L’accord de libre-échange Maroc-USA

L’accord de libre-échange Maroc-USA

Une Zone de libre-échange Maroc-USA – Section II :

Afin de réduire sa dépendance commerciale vis à vis de l’UE, le Maroc cherche à diversifier ses marchés à l’export.

A cet effet, le Maroc et Etats-Unis ont entamé des concertations pour examiner l’opportunité de l’établissement d’une zone de libre-échange, au sein de laquelle les barrières au commerce et aux investissements seront progressivement éliminés entre les deux pays.

Etant donné les différences importantes qui existent entre la taille des deux partenaires, on peut s’interroger sur la capacité de ce projet à faire bénéficier l’économie marocaine d’un gain additionnel dans ses échanges avec l’Amérique, sachant que le PIB national atteint à peine 0,3% du PIB américain, le poids des deux nations dans les échanges mondiaux est aussi contrasté : les Etats-Unis sont la première puissance commerciale, le Maroc navigue difficilement au delà du centième rang.

§1 : L’accord de libre-échange Maroc-USA

Sa Majesté le Roi Mohammed VI et le président Georges W.Bush ont décidé, à l’occasion de la visite Royale à Washington (20-24 Avril 2002), d’établir une zone de libre-échange entre le Maroc et les Etats-Unis d’Amérique, affirmant, par la même, la volonté des deux pays de renforcer leurs relations bilatérales.

Cet accord s’inscrit parfaitement dans la stratégie globale d’ouverture maîtrisée de l’économie marocaine et son intégration dans l’économie mondiale. Les procédures institutionnelles internes aux Etats-Unis, relatives à la négociation d’accords commerciaux internationaux ont retardé l’ouverture officielle des négociations.

En effet, ce n’est que 1er Août 2002 que le gouvernement américain a pu faire adopter par le sénat la loi « trade promotion authority (TAP) ». Aux termes de cette importante décision, l’administration américaine est désormais habilitée à mener des négociations commerciales internationales sans que le congrès puisse amender les accords ainsi conclus.

I- L’accord de libre-échange avec les USA : déroulement des négociations

Tout au long des négociations, le Maroc a veillé, de manière rigoureuse, à faire prévaloir ses spécificités économiques et ses réalités sociales pour aboutir à un accord adapté, se distinguant de tout modèle préétabli.

Les travaux du premier round de négociation ( janvier 2003 à Washington ), ont été consacrés principalement à un échange d’informations et à des discussions et débats sur les attentes de chacune des parties, quant à l’accord projeté.

La partie marocaine a présenté l’environnement macro-économique du Royaume et la vision nationale dans les différents secteurs d’activité, en insistant sur la sensibilité de certains d’entre eux, tels celui de l’agriculture.

Elle a souligné la nécessité d’aboutir à un accord de libre-échange adapté aux spécificités, aux contraintes et aux réalités socio-économiques du Maroc.

Les deux parties ont poursuivi leurs contacts et l’échange d’information au cours des mois de Février et de Mars, avant de tenir des discussions techniques, la semaine du 24 Mars 2003, à Genève. Au cours de ce second round, les groupes ont, de manière générale , passé en revue un premier projet de texte.

La partie marocaine a mis à profit cette rencontre pour présenter, de façon détaillée, sa vision et évaluer les positions américaines.

A l’occasion du troisième round (Juin 2003 à Rabat), les deux parties ont poursuivi leurs discussions sur la base de réactions et contre-projets. Certaines parties du texte ont fait l’objet d’un accord de principe.

Lors du quatrième round (Juillet 2003 à Washington), les deux parties ont continué l’examen des dispositions restées en suspens dans certains chapitres, notamment l’investissement, les marchés publics, le droit du travail, l’environnement, les droits de propriété intellectuelle, les services et les questions juridiques.

En matière d’accès au marché, les deux parties ont progressé dans l’élaboration des listes de démantèlement. De même il ,a été procédé à l’échange des offres initiales agricoles .

Au cours du cinquième round (Octobre 2003 à Rabat), les différents groupes de négociation ont poursuivi leurs travaux de manières intensive, avec pour objectif de finaliser les différents chapitres avant la fin de l’année 2003. À l’exception des volets « Agriculture », «Textile » « Questions juridiques » et « Services » tous les autres groupes étaient dans la phase finale de leurs travaux.

Les travaux du sixième round ( Janvier 2004, à Washington ) se sont donc focaliser sur les questions restées en suspens, et qui représentaient un intérêt majeurs pour le Maroc. Il est à relever que, suite à ce sixième round, les groupe « Agriculture », « Services » et « Questions juridiques » ont multiplié leurs contacts.

