Modèle VDSL : profil, ligne de vue et minimisation des coûts

3.6 Résultats du modèle VDSL

Après avoir analysé en profondeur les conditions d’utilisation de systèmes OSF au sein d’un réseau ADSL, il serait intéressant de voir si cette technologie ne serait pas plus adéquate pour fournir des services VDSL à bande passante plus élevée. Nous avons en effet pu observer que la technologie OSF (technologie Optique Sans Fil) est particulièrement concurrentielle pour des liens à bandes passantes élevées et que des économies d’échelle substantielles peuvent être réalisées. Voyons donc comment l’adéquation des systèmes OSF dans un réseau VDSL est influencée par les contraintes étudiées. Remarquons que nous pouvons directement exclure le dispositif à 10 Mbps car il ne permet pas d’atteindre les 25 Mbps promis par l’opérateur VDSL. Les résultats du modèle VDSL sont disponibles dans l’annexe n°7.

a) Condition de profil « distance-bande passante » adéquat

Le tableau n°41 montre le nombre de communes adéquates en ce qui concerne la densité d’utilisateurs pour les dispositifs de bandes passantes différentes. Le résultat diffère fortement de celui obtenu pour les réseaux ADSL où le nombre de communes adéquates était monotone décroissant en fonction de la bande passante des dispositifs. Nous observons pour les réseaux VDSL que toutes les communes sont adéquates pour les dispositifs à 50 et 622 Mbps, que seulement 21 communes sont adéquates pour les dispositifs à 155 Mbps et qu’aucune commune ne convient pour les autres dispositifs.

Tableau n°41: Portée compétitive et communes adéquates du point de vue de la densité d’utilisateurs en fonction de la bande passante

BANDE PASSANTE

PORTEE COMPETITIVE OSF (technologie Optique Sans Fil)

COMMUNES ADEQUATES (50% part de marché)

50 Mbps

2500 m

589

155 Mbps

2000 m

21

622 Mbps

2300 m

589

1250 Mbps

1500 m

0

2500 Mbps

800 m

0

Source : calculs personnels

Afin d’expliquer ces résultats particuliers, il est nécessaire de bien comprendre le fonctionnement de notre modèle. Lorsque celui-ci détermine le rayon requis pour la zone de portée d’un DSLAM, il compare deux rayons:

– Celui qui permet de remplir la capacité du dispositif OSF (technologie Optique Sans Fil) en fonction de la densité d’utilisateurs

– Le rayon maximal imposé par les limites de la technologie xDSL, càd la distance maximale entre le DSLAM et l’utilisateur.

Le modèle choisit ensuite le plus petit des deux comme rayon requis et vérifie si la distance entre deux DSLAM qui en résulte est compatible avec la portée compétitive du dispositif OSF (technologie Optique Sans Fil).

Les résultats obtenus peuvent être expliqués par la combinaison de deux facteurs:

– La technologie VDSL ne peut qu’atteindre des clients situés à moins d’un kilomètre du DSLAM

– Nous avons supposé une densité d’utilisateurs VDSL plus faible que celle des utilisateurs ADSL.

Il en résulte que le rayon nécessaire à remplir la capacité du DSLAM est presque toujours supérieur à celui imposé par les limites de la technologie VDSL. Le rayon déterminé par le modèle pour la zone de portée du DSLAM sera donc toujours environ d’un kilomètre et la distance requise entre deux DSLAM environ de deux kilomètres. Comparons cette distance de deux kilomètres aux portées compétitives77 des dispositifs OSF également mentionnées dans le tableau n°41. Pour les dispositifs dont la portée compétitive est supérieure à 2000 mètres, toutes les communes conviennent et pour ceux dont la portée compétitive est inférieure à cette distance, aucune commune ne convient. Le dispositif à 155 Mbps, qui présente une portée compétitive de 2000 mètres, n’est adéquat que pour quelques communes parmi les plus denses.

b) Conditions de ligne de vue

Le Tableau n°42 montre le nombre de communes adéquates du point de vue de la topologie pour les dispositifs de bandes passantes différentes. Nous observons que presque tous les dispositifs sont adéquats dans 55 communes. La raison de ce résultat particulier est la même que celle expliquée précédemment. Comme la distance requise entre deux DSLAM est presque toujours égale à environ deux kilomètres, la densité d’immeubles adéquats requise est presque toujours égale à environ 1 par 3 km². Il y a donc environ 55 communes belges ayant une densité d’immeubles adéquats supérieure à 1 par 3 km².

