Le discours de Macron : les procédés persuasifs - WikiMemoires

Le discours de Macron : les procédés persuasifs


Le discours de Macron : entre procédés rhétoriques/persuasifs et stratégies discursives – Chapitre II :

1. Méthodologie et analyse

Dans le cadre de notre recherche, nous procéderons à l’analyse des procédés persuasifs et rhétoriques ainsi que les stratégies discursives présents dans le corpus en adoptant une démarche pragmatique, qui est initiée par les travaux de Austin sur les actes de langage et de leur conditions d’emploi, qui part du principe que le langage ne fait pas que d’écrire la réalité, mais qu’il agit sur elle. « Quand dire c’est faire » (1970).
Lors de notre analyse, nous prendrons en considération le contexte d’énonciation dans lequel est inscrit le discours.
Dans son ouvrage « Argumentation et conversation : Eléments pour une analyse pragmatique du discours », J. Moeschler avance ce qui suit : « Une étude des différents types d’actes de langage, qualifiés depuis Austin (1970) d’actes illocutoires, et de leur conditions d’emploi. Par acte illocutoire, il est convenu d’entendre le type d’actions réalisées par et dans l’activité énonciative (…) ces conditions déterminent en quelle mesure un acte est approprié au contexte dans lequel il apparait » (1985 : 17).

2. Les procédés persuasifs

2.1. La deixis

Le terme « deixis » provient d’un mot grec« deiknuai » qui signifie (action de montrer). En linguistique les déictiques désignent un ensemble de terme qui détermine ou précise la situation d’énonciation d’un énoncé écrit ou oral.
C. Kerbrat-Orecchioni qui est connue pour ses travaux sur l’énonciation, définit les déictiques comme : « Des unités linguistiques dont le fonctionnement sémantico-référentiel implique une prise en considération de certains éléments constitutifs de la situation de communication à savoir :

  • – le rôle que tiennent dans le procès d’énonciation les actants de l’énoncé,
  • – la situation spatio-temporelle du locuteur et éventuellement de l’allocutaire ». (Orecchioni 2006 : 41).

Tableau représentatif de la deixis :

