La microfinance en haïti et l’amélioration de niveau de vie - WikiMemoires

La microfinance en haïti et l’amélioration de niveau de vie


La microfinance haïtienne

Travaux de mémoire en vue de l’obtention du grade de master I en économie
La microfinance en haïti et l’amélioration de niveau de vie
La microfinance entre appauvrissement et amélioration
du niveau de vie des micro-entrepreneurs en Haiti

Présenté par :
Willominique LOUIS CHARLES

Sous la direction de :
Pr Dr HAMARD Bruno

Octobre 2018

 
Remerciements

Sommaire

Introduction générale 1
Chapitre préliminaire : Présentation du cadre de l’étude 4
A – Première partie : La microfinance un outil de lutte contre la pauvreté
Chapitre 1 : Micro finance et développement économique; une approche conceptuelle et théorique 8
Section 1 : Cadre conceptuel de la recherche 8
Section 2 : Antécédents théorique et empirique 13
Chapitre 2 : La microfinance, son histoire, son évolution et ses pratiques 19
Section 1 : Les débuts et l’évolution de la microfinance 19
Section 2 : La microfinance un mouvement planétaire 29
B- Deuxième partie : La microfinance en Haïti, quel bilan ?
Chapitre 3 : La microfinance en Haïti 34
Section 1 : La situation socio-économique d’Haïti 34
Section 2 : Le système financier haïtien 43
Section 3 : Le développement de la microfinance en Haïti 50
Chapitre 4 : Analyse des impacts de la microfinance en Haïti 62
Section 1 : Les opérateurs de la microfinance 62
Section 2 : Leur impact sur les micro-entrepreneurs en Haïti… 68
Conclusion 78
Annexe 80
Bibliographie 83
Table des matières 86

Liste des tableaux

Tableau 1 : Coûts de transaction liés à un contrat de crédit 15
Tableau 2 : Nouvelles formes de garanties des IMF (garanties physiques) 23
Tableau 3 : Nouvelles formes de garanties des IMF (garanties morales)… 24
Tableau 4 : Nouvelles formes de garanties des IMF (Les incitations au remboursement) 24
Tableau 5 : Population totale par sexe et population de 18 ans et plus estimés en 2015… 34
Tableau 6 : L’accès aux services de base en % (2001-2012) 41
Tableau 7 : Evolution des établissements bancaires et du nombre de succursales évoluant en Haïti (2000-2015)
Tableau 8 : Répartition de l’encours des prêts bancaires par secteur d’activités (2014-2015) 46
Tableau 9 : Formes des organisations de la microfinance en Haïti
Tableau 10 : Entrée des banques commerciales haïtiennes dans le secteur de la microfinance 57
Tableau 11 : Structuration du secteur de la microfinance en Haïti… 61
Tableau 12 : Les membres de la fédération des caisses populaires haïtiennes – Le levier… 63
Tableau 13 : Nombre total d’épargnant des IMF (2006-2012) 74
Tableau 14 : Ventilation de l’allocation du crédit des bénéficiaires de la microfinance par activité (2006-2012)

Listes des graphes

Graphe 1 : Proportion de la clientèle féminine des institutions IMF par région du monde en %
Graphe 2 : Les sources de capitaux préférées des IMF par âge 28
Graphe 3 : Répartition géographique des bénéficiaires de microcrédit (2009)… 31
Graphe 4 : Evolution de la pauvreté en Haïti (2000-2012) 38
Graphe 5 : Inégalité des revenus en Haïti et en l’Amérique Latine (coefficient de gini)… 42
Graphe 6 : Evolution du crédit (en Milliards de gourdes )… 46
Graphe 7 : Evolution des secteurs économiques en % du PIB de 2000 à 2013 54
Graphique 8 : Evolution de l’IDH d’Haiti (2006- 2012) 72
Graphe 9 : Evolution de l’IDH et du taux de pénétration de la micro-finance 72
Graphe 10 : Bénéficiaires de la microfinance au niveau de la population haïtienne 73
Graphe 11 : Evolution de l’équité genre des bénéficiaires de crédit (2006-2012)… 75

