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Université de Yaoundé I - Faculté des arts, lettres et sciences humaines
Mémoire présenté en vue de l’obtention du diplôme de Master en Linguistique Générale - Juillet 2017

La structure de la phrase interrogative en Shupamem

  1. La structure de la phrase interrogative en Shupamem
  2. Comment l’interrogation est formée en Shupamem
  3. La structure de la phrase interrogative en Shupamem
  4. Origine du peuple bamoun et localisation du langue Shupamem
  5. Les consonnes et les voyelles en Shupamem
  6. Les classes nominales et les verbes en Shupamem
  7. Les temps verbaux en Shupamem : présent, futur et passé
  8. Construction périodique et directionnelle du verbe en Shupamem
  9. La négation en Shupamem : présent, futur et passé
  10. Le programme minimaliste : la fusion interne et le déplacement
  11. Les contraintes d’économie universelle et On Wh-movement
  12. Shupamem : marqueurs de l’interrogation et adjectifs interrogatifs
  13. Les adverbes interrogatifs en Shupamem
  14. Shupamem : marqueurs de l’interrogation ə̀, mə̀, nə̀, ì et nì
  15. phrase de base : Type d’interrogations en Shupamem
  16. L’interrogation Qu, la langue Shupamem
  17. Constituants de l’interrogation partielle directe en Shupamem
  18. Shupamem : interrogation alternative et interrogation oratoire
  19. L’interrogation averbale en Shupamem
  20. Analyse des interrogations à Qu multiple
  21. La focalisation du sujet et l’éclatement de SC en Shupamem
  22. Shupamem : la focalisation du complément d’objet direct
  23. Focalisation des adjoints non et la topicalisation en Shupamem 
  24. La relativation du complément circonstanciel et d’objet indirect
  25. La cartographie de la périphérie gauche en Shupamem

La structure de la phrase interrogative en Shupamem

0.8 Méthodologie

Il sera question pour nous ici de parler de la méthodologie que nous avons utilisée dans le cadre de ce travail.

0.8.1 Approche minimaliste

L’approche minimaliste est une approche descriptive et en même temps explicative. Car ici, il est question de décrire les phénomènes que nous observons mais aussi de les expliquer c’est-à-dire de donner les raisons de tel ou de tel comportement linguistique.

C’est pour cette raison que nous avons opté pour cette approche car elle va inévitablement nous permettre de comprendre certaines structures syntaxiques des phrases interrogatives en Shupamem.

0.8.2 Démarche empirico-inductive

Dans ce travail, nous allons utiliser la démarche empirico-inductive. Ici on ne part pas a priori d’une théorie, mais, on part d’une problématique, c’est-à-dire d’une question que l’on pose à un ensemble de phénomènes. On va d’abord recueillir de nombreuses données, les catégoriser et les ordonner.

Et par la suite, on formule un schéma de compréhension organisant la compréhension du fonctionnement global des phénomènes. C’est pourquoi Gondard-Delcroix (2007 :26) estime que “cette méthode est plus apte à révéler une information à la fois riche et précise”.

La méthode empirico-inductive consiste à s’interroger sur le fonctionnement et sur la signification de phénomènes humains qui éveillent la curiosité du chercheur.

Elle recherche des réponses dans les données, en incluant les interactions mutuelles entre les diverses variables observables dans le contexte global d’apparition du phénomène, dans son environnement, ainsi que les représentations que les sujets s’en font (enquêteur comme enquêtés, l’observateur étant également observé) .

