L’industrie du poisson au Maroc : l’impact de libre-échange

L’industrie du poisson au Maroc : l’impact de libre-échange

L’industrie du poisson – Paragraphe 2 : 43

Selon une étude prévisionnelle faite par le CMC a fin 1999, le retrait de l’effort de pêche communautaire devait permettre l’amélioration de l’état des pêcheries traditionnelles et le développement de nouvelles pêcheries, non encore exploitées par le Maroc. Les efforts devaient être ressentis surtout au niveau des pêcheries hauturières.

En effet, le retrait de la flotte de pêche communautaire devrait favoriser un accroissement soutenu de la production de la flotte de pêche hauturière nationale.

Pareillement à la progression du niveau de production la reconstitution des espèces surexploitées devait entraîner une amélioration de la taille commerciale, et portant, celle des prix ainsi qu’une diversification de la production et un élargissement des débouchés.

1- L’impact de libre-échange sur la ressource

Plus le couronnement d’un processus de planification des investissements maîtrisée. En effet, d’autres facteurs comme le repos biologique, l’avènement de changement hydro climatiques favorable (il est scientifiquement admis que la sécheresses à terre correspondent à des périodes d’abondance en mer)et l’organisation de la collecte et de la compilation des statistiques de pêche relativement plus rigoureux ont dû contribuer à la hausse des statistiques de pêche, et non à la production

Le repos biologique provoque un raccourcissement de la saison de pêche et engendre des difficultés insurmontables sur le plan de la gestion des armements, de l’approvisionnement des industries et aussi de la commercialisation.

Au lieu de faire usage d’une mesure d’aménagement pour réguler le marché, les professionnels. Soutenus par les administrations publiques doivent agir selon une logique de marché qui ne devrait pas entrer férer avec les autres résolus à l’aval et non à l’amont de la filière.

Evolution de la production de pêche entre 1998 et 2001

Evolution de la production de pêche

Type de pêche   1998   1999   2000   2001
Q   V   Q   V   Q   V   Q   V
Pêche côtière   607   1680   622   1818   765   2078   978   2545
Pêche hauturière   91   2942   125   2888   133   4603   122   4859
Autres activités   10   186   10,8   178   14,5   258   10,5   357
Total   708   4808   758   4884   913   6939   1111   7761

Source : Ministère des pêches maritimes, 2002
Q : quantité en millier de tonnes.   V : valeur en million de DHs.

Par ailleurs, les améliorations enregistrées ont été aussi d’ordres qualitatifs. Le repos biologique observé pendant plus de 4 mois par an a amélioré les tailles commerciales, sans toutefois induire une hausse des prix qui demeure sous l’influence de facteurs exogènes.

2- Impact sur le marché

Le prix moyen de Kg de poisson est passé de 6,44 DH en 1999 à 6,98 DH en 2001. L’amélioration des tailles marchandes a été accompagnée d’une hausse importante des prix pour la pêche hauturière, en dépit des difficultés rencontrées dans l’écoulement de la production des deux dernières années.

Des études commanditées par l’organisation nationale de pêche tentent d’apporter un éclairage sur la question épineuse et mouvante du marché du poulpe.44 Finalement, une amélioration quantitative n’est pas toujours très souhaitable, compte tenu de la situation de sur offre sur le marché japonais.

Mais un poisson non pêché finit par disparaître de mortalité naturelle. C’est pourquoi la hausse de la production et l’amélioration de la valeur marchande semblent être des contraintes difficiles à concilier dans l’état actuel de non pêcheries.

3- Rôle et comportement des acteurs

L’action de l’Etat devrait se limiter à celle d’impulsion, de régulation et de contrôle de secteur. L’Etat devrait se contenter de son rôle d’encadrement technique, financier et commercial sans s’imposer comme facteur influant du marché.

C’est à la profession qu’incombe la mission de promouvoir le secteur, cependant il est primordiale de conforter le rôle de l’Etat en tant que « propriétaire » de la ressource. Le poisson est la propriété de tous les marocains mais les professionnels jouissent du droit de l’exploiter. Mais, c’est aux pouvoirs publics de veiller à ce qu’il en soit fait bon usage.

Il est certain que la période de post accord devrait susciter un débat national aux passionnés que ce lui a présidé aux négociations. Le pêcheur marocain notamment hauturier, se trouve dans un contexte nouveau où la perspective d’une période de faste production l’incite à manœuvrer à l’abri des lumières.

Les autorités de pêche devraient, pour leur part, disposer d’une vision claire sur l’avenir du secteur en particulier sur la façon de procéder au partage des bénéfices escomptés de la suspension de l’accord.

Des sacrifices considérables ont été consentis par l’Etat marocain en renonçant à la contrepartie européenne dans l’espoir d’assister à un retour important sur les plans aussi bien financiers, économiques que sociaux. Or, jusqu’à présent, en dehors de l’activité de pêche proprement dite, les activités annexes n’ont pas bénéficié d’un effet d’entraînement conséquent, notamment en matière

d’investissement à terre et d’emplois. La pêche hauturière a même enregistré au niveau de l’emploi une régression de 21% entre 1999 et 2000.

Les actions publiques ne peuvent être porteuses de succès que sous la condition de l’entière collaboration des milieux professionnels. Le rôle de ces opérateurs faut-il le rappeler, est crucial à condition toutefois de faire valoir, au dessus des intérêts économiques restreints, un sens civique combien indispensable dans le cas de ressources exploitées en commun.

La plupart des pêcheries nationales commencent à voir leur situation s’améliorer, il est grand temps à ce que le département des pêches mette en place des mécanismes de redistribution des richesses de la pêche avant qu’un nouvel état de fait ne s’impose.

Section IV : l’impact de libre -échange sur la pêche
Chapitre III : Compétitivité et productivité des secteurs clés face aux défis de libre – échange

La compétitivité des entreprises marocaines face aux défis de libre-échange
Mémoire de Licence en sciences économiques et gestion
Faculté des sciences juridiques, Economiques et sociales
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44 CENTRE MAROCAINE DE CONJONCTURE LETTRE N°119 ,.PAGE :11
43 Centre marocain de conjoncture. Lettre n°119 p : 9.

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