L’impact des indicateurs de Doing Business sur les IDE en Algérie

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🏫 Université d’Oran 2 - Faculté des Sciences Economiques, Commerciales et des Sciences de Gestion
📅 Mémoire de fin de cycle en vue de l'obtention du diplôme de Magister - 2017-2018
🎓 Auteur·trice·s
FARSI Nabila
FARSI Nabila

Les indicateurs de Doing Business en Algérie révèlent l’impact significatif de la qualité des institutions sur l’attractivité des investissements directs étrangers entre 2000 et 2016. Cette étude met en lumière les réformes institutionnelles nécessaires pour améliorer le climat d’investissement dans le pays.


Indicateur de Doing Busenis :

Depuis 2004 la Banque mondiale publie annuellement le Doing Business qui mesure les réglementations de 189 pays concernant 11 domaines du cycle de vie d’une entreprise : création d’entreprise, octroi de permis de construire, raccordement à l’électricité, transfert de propriété, obtention de prêts, protection des investisseurs minoritaires, paiement des impôts, commerce transfrontalier, exécution des contrats et règlement de l’insolvabilité. Son rapport est une véritable référence mondiale pour évaluer la politique économique menée par les gouvernements et c’est un rapport incontournable sur le climat des affaires dans le monde, c’est une référence en la matière.

Comme on peut le constater, ces indicateurs concernent de très près l’entreprise et surtout le créateur d’entreprise ou l’investisseur. Si les indicateurs d’un pays ne sont pas bons, le promoteur est informé sur les difficultés qui caractérisent l’environnement économique, politique et réglementaire de ce pays où il n’est pas intéressant d’investir. Des données sur les paramètres suivants permettent d’apprécier la situation globale et par type d’indicateurs et attribuer un classement par pays.

Indicateur de Doing Biseness en Algérie:

Le rapport annuel publié par la BM (Doing Business 2016) affirme que l’Algérie est un pays qui n’attire pas les investissements directs étrangers à cause de la dégradation de son climat des affaires ainsi les difficultés qui caractérisent l’environnement économique, politique et réglementaire où il n’est pas intéressant d’investir. A travers ses multiples indicateurs, la Banque Mondiale classe l’Algérie au 163ème rang mondial sur un total de 189 pays.

Donc l’Algérie se retrouve ainsi parmi les 26 économies les plus sous-développées dans le monde et malgré les efforts fournis par les autorités pour diversifier l’économie nationale et lutter contre la corruption et la bureaucratie, le secteur des affaires en Algérie se dégrade de plus en plus. L’origine de cette véritable décadence est le très mauvais climat des affaires qui empêche les entreprises, les hommes d’affaires et les investisseurs étrangers de travailler et de réussir leurs projets.

Preuve en est, pour créer son entreprise, il faut en moyenne pas moins de douze procédures. Sans compter un délai de 20 jours et un coût représentant 10,9% du revenu par habitant et un capital minimum de 23,6% de ce revenu que déplore la Banque Mondiale dans son rapport dans lequel elle liste de manière exhaustive les autres dysfonctionnements de notre économie qui tirent tous leur origine de la bureaucratie maladive de l’Etat1. Un autre exemple. Pour un simple raccordement au réseau électrique, un investisseur doit subir en moyenne cinq procédures et un délai de 180 jours.

Pour obtenir un crédit bancaire, il s’agit tout simplement d’un cauchemar pour un investisseur. L’Algérie se retrouve, sur ce point, parmi les 15 pires pays dans le monde. Des données alarmantes qui font réellement froid dans le dos. En clair, l’Algérie est l’inconsistance du fonctionnement des administrations. L’exact contraire du Singapour, de la Nouvelle-Zélande ou du Danemark, où l’acte de créer des richesses ne subit aucune contrainte.

L’Algérie doit en urgence s’inspirer de ces pays.

Tableau N°3-13 : le classement de l’Algérie suivant les indices de « Doing Biseness ».

Domaines DB 2016
Classement
DB 2015
classement
Variation dans
Rang Valeur Rang Valeur Classement Valeur indice
Création d’Entreprise 145 76.08 143 74.07 -2 2.01
Octroi de Permis de Construire 122 64.05 124 62.95 2 1.10
Raccordement à l’électricité 130 57.56 125 57.48 -5 0.08
Transfert de Propriété 163 43.83 160 43.83 -3 0.00
Obtention de Prêts 174 10.00 171 10.00 -3 0.00
Protection des investisseurs minoritaires 174 33.33 173 33.33 -1 0.00
Paiement des Taxes et Impôts 169 45.03 168 45.03 -1 0.00
Commerce Transfrontalier 176 24.15 176 24.15 Aucun changement 0.00
Exécution des Contrats 106 55.49 106 55.49 Aucun changement 0.00
Règlement de l’insolvabilité 73 47.67 71 47.67 -2 0.00

Source : doingbusiness.org/data/exploreeconomies/algeria 2016.