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77 Ces portées compétitives ne sont pas monotones décroissantes en fonction de la bande passante des dispositifs en raison d’un passage entre les dispositifs à 155 et 622 Mbps, d’une technologie à micro ondes à une technologie à ondes millimétriques

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Tableau n°42: Communes belges adéquates du point de vue de la topologie

BANDE PASSANTE

COMMUNESE ADEQUATES

50 Mbps

48 communes

155 Mbps

55 communes

622 Mbps

55 communes

1250 Mbps

55 communes

2500 Mbps

55 communes

Source : calculs personnels

c) Minimisation des coûts

Le tableau n°43 représente les coûts moyens par utilisateur par an et par mois de l’emploi de technologies OSF (technologie Optique Sans Fil) entre le CO et le DSLAM dans un réseau VDSL.

Nous pouvons voir qu’il n’existe plus d’économies d’échelle lorsqu’on passe du modèle à 155 Mbps à celui à 622 Mbps. Les modèles à 622 Mbps fonctionnent en effet presque toujours en sous capacité, puisque la densité d’utilisateurs n’est pas suffisante et que la distance entre le DSLAM et un utilisateur est limitée à un kilomètre.

Tableau n°43: Coûts moyens par utilisateur par an et par mois en fonction de la bande passante

BANDE PASSANTE

Coûts moyens / Utilisateur / An

Coûts moyens / Utilisateur / mois

50

1431 €

119 €

155

488 €

41 €

622

535 €

46 €

1250

/

/

2500

/

/

Source : calculs personnels

Etant donné que seuls quelques opérateurs asiatiques offrent à ce jour des services VDSL expérimentaux, il est assez difficile d’estimer le prix que seraient prêts à payer les consommateurs. Les tarifs pratiqués par l’opérateur Japonais NTT78 sont d’environ

21 euros79 par mois pour un service à 25 Mbps. Notons que ce prix est seulement supérieur d’environ un euro à celui demandé pour un service ADSL classique chez ce même opérateur japonais. Nous ne pourrons pas utiliser ce tarif comme référence, puisqu’il est bien inférieur au prix demandé en moyenne en Europe pour une connexion ADSL.

La différence de prix ADSL / VDSL pratiquée par NNT nous fournit cependant une information intéressante sur la plus-value apportée par une connexion VDSL par rapport à une connexion ADSL. Bien qu’une connexion VDSL soit environ 8 fois plus rapide, cela ne multiplie pas par 8 son utilité ou ses capacités de divertissement.

A part la vidéo à la demande de qualité DVD, la plupart des applications multimédia envisageables sont actuellement supportées pas les connexions ADSL. C’est pourquoi nous estimerons le prix d’une connexion VDSL en Europe entre 50 et 110 euros par mois. Sous ces hypothèses, les coûts engendrés par l’utilisation de liens OSF varieraient entre 40 et 240 % des revenus. Ceci disqualifierait totalement l’utilisation des technologies OSF (technologie Optique Sans Fil).

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78 http://www.ntt-east.co.jp/product_e/05/2.html

79 2888 Yen par mois, avec un taux de conversion de 135 Yen/Euro

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d) Conclusion VDSL

Bien qu’intuitivement, les connexions VDSL, comparables à des connexions ADSL à très haut débit, pourraient sembler plus adéquates pour être alimentées par des liens OSF (technologie Optique Sans Fil), nous obtenons un résultat contraire.

Les points suivants différencient le plus les connexions VDSL par rapport aux connexions ADSL, telles que nous les avons paramétrées dans notre modèle:

– Une bande passante plus importante par utilisateur

– Une distance plus courte entre le DSLAM et l’utilisateur

– Une densité d’utilisateurs moindre

La distance plus courte entre le DSLAM et l’utilisateur implique de réduire la surface couverte par la zone de portée d’un DSLAM. La densité d’utilisateurs moindre, par contre, nécessiterait le contraire.

Alors que les dispositifs de bande passante plus faible seraient capables, par leur portée, de desservir des zones permettant de remplir leur capacité, ils sont contraints de couvrir des surfaces plus faibles du fait de la distance limitée entre le DSLAM et l’utilisateur et donc de travailler en sous- capacité.

En ce qui concerne les dipositifs de bande passante plus importante, ils sont également obligés de travailler en sous-capcité, comme leur portée ne leur permet même pas de desservir les zones de taille maximale.

De plus, la forte augmentation de bande passante requise par les services VDSL ne sera probablement pas accompagnée d’une augmentation équivalente des revenus, essentiellement en raison d’une valeur ajoutée limitée de la bande passante additionnelle.

La combinaison de ces facteurs de sous-capacité et de réduction du revenu par Mbps offert entraîne une forte réduction de la rentabilité potentielle des connexions VDSL alimentées par OSF (technologie Optique Sans Fil), ce qui nous pousse à prescrire cette solution.

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