II s’agit de comprendre c’est-à-dire de donner du sens à des évènements spécifiques et non d’expliquer des lois universelles de causalité. Selon Gondard-Delcroix op.cit., cette approche méthodologique et épistémologique se caractérise par les dix points suivants :

  1. Une recherche qualitative est inductive : les chercheurs tentent de développer une compréhension des phénomènes à partir d’un tissu de données, plutôt que de recueillir des données pour évaluer un modèle théorique préconçu ou des hypothèses a priori ;
  2. Dans une méthodologie qualitative, les sujets ou les groupes ne sont pas réduits à des variables, mais sont considérés comme un tout : le chercheur qualitatif étudie le contexte dans lequel évoluent les personnes ainsi que le passé de ces dernières ;
  3. Le chercheur est attentif à l’effet qu’il produit sur les personnes concernées par son étude : cet effet d’interaction inévitable doit être pris en compte dans l’interprétation des données ;
  4. Le chercheur essaie de comprendre les sujets à partir de leur système de référence : il observe la signification sociale attribuée par les sujets au monde qui les entoure ;
  5. Le chercheur ne met pas ses propres convictions, perspectives et prédispositions en avant : rien n’est pris d’emblée comme « vérité » ;
  6. Tous les points de vue sont précieux ;
  7. Les méthodes qualitatives relèvent d’un courant humaniste qui implique l’ouverture à l’autre et au social ;
  8. Les chercheurs insistent sur la qualité de validité de leur recherche : en observant les sujets dans leur vie quotidienne, en les écoutant parler, ils obtiennent des données non filtrées et donc non tronquées par des concepts a priori, des définitions opérationnelles ou des échelles de mesure et de niveau ;
  9. Tous les sujets sont dignes d’étude mais restent uniques ;
  10. La recherche qualitative exige, plus que l’utilisation des techniques, un savoir-faire : elle n’est pas standardisée comme une approche quantitative et les manières d’y parvenir sont souples ; le chercheur crée lui-même sa propre méthodologie en fonction de son terrain d’observation.

0.8.3Démarche hypothético-déductive

La démarche hypothético-déductive est une méthode scientifique qui consiste à formuler une hypothèse afin d’en déduire des conséquences observables futures (prédiction) , mais également passées (rétrodiction) , permettant d’en déterminer la validité.

Elle part du connu pour arriver à l’inconnu, du particulier pour aller au général, du concret pour aller vers l’abstrait. Elle est une méthode de recherche qui vise à conduire l’apprenant à une vérité à laquelle on voudrait aboutir.

0.8.4 Population de recherche

La population d’étude est l’ensemble dont les éléments sont choisis parce qu’ils possèdent tous une ou plusieurs caractéristiques communes et sont de même nature. Deux termes sont très importants quand on parle de la population de recherche. Il s’agit de la population cible et de la population accessible.

0.8.4.1 Population cible

Selon Njifon (2011) , la population cible est l’ensemble des individus sur lesquels les résultats d’une étude peuvent être appliqués. Le résultat de cette recherche sera important aux chercheurs qui s’intéressent au Shupamem.

0.8.4.2Population accessible

La population accessible est la partie de la population dont l’accès s’offre aisément au chercheur sans difficultés manifestes. La population accessible de notre recherche est tout locuteur natif du Shupamem et qui a une maîtrise parfaite du Shupamem.

0.8.5Echantillon de recherche

Un échantillon est un ensemble d’individus extraits d’une population étudiée de manière à ce qu’il soit représentatif de cette population, au moins pour l’objet de l’étude.

Pour ce faire, on peut le tirer de façon aléatoire, par un ensemble de méthodes mathématiquement très contraignantes, ou quand ces méthodes se révèlent impossibles à appliquer, par des méthodes pratiques comme la méthode des quotas1.

0.8.6 Instruments de collecte de données

Pour conduire notre analyse, nous avons collecté les données auprès de nos informateurs. Pour ce faire, nous avons utilisé les instruments de collecte de données qui sont le questionnaire et l’interview.

0.9Revue de la littérature

Bien qu’étant une langue peu étudiée, le Shupamem a tout de même constitué un champ d’étude à bon nombre de personnes. C’est ainsi que quelques travaux ont été recensés à savoir :

  1. Esquisse phonologique du bamoun, (Boum 1977) ;
  2. Le verbe en bamoun, (Djeunou 1981) ;
  3. La structure phrastique du Shupamem : Une approche générativiste, (Ondoua 2004) ;
  4. Une analyse minimaliste et dérivationnelle de la morphosyntaxe du Shupamem, (Nchare 2005) ;
  5. The grammar of Shupamem, (Nchare 2012) .