L’Algérie est désormais classée à la 166ème place sur 189 pays au classement du Doing Business 2016, éditée par la BM. Elle recule de 9 places par rapport à l’année 2015, où elle occupait la 157ème place. Parmi les 10 critères de sélection établis par la Banque Mondiale, le seul domaine amélioré a été celui de l’obtention des permis de construire dans lequel l’Algérie gagne deux places, passant de la 124ème à la 122ème place.

Dans tous les autres domaines déterminants le classement «Doing Business», l’Algérie stagne ou recule. Pour rappel l’Algérie était classé 115ème pays au Doing Business en 2008. Dans ce nouveau classement, les voisins marocains font bonne figure puisqu’ils gagnent cinq places, passant de la 80ème à la 75ème place des pays dans lesquels il fait bon faire des affaires.

Les marocains ont notamment fait d’énormes progrès en matière de transfert de propriété. Les Tunisiens ne sont pas en reste puisqu’ils gagnent une place et passent à la 74ème place. Sans surprise la Libye, dans une situation politique et économique chaotique, ferme la marche de ce classement avec une 188ème place.2

Si l’efficience et la qualité de la réglementation vont de pair au niveau global, l’analyse des données dans chaque domaine couvert par Doing Business fait apparaître des tendances plus nuancées. Trois études de cas présentées dans le rapport de cette année (sur l’obtention d’un permis de construire, le raccordement à l’électricité et l’exécution des contrats) et deux présentées dans le rapport de l’an dernier sur le transfert de propriété et le règlement de l’insolvabilité, examinent en détail le lien entre l’efficience et la qualité dans des séries d’indicateurs composites. La plupart de ces économies se trouvent en Europe et en Asie Centrale, région qui affiche l’écart le moins important entre efficience et qualité. C’est dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord que l’on observe les plus grandes mesures de l’efficience et des mesures de la qualité3.

Figure 01 : La région Moyen-Orient et Afrique du Nord affiche les plus gros écarts entre l’efficience et la qualité de la réglementation

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Source: Base de données Doing Business.

L’indice de liberté économique :

Une mesure bien connue du climat de l’investissement est l’indicateur de la liberté économique, publié annuellement par la Heritage Foundation. Créé en 1995 par « The Heritage Foundation » et le « Wall Street Journal », l’indice de liberté économique est un ensemble de 10 indicateurs économiques regroupés en quatre catégories qui sont : la protection des droits de propriété, la taille de l’Etat, la politique budgétaire et monétaire et la lutte contre la corruption qui permettent de mesurer la liberté économique dans les différents pays du monde pondérés de façon égale. Cet indice, conceptualisé par le lauréat Nobel Milton Friedman, est considéré comme la première référence scientifique dans le domaine de la liberté économique4.

L’indice se base sur les statistiques de la banque mondiale du FMI et de l’Economist Intelligence Unit, il est composé de 10 sous-indices : liberté d’entreprise, liberté des échanges, poids des taxes et impôts, dépense du gouvernement, stabilité monétaire, liberté d’investissement, dérégulation financière, protection de la propriété privée, lutte contre la corruption et libéralisation du travail. Il classe les 178 pays étudiés cette année en cinq grandes catégories sur une échelle allant de 40 points (les moins libres) à 100 points (les plus libres): «libres» (80-100 points), «plutôt libres» (70-79,9 points), «modérément libres» (score 60-69,9 points), «plutôt pas libres» (50-59,9 points) et «réprimant la liberté» (40-49,9 points).

L’Algérie dans l’indice de liberté économique :

La liberté économique dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA) a totalement changé en 2017 par rapport à l’année précédente, mais elle est toujours en recul par rapport aux années précédentes, selon l’indice de la fondation américaine Heritage Foundation et du Wall Street Journal qui mesure le niveau de liberté économique dans 178 pays.

L’indice varie de 0 à 100, la borne supérieure correspondant au niveau de liberté le plus élevé. La moyenne régionale s’est établie à 61,5% en 2016 et 2017, contre 61,9% en 2015 et 62,4% en 2014. Le niveau de liberté économique dans la région est légèrement au-dessus de la moyenne mondiale de 60,3%.

Les pays du Golfe ont marqué un score de 68,3%, tandis que la note des autres pays arabes s’est élevée à 57%, en-dessous de la moyenne mondiale5.