Phrases Personne Temps Lieu Monstration Sociale
P1 -Nous sommes tous ici, ensemble, le 7 mai, pour gagner Nous Ici
P2 -La question qui nous est posée, c’est aussi celle de l’avenir de notre pays, c’est aussi celle de l’avenir de notre république, c’est aussi au-delà de nos différences, la capacité, demain à pouvoir encore partager des désaccords dans notre république. Nous Notre Nos Demain
P3 -Depuis maintenant un peu plus de dix jours, nous menons ce combat, ce combat de deuxième tour, qui oppose les deux projets, face à face. Nous Depuis Maintenant
dix jours
Ce
P4 -C’est un projet dangereux pour notre pays et c’est un projet, comme nous l’avons compris hier soir, qui ne porte rien, qui n’a aucune proposition pour le pays Notre Nous Hier soir C’est
P5 -Et nous sommes là, en face Nous
en face
P6 -C’est ce projet d’avenir que nous portons Nous C’est ce
P7 -Je sais toutes les différences qu’il y a, dans le pays, les Je Dans
P8
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divisions, les fractures et les colères, je sais qu’il en a, et peut être parmi vous, qui au premier tour ont suivi ou François FILLON ou Benoit HAMON ou Jean-Luc MELENCHON ou
d’autres candidats et je
les respecte
-Ce premier tour nous a enseigné deux choses que je n’oublierai pas et qui conduiront mon action pour les prochaines années
-D’abord, le fait que notre vie politique est en train de se recomposer et se recomposera durablement autour de ces deux forces, et que nous devons en tirer toutes les conséquences, et que nous devons refonder jusqu’au bout.
-Alors, j’ai voulu m’adresser à vous, pour ce dernier rassemblement de notre campagne, ici depuis Albi, parce que c’est ici, en 1903, que Jean JAURES a prononcé son discours pour la jeunesse devant des lycéens.
-J’ai deux choses à vous dire, deux choses qui seront le socle de notre action, de notre rassemblement, ces beaux mots qui forgeaient les
Vous
Je
Nous je Mon
Notre
Nous
J’
Vous Notre Son
J’
Vous Notre
Les prochaines années
D’abord
En 1903
Ici depuis Albi, ici, devant Ce
Ce
Ces
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convictions de Jean JAURES, il y a aujourd’hui plus de cent ans, lorsqu’il a dit à ces lycéens
d’Albi « La république est un grand acte de confiance et un grand acte d’audace » C’est cela, ce à quoi nous sommes aujourd’hui rendus, c’est bien cela aujourd’hui, ce qui est notre défi.
-Alors oui d’ici dimanche et pour les cinq ans qui viennent, ensemble pour notre jeunesse, nous aurons à faire acte de confiance qui refondera le socle de notre pays.
-Cet acte de confiance dont parle JAURES et dont la vitalité aujourd’hui est complexe, c’est la confiance démocratique que nous devons refonder, c’est cela notre responsabilité pour demain et pour les années qui viennent
-Cette confiance démocratique, c’est celle que vous représentez, celle que nous portons, celle du renouvellement que nous mènerons jusqu’à son terme
-J’entends celles et ceux qui voudraient enjamber le 07mai prochain, parfois s’étant soustraits à leurs
Nous Notre
Notre Nous
Nous Notre
Vous Nous Son
j’
Aujourd’hui cent ans
Lorsque
Aujourd’hui
D’ici dimanche Cinq ans
Aujourd’hui Demain
Les années qui viennent
Jusqu’à son terme
07 mai prochain
Parfois
Cet
Cette
Ceux Celles
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actes personnels et que ceux qui pendant plus de trente ans ont gouverné dans un tic-tac incessant reprennent possession.
-Vous Françaises et Français qui vous êtes engagés depuis un peu plus d’un an dans En Marche, qui avez montré qu’il était possible qu’une force politique et citoyenne nouvelle émerge.
-Je veux que toutes ces forces vives puissent participer à l’action démocratique, je souhaite qu’on transforme en profondeur le conseil…
-C’est cela le grand acte de confiance dont parlait JAURES, ce grand acte de confiance démocratique que nous devons porter.
-Je le dis ici avec beaucoup de gravité : je sais les désaccords qu’il y a dans la société française
-Et moi j’assume très clairement de ne pas choisir entre l’entreprise et le salarié, parce que l’un n’existe pas sans l’autre, parce que c’est cela ce qui nous tient
-Je veux qu’il puisse y avoir un dialogue social plus efficace.
Vous
Je On
Nous Je
Moi J’
Nous
Je
Pendant plus de trente ans
Depuis un peu plus d’un an
Ici Ces
C’est cela Ce
Françaises Français
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-Je veux aussi ce droit de condamner le cynisme d’entreprise
-Et ce que je veux, c’est recréer cette confiance dans notre société, avec vous, c’est cela, le cœur de notre projet, c’est un défi immense, c’est d’abord un défi de vérité, ce sera demain un défi d’action.
-Le combat qui est le nôtre, c’est celui de la cohésion de notre société, vous le voyez bien aujourd’hui elle se fragmente, elle est en train d’éclater, je refuse cette idée qu’il aurait deux Frances.
-Je serai le garant de cet équilibre, mais sans cet équilibre tenu, vous aurez une société devenue inefficace, qui continuera à accepter le chômage de masse que nous subissons depuis des décennies.
-La France est un peuple, un, c’est un peuple qui se tient et ce sera ma responsabilité avec vous toutes et tous de mener ces changements profonds pour réconcilier nos territoires, nos classes sociales dans un projet commun
-Notre jeunesse aura à vivre avec l’insécurité, nous le savons, celle du terrorisme, nous ferons
Je
Je Notre vous
Notre Vous Je
Je Vous Nous
Ma Vous Nos
Notre Nous
D’abord demain
Aujourd’hui
Depuis des décennies
Cet
Ce
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tout pour lutter contre…. Jamais nous ne devons céder aux sirènes de la peur… il nous faudra beaucoup d’audace… il nous faudra être arrimés.
-Ce grand acte d’avenir, ce sera la transformation écologique du pays, nous en avons besoin et nous la porterons parce que notre jeunesse le veut…c’est cela qui sera le visage de nos villes… de nos habitas… de nos modes de déplacement… de notre organisation
-Je vous le dis, nous produirons en tenant compte à chaque instant de cette exigence que nous avons portée dans le monde et c’est pour cela que je veux que nous investissions massivement pour accompagner nos entreprises, nos agriculteurs aux cotés desquels je serai à chaque instant parce qu’ils participent de cette société et de ce modèle de demain
-Nous passerons progressivement à une logique qui à chaque instant, lorsqu’on produit, prend la mesure d’une responsabilité complète, de celle qu’on porte à l’égard d’une société dans son
Nous Notre Nos
Je Nous Nos
Nous On Son Sa
A chaque instant
Demain
A chaque instant
Lorsque
Ce
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intégralité et d’un temps dans sa durée… on n’intègre pas la société dans laquelle on est inscrit en profondeur…. C’est une exigence au carré qui est la nôtre mais j’y suis profondément déterminé à vos côtés.
-Je crois profondément à cette alliance de la production et de l’esprit de justice….je crois à cette efficacité de cours terme…je crois à cette alliance de l’économie classique… je crois à cette alliance des territoires…
-Alors oui, vous l’avez compris, ce grand acte d’avenir dont parlait JAURES, c’est le défi de toute notre république, c’est notre défi contemporain… les mots de JAURES aux lycéens d’Albi en 1903 résonnent d’une manière terrible à la fois par leurs optimisme et le défi qui est le nôtre et parce qu’ils précédaient de quelques années une guerre
-Nous sommes à un moment de bascule, les extrêmes sont là dans toutes nos démocraties… notre défi de pouvoir produire et d’être plus fort est aussi devant nous… nous devons faire face à tout cela… nous devons
Notre J’
Vos
Je
Vous Notre
Nous Nos Notre
En 1903
Quelques années
Là dans Cette
Ce
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avoir cet esprit de conquête que tant de villes ont su prendre
-Je crois avec vous dans ce choix d’avenir…je veux que nous le portions pour le pays, je veux avec vous, pour demain, conjuguer ce grand acte de confiance et ce grand acte d’audace parce que c’est cela, ce dont notre république nouvelle a besoin, c’est cela ce que nous devons à notre jeunesse
-Alors oui, mes amis, le projet que nous portons, nous devons le mener à la victoire, le pays le 7 mai prochain a un choix lourd, historique à faire… cette responsabilité c’est la nôtre…le 7 mai prochain mes amis, nous devons gagner pour notre projet, nous devons gagner pour notre pays
– Je le dis à tous nos concitoyens, notre responsabilité sera immense parce que notre défi et notre responsabilité ce sera de faire gagner notre pays dans la durée
-Pour tout cela, le 7 mai nous devons gagner … je compte sur vous.
Je Vous Nous notre
Mes Nous
Notre
Je Nos Notre
Je vous
Demain
7 mai prochain
7 mai
Ce
Cette