Listes des sigles et acronymes

ACLAM : Action contre la misère
ACME : Association pour la coopération avec la Microentreprise
ACOOPECH : Appui aux Coopératives d’Epargne et de Crédit Haïtiennes
ADIE : Association Pour Le Droit à l’initiative économique
ANACAPH : Association nationale des caisses populaires haïtiennes
ANFVC : Association Nationale des Femmes Victimes de Coopératives
ANIMH : Association nationale des Institutions de Microfinance en Haïti
BCA : Bureau de Crédit Agricole
BICH : Banque Industrielle et commerciale d’Haïti
BID : Banque Interaméricaine de Développement
BNC : Banque Nationale de Crédit
BPH : Banque Populaire Haïtienne
BRH : Banque de la République d’Haïti
BUH : Banque de l’Union haïtienne
CEC : Coopérative d’Épargne et de Crédit
CELADE : Centre Latino-Américain de Démographie
CEPALC : Commission Economique pour l’Amérique Latine et les Caraïbes
CGAP : Consultative Group to Assist the Poor (Groupe Consultatif d’Assistance aux Pauvres)
CONASOVIC : Coordination Nationale des Sociétaires Victimes de Coopératives
CRS : Catholic Relief Services
DID : Développement International Desjardins
DSNCRP : Document de Stratégie Nationale pour la Croissance et la Réduction de la Pauvreté
EBCM : Enquête Budget et Consommation des Ménages
ECVH : Enquête sur les conditions de vie en Haïti
FAO : Fonds des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture
FENACAPH : Fédération Nationale des Caisses Populaires Haïtiennes
FHAF : Fonds Haïtien d’Aide à la Femme
FMI : Fonds monétaire international
FONKOZE : Fondation Kole Zèpol
GRAIFSI : Groupe d’Appui pour l’Intégration de la Femme du Secteur Informel
HIFIVE: Haiti Integrated Finance for Value Chains and Enterprises
IHSI : Institut Haïtien de Statistique et d’Informatique
IMF : Institutions de microfinance
KNFP : Konsèy Nasyonal Finansman Popilè
MCC : Micro Crédit Capital
MCN : Micro Crédit National
MIX : Microfinance Informaion eXchange
MPCE : Ministère de la Planification et de la Coopération Externe
MSME: Micro Small and Medium Enterprises
NPES : Observatoire national de la puvreté et de l’exclusion sociale
OMD : Objectifs du Millénaire pour le Développement
PNUD : Programme des Nations-Unies pour le Développement
PPA : Parité de pouvoir d’Achat
PROMOBANK : Banque de Promotion Commerciale et Industrielle
SFF : Sèvis Finansye Fonkoze
SCOTIABANK : Bank of Nova Scotia
SOCABANK : Société Caribéenne de Banque
SOCABEL : Société caribéenne des banques d’épargnes et de logement
SOFIHDES : Société Financière Haïtienne de Développement Economique et Social
SOGEBANK : Société Générale Haïtienne de Banque
SOGEBEL : Société générale haïtienne des banques d’épargnes et de logement
SOGESOL : Société Générale de Solidarité S.A.
UNFPA : Fonds des Nations Unies pour la Population
USAID : Agence des Etats-Unis pour le développement international