Boum (1977) , dans “Esquisse phonologique du bamoun’’ a mené une étude sur la phonologie du Shupamem, ce qui lui a permis de répertorier les consonnes et les voyelles dans cette langue et de dresser les différents tableaux consonantiques et vocaliques en Shupamem ; toute chose qui nous permet d’avoir une idée sur sa phonologie.

1Pourcentage respectif des différentes catégories démographiques ou socioprofessionnelles qui constituent une population totale, qui permet d’établir un échantillon représentatif dans une enquête par sondage.

Djeunou (1981) , dans “Le verbe en bamoun’’, s’est attelé à étudier le verbe en Shupamem. Cette étude occupe une place très importante parce que faisant partie des toutes premières études menées sur le verbe en Shupamem.

Djeunou (1981) a étudié la structure du verbe en Shupamem pour cela ; il a pu identifier le marqueur de l’infinitif en Shupamem et la place que ce marqueur occupe.

Par ailleurs, il a aussi étudié la dérivation verbale en Shupamem. C’est justement pour cette raison qu’il a parlé de l’aspect, du temps et du mode dans cette langue.

Ondoua (2004) , dans “La structure phrastique du Shupamem : Une approche générativiste’’, étudie la structure de la phrase en Shupamem. Il analyse en particulier la structure des syntagmes et celle des phrases.

Nchare (2005) , dans “Une analyse minimaliste et dérivationnelle de la morphosyntaxe du Shupamem’’ s’est attelé à parler du Shupamem sur le plan de sa morphologie et de sa syntaxe. A travers cette étude, Nchare étudie les mouvements des constituants en Shupamem ainsi que les propriétés morphosyntaxiques de cette langue.

Et pour se faire, il a étudié la morphosyntaxe2 du syntagme du déterminant et cela lui a permis

d’établir les différentes classes morphologiques et sémantiques du substantif en Shupamem.

Par la suite, il a aussi examiné la morphosyntaxe du syntagme verbal ou il a étudié le système aspecto-temporel et modal, ceci pour avoir une idée claire et précise sur les éléments qui constituent le syntagme verbal en Shupamem.

En outre, Nchare (2005) a étudié la morphosyntaxe de la négation pour savoir les éléments du syntagme de la négation en Shupamem.

Nchare (2005) a aussi étudié les questions en Shupamem et de cette étude, il ressort que c’est la focalisation qui déclenche le mouvement du syntagme Qu en Shupamem.

Finalement, Nchare (2005) nous a permis de comprendre à travers cette étude que la variation dans l’ordre des mots se traduit par les déplacements de certains constituants vers les différentes positions dans la phrase. En fait ceci revient à dire que la structure de la phrase varie avec le type de phrase.

2 Selon Parisse (2010) , la morphosyntaxe concerne l’ensemble des structures qui permettent de construire grammaticalement un énoncé. Elle porte aussi bien sur les formes des mots flexions régulières et irrégulières, variantes irrégulières de certains noms et verbes, l’agencement des marques syntaxiques autour du nom (déterminants, etc.) , du verbe (pronoms, etc.) , de l’adjectif, de l’adverbe, et enfin de l’organisation des mots et groupes de mots dans un énoncé ou une phrase. Dans la langue française, tous les niveaux d’organisation langagière sont touchés de manière importante par la morphosyntaxe. On distinguera quatre niveaux de morphosyntaxe : lexical (racine des mots) , flexionnel (terminaison des mots) , contextuel (marqueurs syntaxiques ayant un caractère obligatoire et dont l’emplacement est strictement déterminé) et positionnel (organisation des mots ou groupes de mots présentant une certaine flexibilité) . Ces quatre niveaux d’organisation correspondent le plus souvent à l’âge des structures langagières et à leur évolution au cours du temps, des plus anciennes (lexicales) au plus récentes (positionnelles) . Par contre, l’utilisation est largement indépendante de l’âge des structures et tous les niveaux interagissent dans la morphosyntaxe du français actuel.