Le tableau ci-dessus représente des déictiques qu’on a relevés du dernier discours d’Emmanuel Macron avant son élection présidentielle. Nous constatons les déictiques de personnes, demonstration, spatio-temporels ainsi qu’une deixis sociale.
En tenant compte des éléments de la situation d’énonciation (Discours politique, élection présidentielle, le second tour), nous pouvons avancer ce qui suit :
Prenons ces exemples :
a- « Je crois avec vous dans ce choix d’avenir, je veux que nous le portions pour le pays, je veux avec vous, pour demain, conjuguer ce grand acte de confiance et ce grand acte d’audace parce que c’est cela, ce dont notre république nouvelle a besoin ».Emmanuel Macron se positionne en utilisant le « Je » (candidat à l’élection). Il s’adresse au peuple français « Vous » pour créer une alliance « Nous », dans le but de mener un projet d’avenir, celui d’une société française meilleure.
Nous remarquons que le locuteur affectionne beaucoup les pronoms personnels, en l’occurrence le pronom je qui indique une relation de distance du sujet communiquant et du destinataire, et cela en raison de sa volonté de se construire un statut, un « je présidentiel », mais aussi parce qu’il veut probablement s’imposer et s’impliquer personnellement dans son discours. Alors que des années auparavant, l’utilisation de la première personne au singulier dans un discours politique était considérée comme tabou, on privilégiait plus le pronom « nous », qui est d’ailleurs assez présent dans notre corpus. Il semblerait que l’énonciateur souhaite créer une relation interpersonnelle et solide entre lui et le destinataire, dans le but de se rapprocher, et d’instaurer une confiance pour faciliter sa conviction voire sa persuasion et donc avoir facilement son adhésion.
Nous pouvons dire qu’il s’agit d’une stratégie réfléchie de la part de Macron, qui met plus l’accent sur les personnes que sur les idées27.
b- « La question qui nous est posée, c’est aussi celle de l’avenir de notre pays, c’est aussi celle de l’avenir de notre république, c’est aussi au-delà de nos différences, la capacité, demain à pouvoir encore partager des désaccords dans notre république ».
Avec l’utilisation fréquente des pronoms possessifs, Macron semble vouloir parler aux noms des citoyens, et dire que le peuple et lui forment une unité, qu’ils partagent le même projet d’avenir (L’avenir de notre république), le même pays (notre pays) ce qui inclue les mêmes problèmes aussi (nos différences).
c- « Nous sommes tous ici, ensemble, le 7 mai, pour gagner »
Aussi il annonce un « Nous, ici » (lui, le peuple, le lieu). Les déictiques de lieu sont employés par l’énonciateur dans ce discours, pour indiquer le lieu de l’énonciation, mais aussi pour rassembler les citoyens français et les inviter à participer activement à son mouvement.
d- « Ces beaux mots qui forgeaient les convictions de Jean JAURÈS, il y a aujourd’hui plus de cent ans, lorsqu’il a dit à ces lycéens d’Albi “la République est un grand acte de confiance et un grand acte d’audace.” C’est cela, ce à quoi nous sommes aujourd’hui rendus, c’est bien cela, aujourd’hui, ce qui est notre défi ».
e- « Alors oui d’ici dimanche et pour les cinq ans qui viennent, ensemble pour notre jeunesse, nous aurons à faire acte de confiance qui refondera le socle de notre pays »
Les déictiques temporels sont utilisés dans ces énoncés dans le but de :