Introduction générale

Réduire la pauvreté et la faim ont toujours été parmi les préoccupations épineuses auxquelles les gouvernements de ce monde ont fait face. Aujourd’hui, tout le monde s’accorde sur le fait que la pauvreté est un phénomène complexe, pluridimensionnel, ne pouvant être réduit à sa simple expression monétaire (c’est-à-dire à un niveau insuffisant de ressources économiques pour vivre de façon décente).
Dans le rapport Vaincre la pauvreté humaine (2000) du PNUD, un encadré définit spécifiquement l « ’extrême pauvreté », la « pauvreté générale » et la « pauvreté humaine ».
Ainsi, une personne vit dans la pauvreté extrême si elle ne dispose pas des revenus nécessaires pour satisfaire ses besoins alimentaires essentiels, habituellement définis sur la base de besoins caloriques minimaux.
Une personne vit dans la pauvreté générale si elle ne dispose pas des revenus suffisants pour satisfaire ses besoins essentiels non alimentaires, tels l’habillement, l’énergie et le logement et alimentaires ». La pauvreté humaine, quant à elle, est présentée comme l’absence des capacités humaines de base : analphabétisme, malnutrition, longévité réduite, mauvaise santé maternelle, maladie pouvant être évitée » [PNUD 2000a : 19].
Le PNUD évoque également dans ce rapport la pauvreté monétaire, sans toutefois en donner une définition précise. Un examen rapide des définitions données ci-dessus permet cependant d’affirmer que la pauvreté monétaire englobe la pauvreté extrême (également appelée pauvreté absolue) et la pauvreté générale (ou pauvreté relative) : les nuances entre ces deux types de pauvreté renvoient au seuil monétaire ou de revenu adopté.
Selon le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) plus d’un milliard d’êtres humains vivent avec moins d’un dollar par jour et 2,8 milliards de personnes, soit près de la moitié de la population mondiale, vivent avec moins de 2 dollars par jour.
Il convient que la pauvreté (pauvreté monétaire) se concentre majoritairement dans les pays du sud, dans le sens où se sont ces pays qui ont un pourcentage de population pauvre le plus élevé, parce qu’ils caractérisent un certain nombre de critères de sous-développement : insuffisance alimentaire, forte croissance démographique, gaspillage des ressources nationales accompagné de corruption, fortes inégalités sociales, absence de classe moyenne, faible alphabétisation… (Verez, 2011).
C’est pour cette raison que si l’on veut réduire efficacement le nombre de pauvres dans le monde, il est important de cibler l’action dans ces pays.
Ce n’est pas sans raison que le premier objectif que se sont fixés les Etats membres de l’ONU dans le cadre des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) c’est l’élimination de l’extrême pauvreté et de la faim. Le résultat attendu c’est que chaque personne à travers le monde puisse satisfaire leur besoins essentiels tels que : nutrition, logement, éducation, santé.
Dans une perspective de développement durable, le pilier économique (produire des richesses) et le pilier social (réduire les inégalités) sont menacés par les phénomènes de pauvreté. Réduire la pauvreté dans le monde, et d’abord au Sud, constitue donc un objectif majeur du développement durable de la planète.
Pour réduire la pauvreté, de nombreuses interventions sont possibles, cependant l’un des principaux obstacles des plus défavorisés au développement économique dans les pays du sud est leur difficulté à accéder à des ressources financières. La majorité des populations du sud n’intéresse pas le secteur bancaire classique. Par exemple, en Afrique, 90% de la population, voire 100% en milieu rural n’ont pas accès aux services financiers des banques (Gentil et Servet 2002).
Cela n’est pas le résultat d’une volonté d’exclusion des banques, mais provient du fait qu’offrir un tel service n’est pas rentable financièrement pour une banque soumise à des contraintes de rentabilité et à certains ratios prudentiels. En effet, du fait de leur pauvreté assez élevée, il leur est difficile voire impossible de donner une garantie matérielle dont la valeur permettrait de couvrir le montant du prêt en cas de défaut.
La microfinance émerge comme une réponse à l’incapacité des institutions existantes à soulager les pauvres en leur permettant d’avoir accès au crédit pour financer leur petit commerce. La microfinance est considérée comme un outil de lutte contre la pauvreté, qui cible les personnes en situation de marginalisation ou d’exclusion financière.