C’est à l’issue d’un septième et dernier round de négociation (Février-Mars 2004, à Washington), que les deux parties ont trouvé un compromis sur les questions restées en suspens, ce qui a permis d’annoncer la conclusion des négociations le 2 Mars 2004.

Une fois signé, l’accord entrera en vigueur après l’échange des instruments de ratification et la finalisation des procédures constitutionnelles de chacun des deux pays.

II- Le potentiel des échanges Maroc-USA

Le choix d’une politique commerciale ne répond qu’à la volonté de réaliser un objectif de promotion des échanges ou de satisfaire des groupes d’intérêts particuliers. Il obéit plutôt aux intérêts stratégiques et géopolitiques spécifiques des deux parties et au souhait de voir leurs relations bilatérales d’investissement et d’échanges commerciaux se renforcent.

Chacun des deux pays déjà liés par des accords commerciaux préférentiels avec ses partenaires régionaux ou bilatéraux.
Dans les négociations multilatérales le Maroc souhaite élargir son champ de soutien pour faciliter l’accès aux marchés. Il cherche à drainer l’investissement étranger pour contribuer au financement de sa croissance. L’ouverture du Maroc vers les Etats-Unis représente un objectif à prendre en considération.

Les Etats Unis ne sont pas un client de première importance pour le Maroc, le Marché américain n’absorbe que 3,4% des exportations nationale. Dans le total des importations alimentant la demande nationale, 6,5% proviennent des Etats Unis. Les ventes au Maroc représentent un pourcentage insignifiant des exportations globales américaines (0,08%).

Les produits les plus importants concernent les céréales, les oléagineux ( huiles, tourteaux et graine de soja), le tabac, les machines et pièces de rechange, matériels informatiques, les véhicules et avions.
Les machines sont en évolution remarquables, par contre, les produits agricoles ont baissé de manière significative.

Les ventes d’avions sont irrégulières et celles des céréales sont instables.
Les importations américaines en provenance du Maroc représentent une toute aussi petite proportion des importations totales américaines (0,04%).

Les produits les plus vendus sont : les produits de la mer, les données alimentaires préparées, le phosphate brut et transformé, les circuits électroniques intégrés, les vêtements pour femme et les semi conducteurs. Ces biens représentent 85% du total des importations à partir du Maroc.

Selon le ministre d’industrie et de commerce et de service, Mr Mansouri : le volume des échanges commerciaux entre le Maroc et L’USA a connu ces dernières années une croissance continue passant de 600 millions de dollars en 1995 à 960 milliards de dollars en 2000, notant que les investissements ont augmenté eux aussi, atteignant 110 Milliards de dollars en 1999.

Contrairement à l’accord avec l’UE, le projet Américain se vaut global.

Les Etats-Unis (EU) affirment une position libre échangiste qui paraît paradoxale. Ils subventionnent largement leur agriculture et les mécanisme de leur politique agricole sont a l’origine de la déprime des prix mondiaux.

Les accords de libre-échange établis jusqu’à présent par les USA incluent une libéralisation du commerce des services, ils stipulent que chaque partie contractante doit accorder à l’autre en matière d’offre des services et aux présentations de ces activités au traitement non moins favorable que celui qu’elle accorde à ses propres services et offreurs de service.

Les importations des Etats-Unis du Maroc en 2003 - L’accord de libre-échange Maroc-USA
Les importations des Etats-Unis du Maroc en 2003

Les exportation des Etats –Unis vers Le Maroc en 2003 - L’accord de libre-échange Maroc-USA
Les exportation des Etats –Unis vers Le Maroc en 2003

Avion céréales Machines Grain, graine, fruit, soja Graisse et pétroles, divers huile de soja Total
Marchandise $181M $75M $39M $57M $17M $468M
Source : office des changes
Soja Blé Mais Huile de soja Total
Produit Agricoles $55M $40M $35M $12M $151M
Source : office des changes
Les importations des Etats-Unis du Maroc en 2003
Les machines électriques Le sel le soufre la terre et la pierre
(phosphates de calcium) L’habillent tissé Les fruits les écrous Tricotent d’habillement Total
importation $92M $70M $49M $30M $27M $385M
Source : office des changes
Olives Mandarines Poissons
Produits agricoles Total = $83 millions
Source : office des changes

Chapitre II : les opportunités et les défis de la zone de L.E au Maroc
Partie II : Opportunités et défis d’une zone de libre-échange : cas de l’économie marocaine

Opportunités et défis d’une zone de libre- échange Cas de l’économie marocaine
Mémoire de licence en Sciences Economiques et Gestion

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