Récupération et valorisation des déchets domestiques - WikiMemoires

Récupération et valorisation des déchets domestiques


Récupération des déchets domestiques

2.1.4- Récupération et valorisation des déchets domestiques

2.1.4.1- Récupération des déchets domestiques

Dans le processus de récupération des déchets domestiques, on distingue deux catégories d’acteurs à savoir ceux qui sont en amont et qui récupèrent directement des ménages et des lieux de collecte (bac à ordure) et ceux qui opèrent en aval dans les sites de décharge.
Parmi ces acteurs, les particuliers tels que les opérateurs privés, les ONG et associations sont recrutés. Les matériaux les plus courants sont le fer, l’aluminium, les matières plastiques, le verre, le papier carton (SNGDC, 2007).

2.1.4.2-Valorisation des déchets domestiques

En fonction de la nature du déchet, on distingue deux modes de valorisation au Cameroun qui sont : le mode sans transformation et le mode avec transformation (SNGDC, 2007).

2.1.4.2.1- Mode sans transformation ou recyclage

Le recyclage est un mode de gestion largement utilisé dans les ménages et les entreprises. 17,8 % des déchets industriels assimilables aux ordures ménagères font l’objet de recyclage (SNGDC, 2007).
Les déchets concernés par ce mode de valorisation sont surtout les déchets plastiques, les cartons, verres creux. Plusieurs entreprises se retrouvent au cœur du recyclage des déchets industriels banals au Cameroun : la SOCAVER pour les déchets de verres creux et SIPLAST, POLYPLAST, SOFAMAC, SICA pour les déchets plastiques (SNGDC, 2007).
Les déchets de cartons sont recyclés pour la production des alvéoles et d’autres objets en papiers moulés.
La réutilisation concerne les déchets d’emballage qui sont utilisés en état par les acteurs privés pour le conditionnement de nouveaux produits. Les cartons et les papiers font l’objet le plus souvent de réutilisation, les cartons qui sont revendus pour le conditionnement de divers objets et le déménagement (SNGDC, 2007).
Les bouteilles en plastique et en verre sont généralement réutilisées soit pour le conditionnement des denrées alimentaires (jus naturel, arachide, maïs grillé, huile rouge et raffinée), soit pour les produits cosmétiques (SNGDC, 2007).
Tous les déchets fermentescibles (drèches des brasseries et autres déchets fermentescibles de l’industrie agro-alimentaire) font l’objet de la valorisation interne soit environ 700 000 t/an. Ils sont réutilisés par l’entreprise productrice, comme fertilisants, par les éleveurs de porcs ou comme amendement organique par les entreprises agricoles (SNGDC, 2007).

2.1.4.2.2- Mode avec transformation

Les principales activités de valorisation avec transformation sont le compostage et la méthanisation (SNGDC, 2007).

• Activités de compostage

Les activités de compostage sont une forme traditionnelle et ancienne de traitement des déchets ménagers et de certains déchets industriels assimilables aux ordures ménagères, en l’occurrence les déchets biodégradables (SNGDC, 2007). La production de compost vendable n’est intéressante que si elle est réalisée à partir des déchets fermentescibles.
Les principaux paramètres de réglage du processus sont l’humidité, la température et la teneur en CO2 de l’air contenu dans la matière organique en fermentation. Cette activité est pratiquée de façon artisanale au Cameroun depuis plusieurs décennies par les planteurs, les écoles, le CIPRE, FOCARFE, l’Ecole Nationale Supérieure Polytechnique et HYSACAM (SNGDC, 2007).

• Méthanisation

Un programme « biogaz » a été développé par le CEENEMA depuis 1979. Ce programme avait pour objectif de mettre à la disposition du monde rural, à partir des ressources localement disponibles de l’énergie fournie par le biogaz et l’amendement organique provenant du compostage de digestats (SNGDC, 2007).
Suite aux difficultés financières qu’a connues le Cameroun depuis 1985, ce programme a été arrêté sans avoir pu développer l’aspect utilisation du biogaz.
Cependant, on a pu noter dans les premiers essais que les fermiers souhaitaient en dehors des besoins de cuisson, utiliser le biogaz pour la production de l’électricité, le chauffage des poussins et la réfrigération (SNGDC, 2007).