Elle cherche à améliorer les conditions de vie de ces « exclus » en leur permettant d’accéder à des services financiers : microcrédit mais aussi micro-assurance, micro-épargne et micro-transfert. Publié en juillet 2017 par Convergences, le baromètre de la microfinance 2017 estime que les IMF ont accordé des prêts à 132 millions de clients à l’échelle mondiale pour un total de 102 milliards de dollars.
De nombreux travaux ont été réalisés pour mettre en évidence le rôle de la microfinance dans l’économie des pays. Les politiques économiques et sociales mises en œuvre n’ont pas permis d’améliorer de manière significative les conditions de vie des populations les plus démunies, la microfinance semble aujourd’hui un rempart contre les maux dont font face ces pays en voie de développement.
En effet, la plupart des institutions de microfinance sont lancées avec la motivation initiale de réduire la pauvreté et prennent des mesures pour s’assurer que les gens très pauvres soient desservis. Toutefois, contrairement à ce que l’on pourrait penser, les microcrédits ne sont pas destinés uniquement aux pays du tiers monde.
En effet, la microfinance existe même dans les pays occidentaux. On note la présence d’institutions de microfinance appelées institutions de crédits solidaires en France tel que l’association pour le droit à l’initiative économique (Adie France). Les institutions de microfinance se retrouvent également aux Etats unis. Les gens vivant dans la pauvreté ont besoin de pouvoir accéder à une large gamme de produits et services financiers personnalisés en fonction de leur situation.
Les services financiers peuvent aider ces populations à accumuler des actifs par le biais de l’épargne ou en finançant des activités génératrices de revenus, ainsi qu’à surmonter les chocs ponctuels (maladie, décès, vol, catastrophe naturelle, etc.)
Dans son étude Global Findex, la Banque Mondiale estime que deux milliards de personnes n’ont pas accès aux services financiers de base dans le monde. La plupart vit en zone rurale dans les pays en développement, zone que les IMF atteignent progressivement grâce à de nouveaux investissements, donc le défi reste de taille.
En Haïti, après plus d‘un siècle et demi d‘indépendance marqué par des gouvernances dictatoriales et de nombreux troubles politiques et sociaux; la multiplication des projets de coopération et l‘affluence de l‘aide internationale ont entraîné peu ou pas de changements notables dans les conditions socio-économiques de la population.
En 2004 Willy Egset et Pal Sletten de la FAFO ont utilisé des lignes de pauvreté de $1 et $2 per capita et par jour pour montrer que 76% des Haïtiens sont pauvres et que 56% vivent dans l‘extrême pauvreté (Egset et Sletten, 2004).
Ces taux pourraient être encore plus élevés si les estimations avaient été réalisées à partir de la nouvelle base de 1,25$ par jour.
Donc, la lutte contre l’extrême pauvreté s’avère incontournable pour la réduction des inégalités et l’amélioration des conditions de vie des millions d’Haïtiens qui pataugent dans des conditions très précaires et qui vivent avec moins d’1 dollar américain par jour.
L‘exclusion financière apparaît alors un élément crucial dans la perpétuation des inégalités économiques où elle entretient le cercle de la pauvreté, car les exclus financiers sont dans l‘incapacité de surmonter par eux-mêmes la contrainte de liquidité (Kiiru, 2007). De ce fait la population haïtienne a trouver refuger en emboitant le pas avec cet outil de lutte contre la pauvreté qu’est la microfinance communément appelé la finance pour les pauvres.
L’objet de ce travail de recherche est de faire ressortir l’impact de la microfinance sur ses bénéficiaires ainsi que sur le développement en Haïti.
Ainsi, le présent travail est divisé en deux parties, mais le chapitre préliminaire présentant la problématique, l’hypothèse, l’intérêt et l’objectif de l’étude précède la première partie. Ensuite vient l’approche théorique et conceptuelle (chapitre 1) ainsi que l’évolution de la microfinance à travers le temps (chapitre 2). La deuxième partie traite la situation socio-économique et les étapes évolutives de la microfinance en Haïti (chapitre 3) et présente l’impact de ce dernier sur ses bénéficiaires (chapitre 4).
Chapitre préliminaire : Présentation du cadre de l’étude
Ce chapitre vise à présenter la construction de l’objet de recherche. Partant du contexte jusqu’à l’objectif de l’étude, cette partie essaie de produire les justificatifs qui ont poussé à la rédaction de ce travail.