  • -Evoquer des faits historiques en France (Le discours de Jean Jaurès en 1903)
  • -Relier le passé au présent, (ce à quoi nous sommes rendus aujourd’hui)
  • – Parler de la durée du quinquennat (les cinq ans à venir).

f- « Cette confiance démocratique, c’est celle que vous représentez, celle que nous portons celle du renouvellement que nous mènerons jusqu’à son terme ».
Dans cet énoncé cette représente un adjectif démonstratif, il a la fonction d’un déictique situationnel, et ce qui permet d’identifier son référent est l’environnement extralinguistique (contexte).Tandis que celle fait référence à l’environnement discursif, c’est-à-dire les unités linguistiques qui les précédent ou les suivent (cotexte) et dans ce cas- là, celle a une fonction anaphorique. En effet, « un processus référentiel où une expression anaphorique renvoie à un réfèrent déjà mentionné dans le discours» (Kleiber 1988 : 3).
En employant les déictiques de monstration, l’énonciateur veut attirer l’attention des auditeurs sur un élément important (Cette confiance démocratique) mais encore pour le désigner ou le préciser (Celle du renouvellement).
g- « Vous Françaises et Français qui vous êtes engagés depuis un peu plus d’un an dans En Marche, qui avez montré qu’il était possible qu’une force politique et citoyenne nouvelle émerge ».
Dans cet exemple vous peut représenter la pluralité ou bien marquer le respect et la distance sociale.
Françaises et Français marquent l’identité ou le statut social des interlocuteurs.
L’émetteur emploie une deixis sociale pour démontrer l’identité de ses interlocuteurs ou bien la relation sociale entre eux, mais aussi pour faire preuve de respect envers eux.
Macron a employé un nombre considérable de déictiques dans son discours, cela peut s’expliquer en raison des situations difficiles vécues en France avant son élection28. De ce fait, il use de plusieurs déictiques pour se rapprocher du peuple français et le rassurer. En relevant les pronoms personnels et les déterminants possessifs, cela nous a permis d’en savoir plus sur les protagonistes de ce discours qui sont : Emmanuel Macron (l’énonciateur) et le peuple français (le destinataire) ainsi que les rapports entre eux. Nous remarquons que les pronoms personnels priment dans ce discours, cela laisse à penser que le locuteur mise sur sa relation avec son public, donc sa stratégie est de s’appuyer sur l’affectif pour persuader.
Cette analyse nous indique aussi la situation spatio-temporelle, qui inclue les différents moments et lieux auxquels l’énonciateur fait référence dans son discours dans le but de se localiser, se rassembler et de marquer des évènements importants dans le temps. Les déictiques de monstration relevés indiquent le fait de vouloir attirer l’attention sur des faits importants par l’orateur en les pointant du doigt. Enfin la deixis sociale présente dans le discours, nous permet d’identifier le statut social des personnes participantes dans ce discours.