2.1.5- Composition des déchets produits par les ménages afin d’évaluer les possibilités de valorisation

Le tableau 1 donne la composition globale sur matière sèche et matière humide obtenue pour les déchets produits par les ménages en 1995 et 2011.
Tableau 1 : Composition des déchets ménagers dans la ville de Yaoundé en 1995 et 2011

Année 1995 2011
Composants Moy. (% MS) Moy. (% MB) Moy. (% MS) Moy. (% MB)
Papier/carton 3,50 % 3,70 % 5,7 % 3,5 %
Plastiques 4,10 % 2,10 % 15,7 % 9,4 %
Verre 1,60 % 2,10 % 4,5 % 1,7 %
Textiles 4,60 % 1,90 % 3,6 % 2,4 %
Textile sanitaire 0,00 % 0,00 % 1,3 % 1,5 %
Métaux 4,60 % 3,80 % 2,1 % 0,8 %
Composite 1,2 % 0,6 %
Combustibles (os, bois, cuirs) 0,3 % 0,2 %
Gravats 5,9 % 2,90 % 0,4 % 0,2 %
Déchets dangereux 0,2 % 0,1 %
D3E 0,2 % 0,1 %
Eléments fins ˂ 20 mm 27,60 % 20,90 % 5,8 % 3,6 %
Fermentescibles 47,90 % 61,70 % 58,9 % 76,0 %
Total 100,0 % 100,0 % 100,0 % 100,0 %

Source : Ngnikam et al. ( 2017)
Ce tableau montre que la fraction fermentescible des déchets ménagers est prépondérante :

  • – sur les déchets secs, elle quitte de 47, 90 % pour la campagne de 1995 à 58, 9 % pour la campagne de 2011,
  • – sur les déchets bruts, elle quitte de 61, 70 % pour la campagne de 1995 à 76, 0 % pour la campagne de 2011.

Cette forte proportion de matière organique biodégradable nécessite la mise en place d’une unité de compostage, de méthanisation ou de lombricompostage (Ngnikam et al., 2017).
Par le biais de la collecte sélective, nous arrivons à redonner vie au papier, au carton et aux contenants en métal, en verre et en plastique. Mais, il faut également réduire la quantité de matières fermentescibles (déchets organiques de jardin ou alimentaires) dans nos poubelles.
Car l’enfouissement de ces déchets, chargés d’humidité, conduit à des pollutions diverses.

2.1.6-Impacts de l’enfouissement des déchets organiques

Au site d’enfouissement, les matières putrescibles se décomposent très lentement et libèrent de l’eau chargée d’acidité. Mélangé à l’eau de pluie, ce jus acide (lixiviat) s’infiltre à travers les ordures accumulées et entraîne toutes sortes de contaminants (bactéries, polluants chimiques ou métaux lourds).
La figure 5 présente un exemple de site d’enfouissement des ordures ménagères.
Récupération des déchets domestiques - un exemple de site d’enfouissement des ordures ménagères
Figure 5 : Site d’enfouissement des ordures ménagères
Source : https://www.tco.re/wp-content/uploads/2015/12/Guide-Lombricompostage.pdf
A cause de ce phénomène, l’enfouissement des ordures présente un potentiel important de pollution des eaux souterraines et de surface.
Cette décomposition anaérobie (sans oxygène) de la matière organique s’accompagne également d’une production abondante de biogaz (mélange contenant de grandes quantités de méthane, un gaz à effet de serre puissant). C’est pourquoi, il serait important de les séparer à la source afin de les traiter de manière écologique (Sierra et al., 2011).
Parmi les traitements biologiques proposés pour la valorisation des déchets organiques, le lombricompostage est l’une des solutions pour ceux qui souhaitent réduire une bonne partie de leurs déchets ménagers en transformant les matières organiques (déchets alimentaire ou de jardin) en compost.
C’est une méthode de compostage innovante et particulièrement adaptée aux appartements, car peu encombrante et sans odeur.


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