1.1. Contexte de l’étude

Historiquement la microfinance concernait des groupes de personnes qui mettaient en commun leurs économies afin d’accorder des prêts aux membres du groupe, que ce soit pour affaires, mariages, funérailles, etc. Depuis, la microfinance a évolué pour couvrir une gamme plus large de services financiers tels que l’épargne, le crédit, l’assurance, les paiements pour le compte de tiers et les transferts d’argent, pour ne citer que ceux-là.
En Haïti, l’introduction de la microfinance formelle a eu lieu en 1946 avec la création de la première caisse populaire.
Ce secteur a vu son rôle s’accroître au cours des trois dernières décennies, période durant laquelle l’activité économique a perdu de son dynamisme. En effet, le taux de chômage élevé et le faible niveau du revenu per capita découlant de la croissance économique ont eu pour conséquence l’exclusion de plus de 50 % de la population des circuits formels de l’économie.
La microfinance fournit alors des services financiers aux plus défavorisés, notamment ceux évoluant dans les zones rurales, en marge des services bancaires formels. Leur clientèle est majoritairement constituée de femmes, ce qui leur confère un impact social plus important.
La microfinance est souvent considérée comme un outil contribuant significativement à la réduction de la pauvreté. C’est la raison pour laquelle beaucoup d’études concernant ce domaine abordent l’évaluation de ses impacts sur la réduction de la pauvreté.
Toutefois, quand il s’agit de déterminer réellement l’impact de la microfinance sur la réduction de la pauvreté, les résultats des études sont très divergents.
En fait, certaines études avancent que les programmes de microfinance sont loin de sortir les plus pauvres du cercle de l’extrême pauvreté (Coleman, 2006; Takahashi et al 2010; Chemin, 2008); tandis que d’autres acteurs dans le secteur et des organisations internationales comme la Banque mondiale, le Grameen bank et l’USAID, ainsi que d’autres chercheurs (Hiatt et Woodworth, 2006; Imai et al, 2012) soutiennent que la lutte contre la pauvreté peut aussi passer par un renforcement des programmes de micro-crédit dans les pays à faible revenus et dans les pays en développement, car, selon eux, ce dernier a des impacts significatifs sur la réduction de la pauvreté.
L’intérêt du sujet se situe au cœur des débats sur les apports de la microfinance et de son utilité dans le processus de développement des PED. La microfinance haïtienne est peu étudiée. Il y a peu de recherches scientifiques menées dans ce secteur de l’économie nationale. Pourtant, ce dernier occupe une place désormais importante dans l’économie nationale.
Notre démarche ne vise pas renchérir la littérature sur la microfinance haïtienne, ni d’apporter des solutions aux différents faiblesses de ce secteur mais plutôt de répondre à une série d’interrogation à savoir si la microfinance contribue à lutter contre la pauvreté en Haïti ?
Est-ce que les crédits octroyés vont dans des secteurs porteurs de croissance favorisant le développement ? Il s’agit là d’importantes questions et préoccupations qui nous poussent à traiter le thème : « Microfinance et développement économique », Haïti sera notre guide pour cette étude.

