Quels impacts environnementaux d’implantation d’IKEA ?

27 April 2013 | Economie et Gestion

C. Quels impacts environnementaux et quelles nuisances à craindre ?

Compte tenu des huit millions de visiteurs par an espérés par IKEA, il est évident que la circulation va encore beaucoup s’alourdir dans cette entrée d’agglomération qui déjà est l’un des points-noirs du territoire. Déjà en octobre 2009, on pouvait lire dans le n°1 de la Lettre de la Communauté d’Agglomération que « la congestion des axes a empiré depuis cinq ans. Les entrées d’agglomération, les axes majeurs sont engorgés. […] Avec 20 000 nouveaux habitants d’ici 2020 sur le périmètre du SCOT et 3,5% en plus de trafic par an, l’agglomération est menacée d’auto-strangulation ». Par ailleurs, on lisait aussi dans ce document qu’avec « 80% de déplacements en voiture, 12% à pied et 4% en transport en commun, l’agglomération du BAB figure parmi les moins éco-mobiles de France ».

Selon les chiffres fournis dans ce même document, « ce trafic automobile est la première cause d’émissions de polluants atmosphériques. Le transport des personnes y représente 60% des émissions de gaz à effet de serre avec 650 000 tonnes équivalent CO2 par an ».

Même si les élus locaux et la population ont pris conscience du problème et que le prix de l’essence ne finit pas de grimper, rien ne permet de dire aujourd’hui que la tendance puisse vraiment s’inverser à court ou moyen terme. A ce trafic déjà très lourd, s’ajoutera donc bientôt celui d’IKEA qui évalue que 80% de ses clients arriveront par les deux autoroutes (60% accédant par l’A63), soit huit cent véhicules par heure en moyenne, sur une journée normale. Qu’en sera-t-il le week-end ?

Les associations « Mouguerre Cadre de Vie » et Bizi sont montées au créneau pour s’inquiéter de ces nuisances et des autres risques de pollution.

– La pollution sonore : IKEA prévoit une augmentation du bruit mais qui resterait dans les normes autorisées et ne gênerait pas les riverains. Pourtant, dans le n°1 de la Lettre de la Communauté d’Agglomération en octobre 2009, on pouvait lire : « le bruit est une source réelle de nuisances. Principal facteur incriminé ? La circulation. La prédominance de la voiture entraîne également une insécurité routière ».

Même si l’augmentation du bruit généré par IKEA reste « règlementaire », qu’en sera-t-il du vécu des habitants avec un trafic moyen journalier chez IKEA évalué à 25 600 voitures ?



Comme illustré dans le graphique 10, près de 62% des habitants qui ont répondu au questionnaire redoutent les nuisances que va générer l’arrivée d’IKEA à Ametzondo et les associations « Mouguerre Cadre de Vie » et Bizi demandent la garantie formelle que le magasin restera bien fermé le dimanche pour laisser une journée de calme dans cette zone.

enquête Liouize ALI, février-avril 2012
Graphique 10, enquête Liouize ALI, février-avril 2012

– La poll uti on de l’air est aussi une question sensible. Comme tous les centres commerciaux, IKEA Ametzondo sera ouvert « aux quatre vents ». Si les clients ne feront que passer, les salariés seront exposés à ce risque de pollution. En effet, le groupe IKEA a obtenu une dérogation pour s’implanter à trente mètres de l’autoroute contre cent habituellement, selon l’amendement Dupont du 2 février 1995 (art. 111-1-4 du Code de l’urbanisme). Cet amendement interdit toute construction en dehors des zones urbanisées dans une bande de cent mètres par rapport à l’autoroute. Cependant, cette norme est opposable à partir du moment où le volet paysager apparait dans le PLU, ce qui est le cas du territoire où s’implantera IKEA. Or la situation interpelle, lorsqu’on sait que les Autoroutes du Sud de la France ont recommandé de respecter ces cent mètres d’inconstructibilité.

L’association « Mouguerre Cadre de Vie » a déposée un recours contre la dérogation accordée à IKEA par le SMAZA (Syndicat Mixte d’Aménagement de la Zone d’Ametzondo), car elle juge que la santé des 1 100 employés du futur centre commercial sera soumise à un nouveau risque. Martine Bouchet, présidente de « Mouguerre Cadre de vie », souligne que «le seuil de dioxyde d’azote (NO 2) à ne pas dépasser est de 40µg/ m³ », alors que le niveau de NO 2 produit sur l’A63 est de 25 à 30 (voire 40) µg/m³ avec le nouvel aménagement de la « deux fois trois voies », d’où les craintes de troubles respiratoires pour les salariés du futur complexe.

Pour sa part, l’Agence Régionale de Santé Aquitaine a émis un avis favorable à la demande de permis de construire d’IKEA, estimant que le projet a pris en compte les risques environnementaux et sanitaires.

– A ces deux risques de nuisances, on doit rajouter les risques de pollution lumineuse et de l’eau.

La première, parce que la voirie autour du centre commercial sera très certainement éclairée, de même que les bâtiments. La seconde parce que les eaux de ruissellement qui s’écoulent normalement vers le Limpou se déverseront directement dans l’Adour. Aussi, lorsqu’il y aura des fortes pluies, l’impact de ces eaux non traitées se ressentira au-delà de l’agglomération basque.

En ce qui concerne les eaux de pluie dans le site lui-même, IKEA assure qu’elles seront récupérées et utilisées pour l’arrosage des espaces verts, pour les sanitaires et le lavage des espaces extérieurs, et aussi envoyées dans les bassins de rétention.

enquête Liouize ALI, février-avril 2012
Graphique 11, enquête Liouize ALI, février-avril 2012

Malgré les assurances données par IKEA et les accords des instances sanitaires et de santé dans le cadre de l’étude d’impact, 65% des habitants qui ont répondu au questionnaire pensent que l’implantation du Centre Commercial de IKEA entraînera une pollution au niveau de l’environnement (cf. graphique 11).

Lire le mémoire complet ==> (L’implantation d’IKEA à Bayonne : Quels impacts, mutation, et enjeux sur le(s) territoire(s) ?)
Mémoire de Master 1 « Géographie : Dynamiques, Territoires, Pasages »
Université d’Argers

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