2.2. Les verbes énonciatifs

Les verbes énonciatifs représentent les différents verbes employés principalement à la première personne du singulier « je » ou du pluriel « nous» par un énonciateur dans un discours oral ou écrit. En vue de définir la valeur de ces verbes, il faudra tenir compte de la situation d’énonciation dans laquelle le discours est inscrit.
L’émetteur peut avoir recours à différentes catégories de verbes ou d’auxiliaires, qui caractérisent ses divers modes de pensées ainsi que ses sentiments qui marquent sa subjectivité dans son discours.
Prenons en considération le tableau suivant
Tableau représentant les verbes énonciatifs

Les auxiliaires/ semi-auxiliaires -J’y suis déterminé/ je serai le garant de cet équilibre
-J’ai voulu m’adresser à vous / je veux adresser en quelques mots
-Nous sommes tous là /avons compris/ aurons à faire acte de confiance
/l’avons vu hier/ en avons besoin
-Nous devons refonder/entendre/ porter/ savoir /conduire/ reforger/passer/avoir/ répondre
-On est inscrit en profondeur/ On a l’impression que tout se vaut
-On peut salir chacun/ peut dire tout et n’importe quoi/ peut bafouer les vérités
Les verbes d’action -Je/conduirai/ nous conduirons
-Nous moraliserons/ constituerons/ menons/ portons/ renouvellerons/ recomposerons /tiendrons/ tombons/ résorberons/ ferons/ produirons
/accompagnerons/passerons
Les verbes d’opinion -Je crois avec vous dans ce choix d’avenir
-Je sais les désaccords qu’il y a dans la société
-J’assume très clairement de ne pas choisir entre l’entreprise et le salarié
-Je refuse cette idée qu’il aurait de Frances
Les verbes de sentiment -Je souhaite qu’on transforme en profondeur le conseil économique, social et environnemental

Selon les résultats obtenus, nous constatons que les verbes énonciatifs relevés du corpus caractérisent la façon dont le locuteur souhaite être perçu par ses allocutaires.
Nous avons identifié 4 catégories de verbes énonciatifs dont nous ferons l’analyse suivante :

