification pour les années 1990 sur la base des moyennes affichées par les pays sur chacun des indicateurs (k-means clustering). Powell et Barrientos accordent une attention toute particulière aux dépenses actives sur le marché du travail, qui constituent un élément central dans la construction de leur modèle de welfare mix. Ils cherchent à mettre en relief l’impact de ces dépenses dans la constitution des régimes providentiels dans les années 1990, en mesurant les changements qu’occasionne leur intégration au modèle.
Leur analyse de classification hiérarchique au milieu des années 1980 affiche des résultats plutôt diffus : des pays nordiques, anglo-saxons et d’Europe continentale se retrouvent au sein de mêmes regroupements, tandis que les pays d’Europe du sud (Espagne, Grèce, Portugal) ne forment un regroupement distinct que vers le milieu des années 1990. Si leurs résultats d’analyses de classification hiérarchique pour les années 1980 sont assez peu probants, ceux pour les années 1990 sont beaucoup plus nets, surtout lorsque sont intégrées au modèle les dépenses actives sur le marché du travail : les pays nordiques, anglo-saxons et d’Europe continentale forment des regroupements plus homogènes et se différencient plus clairement.
Leurs résultats de classification sur la base des moyennes affichées par les pays sont très proches de ceux qu’ont dégagés leurs analyses initiales de classification hiérarchique. L’introduction des dépenses d’activation sur le marché du travail permet de distinguer plus clairement les ensembles social-démocrate, libéral et conservateur. Il ressort aussi que les dépenses actives renforcent la différenciation entre les pays sociaux-démocrates et conservateurs et entre les pays sociaux-démocrates et libéraux, si on en juge par leur effet sur la distance entre les centroïdes des regroupements ou clusters. Leur examen des centroïdes des regroupements sur la base de chacun des indicateurs met en relief l’importance des dépenses de sécurité sociale, d’éducation et d’activation sur le marché du travail dans le regroupement social-démocrate, des primes privées d’assurance dans les pays libéraux et de la protection de l’emploi dans les pays conservateurs.
Si la typologie de Powell et Barrientos dans les années 1990 se rapproche de celle d’Esping-Andersen, elle suggère aussi que les dépenses actives sur le marché du travail constituent non seulement une composante essentielle du welfare mix, mais aussi une dimension discriminante des régimes providentiels. Nous partageons le point de vue de Powell et Barrientos sur l’importance des dépenses actives et des ponts qu’elles cherchent à construire sur le marché du travail. Comme nous le verrons subséquemment, notre ensemble de données comporte plusieurs variables représentant des politiques actives sur le marché du travail, mais notre propos sur l’activation cherchera à dépasser la dichotomie actif/passif en regard des dépenses sur le marché du travail. Nous estimons qu’au-delà des dépenses actives sur le marché du travail, qui sont essentiellement dirigées vers des individus dont le lien d’emploi est affaibli ou carrément inexistant, les régimes providentiels portent en leur germe un ensemble plus vaste de ressources pouvant consolider le maintien en activité des individus sur le marché du travail : des investissements en éducation, en formation sur le marché du travail, des services de santé et des mesures de conciliation travail/famille. À travers notre examen, nous chercherons à évaluer comment et dans quelle mesure ces ressources sont engagées dans les régimes providentiels et, plus précisément, dans une production et une distribution tripartite du bien-être (État, marché, famille).
Notre examen se rapproche beaucoup de celui de Powell et Barrientos. La période sur laquelle porte leur étude est sensiblement la même que la nôtre, à la différence près que nous disposons de données pour le début des années 2000. Si leurs indicateurs couvrent plusieurs champs de protection sociale sur lesquels porteront nos analyses, nous disposons d’un plus grand nombre de variables touchant des mesures de protection sociale, en plus d’avoir à notre disposition une série d’indicateurs socio-économiques qui contribuera à élargir notre cadre interprétatif des régimes providentiels À l’instar de Powell et Barrientos, nous aurons recours à l’analyse de classification hiérarchique dans nos analyses, mais dans une optique complémentaire : l’analyse de classification hiérarchique nous servira à mettre à l’épreuve la robustesse des regroupements de pays dégagés précédemment au moyen de l’analyse factorielle des correspondances.
Lire le mémoire complet ==> (Les régimes providentiels à l’ère post-industrielle : reconfiguration ou résilience ?)
Mémoire présenté à la Faculté des études supérieures – Faculté des Arts et Sciences
En vue de l’obtention du grade de maîtrise ès sciences (M.Sc.) en sociologie
 

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