Dans la thèse de Nchare (2012) intitulé “The grammar of Shupamem’’, il a mené une étude globalisante sur le Shupamem, c’est ainsi qu’il a examiné tour à tour la phonétique, la phonologie, la sémantique et la syntaxe. Ce qui nous permet de dire qu’il a étudié des aspects très variés de la grammaire du Shupamem.

La structure de la phrase interrogative en Shupamem

0.10 Corpus

Pour réaliser ce travail, nous avons collecté les données sur le terrain. La collecte des données s’est faite par le biais d’un questionnaire. Notre questionnaire a été divisé en quatre parties. La première partie nous a permis d’identifier les marqueurs de l’interrogation en Shupamem.

La deuxième partie quant à elle a contribué à l’identification des types et des formes des phrases interrogatives en Shupamem. La troisième partie était consacrée sur les structures des interrogations en Shupamem.

La quatrième partie nous a permis de parler de la focalisation, de la topicalisation et de la relativation en Shupamem. Nous avons aussi utilisé les interviews pour collecter nos données.

Ces interviews avaient pour but d’amener nos informateurs à nous apporter plus de clarifications sur certains aspects importants du Shupamem tels que les interrogations averbales, les interrogations à Qu in-situ ou à Qu ex- situ.

Nous avons aussi utilisé les documents écrits sur le Shupamem tels que le mémoire de DEA de Nchare (2005) intitulé : “Une étude minimaliste et dérivationnelle de la morphosyntaxe du Shupamem’’, le livre d’Emmanuel Matateyou (2008) , “Palabres au Cameroun’’. Nous avons aussi utilisé la thèse de Nchare (2012) intitulé : “The grammar of Shupamem’’.

Le tableau ci-dessous est celui de nos informateurs.

Tableau 1 : Les informateurs

INFORMANTEURS STATUS SOCIAL RESIDENCE AGE SEXE
M. MBOUOBOUO Mama Enseignant de français Foumban 45 M
M. NJIKAM Chouaibou Commerçant Foumbot 50 M
Mme NJAPDOUNKE Mariama Enseignante de français Foumban 49 F
M. CHAYOU Thomas Cultivateur Foumban 51 M
Mme MFOUNSIE Souliatou Cultivatrice Koutaba 60 F
M. PELENA Alain Commerçant Magba 51 M
M. NKUTCHEM Mathieu Instituteur retraité Malatouen 62 M

Sur le tableau ci-dessus, nous avons tous les informateurs qui nous ont aidés dans le cadre de ce travail. Nous avons par ailleurs donné les informations sur le statut social, la résidence, l’âge et le sexe de nos informateurs.

0.11 Plan du travail

Ce travail intitulé “La structure de la phrase interrogative en Shupamem’’ comporte cinq chapitres. Le chapitre 1 intitulé « Le peuple bamoun et le Shupamem » parle brièvement du peuple bamoun, tout en retraçant leur origine.

En outre, il présente un aperçu phonétique et phonologique du Shupamem. Pour finir, il recense les temps verbaux dans cette langue. Le chapitre 2 intitulé « Cadre théorique » présente la théorie sur laquelle nous nous sommes appuyés pour mener cette recherche.

Le chapitre 3 intitulé « Les marqueurs de l’interrogation en Shupamem » identifie les marqueurs de l’interrogation en Shupamem. Le chapitre 4 intitulé

«Typologie des questions en Shupamem » parle de la distribution des constituants de la phrase interrogative d’une part, et d’autre part, il identifie et explique les différents mouvements que subissent les constituants des phrases interrogatives en Shupamem.

Le chapitre 5 intitulé « La périphérie gauche en Shupamem » parle de la focalisation, de la topicalisation et de la relativation. Et par ailleurs, il nous permet aussi d’identifier la cartographie de la périphérie gauche en Shupamem.

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