2.2.1 Les auxiliaires et les semi auxiliaires

Les auxiliaires être et avoir sont utilisés dans ce discours pour marquer l’état d’esprit du locuteur, comme le montre les exemples suivants :
a- « je suis déterminé »
b- « On est inscrit en profondeur »
Ou bien pour exprimer le temps employé :
c- « Nous sommes tous là » (pronom+ auxiliaire être au présent de l’indicatif)
d- « Nous l’avons vu hier » (pronom+ auxiliaire avoir+ le participe passé du verbe voir)
e- « Je serai le garant de cet équilibre » (pronom+ auxiliaire être au future)
Les semi-auxiliaires se combinent avec un second verbe nécessairement à l’infinitif.
Nous avons pu relever trois de ces auxiliaires modaux :
-L’auxiliaire modal « vouloir » :
a- « J’ai voulu m’adresser à vous pour ce dernier rassemblement de notre campagne »
b- « Je veux aussi adresser ces quelques mots »
Dans ces énoncés, Macron témoigne d’une envie ou d’un besoin de s’exprimer une dernière fois face à ses auditeurs et de leur communiquer un dernier message, un dernier rappel. Comme il s’agit de son dernier discours, ses mots seront donc décisifs pour persuader une dernière fois son public.
-L’auxiliaire modal « pouvoir » :
a- « Une démocratie, ce n’est pas un grand magma où toutes les paroles se valent, où on peut salir chacune et chacun dans un brouhaha incessant. Parce qu’alors oui, quand toutes les paroles se valent, quand il n’y a plus de vérité, quand il n’y a plus de hiérarchie des vérités on peut dire tout et n’importe quoi. Alors oui, on peut bafouer l’Histoire, on peut bafouer les traces de l’Histoire, on peut bafouer les vérités scientifiques, on peut bafouer les vérités établies »
Dans cet exemple, nous avons pris tout le contexte pour mieux comprendre la valeur de pouvoir qui est souvent utilisé à la 3ème personne du singulier, le sujet étant la plupart du temps le pronom personnel indéfini on.
Dans cet énoncé, « on peut » exprime des possibilités, des éventuelles des actions qui peuvent se produire dans certaines circonstances.
-L’auxiliaire modal « devoir » :
a- « Nous devons refonder, c’est cela notre responsabilité pour demain » b- « Ce grand acte d’audace que nous devons reforger »
c- « Nous devons passer dans les prochaines années à une logique de coopération »
Dans ces exemples, « Devoir » peut exprimer différentes notions, une probabilité, un devoir ou un conseil au conditionnel présent, mais il exprime principalement une obligation.
En utilisant à maintes reprises le verbe devoir, Macron incite le peuple français à prendre conscience de ses obligations, et il insiste sur les actions qu’ils doivent accomplir dans ce mouvement populaire.

2.2.2 Les verbes d’opinion

Quand un locuteur exprime ses opinions dans son discours, il fait part à la fois de son raisonnement ainsi que de ses sentiments ou bien à influencer ceux de son public.
Prenons ces exemples :
a- « Je crois avec vous dans ce choix d’avenir » b- « Je sais les désaccords qu’il y a dans la société
D’après les exemples ci-dessus, croire exprime le degré de certitude de l’énonciateur quant à son projet d’avenir, il veut montrer à son public qu’il est convaincu d’apporter des meilleurs changements pour le pays.
En disant « Je sais » Macron veut informer le peuple français qu’il est conscient de ce qui se passe dans le pays et qu’il est sensible aux désaccords présents dans la société française.

2.2.3 Les verbes de sentiment

L’énonciateur emploie des verbes de sentiments pour montrer sa sensibilité et ainsi toucher l’auditoire.
Exemple : « Je souhaite qu’on transforme en profondeur le conseil économique, social et environnemental »
Dans cet exemple, le locuteur exprime clairement son sentiment. En employant le verbe souhaiter, il veut susciter l’émotion des interlocuteurs en leur montrant qu’il est très investi dans son projet et que ses actions lui tiennent vraiment à cœur.

2.2.4 Les verbes d’action

Lorsqu’un discours est axé sur une perspective actionnelle, l’énonciateur aura recours aux verbes d’action pour faire agir le destinataire.
Prenons les exemples suivants :
a- « Nous moraliserons la vie politique pour la clarifier » b- « Nous menons ce combat »
c- « Nous renouvellerons jusqu’au bout »
Nous constatons un nombre considérable de verbes d’action dans le corpus, qui sont conjugués principalement à la 1ère personne du pluriel et employés au temps du futur simple. Effectivement, dans son discours, Macron parle de ce qu’il va faire ou changer en France. Cela veut dire qu’il est convaincu de devenir président et qu’il est résolu à réaliser ses projets. Il emploie le « nous » pour ne pas s’impliquer directement et pour dire que ces actions sont collectives et partagées.
En tenant compte de certains éléments du contexte, nous pouvons déceler les intentions et les sentiments de Macron. A travers son usage des différents verbes, nous pouvons connaitre ses états d’âme, ses opinions ainsi, ses sentiments ainsi que ses actions, dans le cas où il sera élu président. L’énonciateur utilise d’avantage le pronom « je » pour assumer la responsabilité de ses propos et le pronom « nous » pour dire qu’il n’est pas le seul à prendre des décisions dans ce projet mais que ces actions sont collectives.

