PARTIE I – ANALYSE DE L’ECONOMIE SOCIALE AU MAROC
Chapitre I: La situation de l’économie sociale au Maroc
Le Maroc réalise un effort humain et financier important pour appuyer le développement économique et social, en destinant des fonds et en établissant des structures de dialogue bilatérales et multilatérales.
Section 1
Pourquoi l’économie sociale ?
- 1. Un fondement actuel:
Avec l’aggravation de la crise économique, les phénomènes de pauvreté et d’exclusion sociale ont pris une ampleur considérable. La restructuration de l’Etat et la contraction des dépenses publiques ont conduit les pouvoirs publics à diminuer la part de budget consacrée aux services de base tels que l’alimentation, l’éducation et la formation, la santé et la sécurité sociale, l’hydraulique ou encore l’habitat.
« La marge de l’Etat dans sa fonction de redistribution et de l’emploi étant réduite, la population se trouve plus que jamais contrainte de développer de nouvelles formes de solidarité et d’entraide, économiques et sociales tout à la fois afin de résoudre les problèmes les plus cruciaux auxquels elle est confrontée.
Aussi, assiste-t-on, depuis une dizaine d’années, à un véritable foisonnement d’organisations de type coopératif mutualiste et associatif qui se créent dans le sillage des mouvements paysans et ouvriers, des mouvements de développement communautaire ou de quartier ou au cœur des activités de secteur informel. Ces organisations se développent sans guère compter sur l’intervention publique et s’inspirent généralement d’initiatives et de pratiques existantes » (1) .
De manière générale, les points d’entrée dans le processus d’émergence d’activités de l’économie sociale sont axés sur la satisfaction des besoins primaires ou essentiels( alimentation, eau, santé, éducation et logement) de la population.
- 2. Des raisons historiques
Il faudra attendre le début de 20ème siècle pour que des lois offrent un cadre juridique aux formes d’organisation (coopératives, mutualité, association sans but lucratif) qui composeront l’économie sociale moderne.
(1): « l’économie sociale comme outil de lutte contre l’exclusion et la pauvreté »; STEP Research Group on civil Society
and Social Economy, Rapport final an BIT(programme STEP), volume II, Août 2001.
(2): P. Nourrisson (1920), cité par Defourny et Develtere( op.cit.)
Certaines expériences, sur tout de type coopératif, se sont inscrites dans le cadre de vastes projets politiques qui les ont souvent instrumentalisés; le plus souvent dans la recherche d’une « troisième voie » de développement entre capitalisme et socialisme centralisé.