1.2. Problématique

Quel que soit son type d’activité, une entreprise fait toujours face à deux types de décisions essentielles : la décision d’investissement et la décision de financement. Investir consiste à placer une certaine somme d’argent en espérant récolter les fruits de cet investissement dans le futur.
Pour répondre à ce besoin, l’entreprise recherche des moyens pécuniaires visant à financer cet investissement par une ou plusieurs sources. Il peut s’agir de fonds propres qui regroupent les capitaux de départ investis par le(s) propriétaire(s) de l’entreprise, soit les bénéfices qui n’ont pas été redistribués en dividende, les prêts bancaires etc.
Une activité économique joue un rôle important pour la sécurité économique des ménages. En effet, compte tenu des possibilités limitées d’emploi, elle représente une importante source de revenu pour les ménages pauvres.
Ce revenu est vital pour satisfaire les besoins de base, mais dans les pays en voie de développement, les capitaux propres sont rares et limités ainsi que l’accès au crédit. Cette situation est vraisemblablement dû au fait qu’une grande partie de ces populations vivent dans des situations d’extrêmes précarités et de pauvreté et que les institutions financières traditionnelles imposent des conditions exigeantes pour accéder au crédit dans le but de couvrir le haut niveau de risque liés à l’investissement dans ces pays.
Certains pays du tiers- monde ont bien compris ce fait et ont trouvé des alternatives à des problèmes similaires dans la micro finance, qu’ils ont appelé finances pour les pauvres, par opposition aux services financiers qu’offrent les institutions financières traditionnelles qui sont pratiquement destinés à ceux qui possèdent déjà un certain capital.
Ainsi, en donnant la possibilité aux personnes pauvres d’entreprendre, le microcrédit leur permet d’avoir une source de revenu leur permettant d’améliorer leur existence.
En Haïti, l‘accessibilité aux ressources financières et plus particulièrement au crédit a toujours été réservé un très faible pourcentage de la population. La plupart des Haïtiens sont exclus financièrement. L’exclusion financière peut être décrite comme l’incapacité des individus, des ménages ou des groupes à accéder aux services financiers nécessaires. Selon un document produit conjointement par le PNUD et le bureau international du travail (BIT) environ 133 clients sur 400 000 détiennent les deux tiers du volume de crédits supérieurs à 75 000 gourdes au niveau des banques commerciales haïtiennes.
La BRH, de son côté, parle de près de 10 % des emprunteurs du système bancaire haïtien qui bénéficie approximativement de 70-80 % du portefeuille de crédit total (BRH, 2013). En l‘an 2000, les prêts bancaires allaient à hauteur de 36% au commerce de gros et de détail contre 0,1% au secteur agricole. En 2005, pour les mêmes activités, on avait respectivement 28% et 0,00%. La plus grande part du crédit bancaire va au secteur privé du secteur urbain.
Autrement dit, le milieu rural semble être mis à l‘écart du système financier officiel. Pourtant beaucoup d’acteurs nationaux continuent à clamer que le pays est essentiellement agricole et mise sur ce dernier pour le développement du pays.
Dans les détails, les rapports de la banque centrale (BRH) font régulièrement état d‘une forte concentration du crédit bancaire en Haïti UNCDF (1997) rapporte que 90% des crédits bancaires concernaient la région métropolitaine de Port-au-Prince, tandis qu‘une grande proportion des agents économiques s‘adonnant à des activités commerciales recourent aux structures financières alternatives, en raison des difficultés d‘accès au système financier formel.
Ces données montrent que le crédit s’avère être un casse-tête en Haïti; ainsi, des projets prometteurs n’arrivent pas à voir le jour, faute de financement.
Comme dans les autres pays en voie de développement, Haïti fut un terrain fertile pour le développement de la microfinance. La micro finance, à travers principalement les coopératives, s’est vite propagée dans le pays. En 2002, parmi les bénéficiaires du crédit, 100,000 l’étaient des institutions de micro finance qui étaient alors au nombre de 79, avec un portefeuille de 1.235 milliards de gourdes (ANIHM).
En 2007, la micro finance sert 108,778 micros entreprises avec une nette augmentation du portefeuille, avec des taux de croissance respectifs de 18 et de 23% par rapport à 2002. La micro finance, joue donc un rôle non négligeable dans l’activité économique haïtienne.
Jugées contre-productives par certains, ou essentielles par d’autres, depuis plus d‘une vingtaine d‘années, la microfinance fait l‘objet de controverses entre spécialistes et de débats publics. Selon l‘unité microfinancière de l‘USAID, « la microfinance a des potentiels incroyables de génération de revenus et d‘expansion d‘emplois ».
D’un autre coté un certain nombre d‘argument contre la microfinance porte sur l’incapacité du secteur informel à générer le développement économique parce qu’il y a un nombre important de micro-entreprises promues par la microfinance qui sont sans statut légal. Face à temps de polémique nous vient notre question primordiale : L’accès aux services financiers par la microfinance permettent-ils à ses bénéficiaires de sortir de la pauvreté ?

1.3. Hypothèses de l’étude

H1- La microfinance contribue à l’inclusion financière des micro-entrepreneurs en Haïti mais ne favorise pas pour autant l’amélioration de leur niveau de vie.
H2- La microfinance ne favorise pas le développement économique haïtien puisque la majorité des crédits alimentent le secteur informel.

1.4. Objectif général de l’étude

L’objectif de cette recherche vise à étudier l’impact de la microfinance sur l’amélioration des conditions de vie de ses bénéficiaires en Haïti.


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