2.3. La modalisation :

La modalisation représente l’ensemble des procédés, qui dans un discours marquent la subjectivité de l’énonciateur. Beaucoup de linguistes ont tenté de définir la notion de « modalité », nous prendrons la définition la plus simple qui est celle de Korkut et Onursal qui avancent ce qui suit : « Les modalisateurs sont les éléments linguistiques qui révèlent non seulement la présence du sujet parlant mais aussi son attitude et sa prise de position dans son énoncé » (2009 : 27).
Dans son discours, l’énonciateur a eu recours à divers modalisateurs comme à titre d’exemple les adjectifs.
Prenons en compte le tableau suivant :
Tableaux illustrant les adjectifs

Adjectifs mélioratifs Adjectifs péjoratifs
Les affectifs Les évaluatifs Les affectifs Les évaluatifs
-Un projet
progressiste
-Temps considérable
-Une Action collective
-Françaises et français
engagés
-La Preuve vivante
-Une Vitalité
démocratique
-Action démocratique
-L’efficacité collective
-Au Bon endroit, au
bon échelon
-Une efficacité
économique durable
-Cadre établi
-Un projet réactionnaire, autoritaire, anti- européen, nationaliste, dangereux
-Un tic-tac incessant
-Des changements pas conduits, pas assumé, capturés, des changements bloqués
-Une France plus âgée
-Une société inefficace
-Des Fausses
informations
-Des projets dilués
-Un brouhaha incessant
-Des forces classiques
-S’étant soustraits
-Une société efficace, juste -Un acte complexe
-Une France
conquérante
-Un choix fort, clair
-Une action concrète
-Une France forte, solidaire, cohérente
-Les beaux mots
-Ce grand acte
– Honnête, probe, dévouée
-Vie politique
transparente
-Une Grande vitalité
démocratique
-Une France
insoumise
-Des Forces vives
-Dialogue social
efficace
-Des Accords
intelligents
-Un défi immense
-Une économie plus forte
-Une Justice véritable
-Une Cogestion
assumée
-Une Jeunesse
triomphante
-Un Peuple fort
-Changement
efficace et juste
-Travail préservé, maintenu, respecté
-Une Ville
magnifique
-Etre arrimés
-Une Economie
circulaire exemplaire
-Je suis déterminé
-Etre plus fort
-Une France forte, juste, réconciliée
– Principe moderne, contemporain
-Un Projet numérique
-République nouvelle
-Une française menacée
-Une responsabilité
chevillée au corps
– D’une Manière
terrible
-Un choix lourd
– La lutte fratricide

Nous constatons à travers ce tableau que le locuteur a utilisé beaucoup d’adjectifs dans son discours, notamment en grande partie des adjectifs mélioratifs.
Observons les exemples suivants :

  • a- « Et nous sommes là, en face un projet progressiste »
  • b- « L’action concrète qui rendra la France plus forte, plus c- solidaire, plus cohérente »
  • d- « Je veux qu’il puisse y avoir un dialogue social plus efficace » e- « C’est un défi immense »
  • f- « Un peuple fort »
  • g- « Une grande vitalité démocratique »
  • h- « Cette ville magnifique non loin de la Cathédrale Saint Cécile»
  • i- « Pour transformer notre économie et en faire une économie circulaire, exemplaire »

A travers ces exemples, on sent que Macron veut idéaliser ses projets pour la France par l’emploie de multiples adjectifs mélioratifs dans le but de :

  • -Toucher à plusieurs points essentiels comme la démocratie, l’économie, les villes etc., afin de sensibiliser et d’attirer l’attention de ses sympathisants.
  • -Donner une image positive de la France et du peuple malgré les problèmes et les désaccords présents dans le pays.
  • -Faire en sorte d’embellir l’avenir de ces Français, leur vendre un rêve et cela fait partie de ce qu’on appelle « l’utopie», qui est une représentation exagérée d’une société parfaite qui est très fréquente chez les politiciens.