Sept pays ont régressé tandis que deux pays ont conservé le même rang. Dans l’ensemble, le niveau de liberté économique s’est amélioré dans six pays, dont l’Arabie Saoudite et la Tunisie et a diminué dans sept pays, dont le Koweït, le sultanat d’Oman, la Jordanie, le Liban, le Maroc, l’Egypte et le Yémen (sans compter la Syrie, la Libye et l’Irak, dont les données n’étaient pas disponibles, et l’Iran, pays non-arabe inclus dans le classement et dont la liberté économique a également reculé).

Bahreïn reste le pays le plus libre économiquement et le seul de la région à se classer parmi les 20 premiers mondiaux, tandis que l’Egypte (144ème), l’Iran (155ème) et l’Algérie (172ème) ; sont arrivés au bas du classement mondial. Selon le rapport, trois pays appartiennent en outre à la catégorie « quasiment libres » tandis que cinq pays ont des économies «modérément libres» et sept sont classés sous la catégorie « quasiment fermées ».

L’économie de la Jordanie a été rétrogradée vers la catégorie «modérément libre» tandis que l’économie algérienne a progressé, passant de la catégorie « fermée » à la catégorie « quasiment fermée »6.

Tableau N°3-14: Le classement des pays MOAN suivant l’indice de la liberté économique

Pays Rang mondial Rang régional Score 2017 Obs Rang mondial Rang régional Score 2016 Obs Variation
Les Emirats Arabes Unies 8 1 76,9 plutôt libres 25 2 72.6 plutôt libres +4.3
Le Qatar 29 2 73,1 plutôt libres 34 3 70.7 plutôt libres +2.4
Le Bahreïn 44 4 68,5 Modérément libre 18 1 74.3 plutôt libres -5.8
La Jordanie 53 5 66,7 Modérément libre 46 5 68.3 Modérément libre -1.6
Le Kuwait 61 6 65,1 Modérément libre 74 7 62.7 Modérément libre +2.4
L’Arabie Saoudite 64 7 64,4 Modérément libre 78 8 62.1 Modérément libre +2.3
Sultan d’Oman 82 8 62,1 Modérément libre 52 6 67.1 Modérément libre -5.0
Le Maroc 86 9 61,5 Modérément libre 85 9 61.3 Modérément libre +0.2
La Tunisie 123 10 55,7 plutôt pas libres 114 11 57.6 plutôt pas libres -1.9
Le Lebanon 137 11 53,3 plutôt pas libres 98 10 59.5 plutôt pas libres -6.2
L’Egypt 144 12 52,6 plutôt pas libres 125 12 56.0 plutôt pas libres -3.4
L’Iran 155 13 50,5 plutôt pas libres 171 14 43.5 Fermée +7.0
L’Algerie 172 14 46,5 Fermée 154 13 50.1 plutôt pas libres -3.6
L’Iraq
La Lybie
La Syrie
Le Yémen

Source : www.heritage.org/index/country.

L’Algérie se classe à la 172ème place mondiale (sur 178 pays étudiés) en termes d’indice de liberté économique de l’année 2017 et à la 13ème place par classement régionale publié le 1er février dernier. Sur le plan africain, l’Algérie pointe à la 41e place, loin derrière le Maroc (9ème), la Tunisie (19ème) et l’Égypte (26ème). L’île Maurice, le Botswana et le Cap- Vert qui occupent les trois premières places de ce classement africain sont les économies les plus libres en Afrique, selon l’indice de liberté économique 2017.

Le tableau ci-après montre la valeur des indicateurs qui compose l’indice de liberté économique en Algérie. Suivant l’indice de l’ouverture économique, et comme l’indique le tableau l’Algérie est un pays fermé. Et ce la ce traduit par un effet négatif sur le flux des IDE en Algérie et c’est un entrave qui limite le désir des investisseurs étrangers de localiser leurs firmes en Algérie7.

Tableau N°3-15: Valeur de l’indice de la liberté économique en Algérie

Pays Valeur Globale De l’indice liberté d’entreprise liberté des échanges liberté d’investir dépense du gouvernement Stabilité monétaire Dérégulation Financière Protection DDP Poids des taxes et impôts Libéra- lisation Du travail Efficacité judiciaire
L’Algérie Classée 172ème 46.5 62.1 63.3 35.0 51.0 67.0 30.0 38.2 50.45 49.5 29.6

Source : www.heritage.org/index/country/algerie.

________________________

1 http://www.algerie-focus.com/2015/10/doing-business-2016la-bureaucratie-empeche-le-developpement-economique-de-lalgerie

2 Banque Mondale, Rapport Doing business 2016.p6

3 Banque Mondiale, Rapport Doing business 2016.p11

4 http://www.libinst.ch/?i=2017-indice-de-liberte-economique–fr

5 http://www.heritage.org/international-economies/report/2016-index-economic-freedom-yet-more-evidence.

6 www.heritage.org/index/country.

7 www.heritage.org/index/country/algerie.

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