L’orateur emploie également des adjectifs péjoratifs pour dénoncer les problèmes et les dangers dans la société française, comme l’indique les exemples suivants :

  • a- « Un projet réactionnaire, autoritaire, anti-européen, nationaliste, dangereux » b- « Des changements pas conduits, pas assumé, capturés, des changements bloqués
  • c- « Une France plus âgée »
  • d- « Une société inefficace »
  • e- « Un choix lourd »

Macron cible dans ce cas-là aussi plusieurs points importants qui touchent au peuple Français dans le but de :

  • -Dénoncer l’incompétence des dirigeants qui selon lui conduisent mal le pays (des changements pas conduits, pas assumé)
  • -Mettre en garde le peuple français contre le parti adverse, celui du front national, qu’il qualifie de « dangereux »
  • -Faire une description défavorable de la société française (une société inefficace) dans le but de rendre compte de la situation et inciter le peuple à agir et à apporter des changements pour améliorer les conditions de vie dans le pays.

Les adjectifs affectifs sont prédominants dans le discours, comme nous l’avons vu dans les exemples précédents, et cela indique le degré d’implication du locuteur dans son discours. Mais il emploie également plusieurs adjectifs évaluatifs, à titre d’exemples :

  • a- « Action collective »
  • b- « Action démocratique » c- « Projet numérique »

Nous retrouvons un nombre considérable d’adjectifs dans le corpus. La plupart d’entre eux sont des adjectifs mélioratifs affectifs/évaluatifs, car l’énonciateur veut donner une image positive et solennelle à son discours mais aussi pour marquer sa subjectivité.
Quant aux adjectifs péjoratifs ils sont utilisés pour dénoncer ou prévenir sur des faits importants. Puisqu’il s’agit d’un discours persuasif, le choix des mots de l’énonciateur joue un rôle primordial dans sa visée communicative. Par conséquent il choisit des mots qui pourront émouvoir le destinataire, toucher plus à sa sensibilité qu’à sa logique et à son esprit de jugement, donc mise plus sur des termes affectifs.
L’énonciateur a également employé des adverbes dans son discours pour marquer sa subjectivité.
Observons le tableau suivant :
Tableau représentant les adverbes

Les adverbes spatio-temporels -Nous sommes là ce soir
-Nous l’avons vu hier soir
-Il va falloir expliquer à chaque fois redonner le cap
-Depuis maintenant un peu plus de dix jours, nous menons ce combat
-J’ai voulu m’adresser à vous pour ce dernier rassemblement ici depuis Albi
Devant vous
-Cette ville magnifique non Loin de la Cathédrale Saint Cécile »
-Demain, là, aujourd’hui, parfois, souvent, toujours, à chaque instant, partout, encore, autour.
Les adverbes de manière -Nous devons conduire clairement, résolument les transformations »
-J’assume très clairement
-Ensemble pour notre jeunesse
-Trop, collectivement, fermement, terriblement, simplement, massivement, progressivement, profondément, également, infiniment, furieusement
Les adverbes de quantité -Il nous faut beaucoup d’audace
-Aussi, tant, un peu, plus, autant
Les adverbes de négation -Ne jamais accepter qu’un français ou une française puisse être menacé
Les adverbes de doute -Je sais qu’il en a et peut être parmi vous

Selon les résultats obtenus, nous constatons cinq catégories d’adverbes employés dans le discours qui sont :
a- Les adverbes spatio-temporels : Ces adverbes nous informent sur le temps et le lieu de l’énonciation et peuvent avoir plusieurs fonctions comme :

  • – Positionner l’énonciateur dans le temps et l’espace en apportant des précisions sur le moment de l’énonciation comme l’illustre l’exemple suivant : « Nous sommes là ce soir ».
  • -Donner plus d’informations sur des actions passées : « Nous l’avons vu hier soir »
  • -Répéter une action : « Il va falloir expliquer à chaque fois redonner le cap »
  • -Indiquer une chronologie des événements : « Depuis maintenant un peu plus de dix jours, nous menons ce combat ».
  • -Préciser le lieu de l’énonciation : « J’ai voulu m’adresser à vous, pour ce dernier rassemblement Ici, depuis Albi »
  • – Indiquer le positionnement du locuteur par rapport à ses interlocuteurs : « devant vous » et lui permettent aussi de positionner des éléments dans l’espace : « Cette ville magnifique non Loin de la Cathédrale Saint Cécile »

b- Les adverbes de manière : Ces adverbes peuvent nous renseigner sur :

  • -La manière d’agir : « nous devons conduire clairement, résolument les transformations »
  • -L’intensité d’un sentiment : « j’assume très clairement »
  • -Le rapport entre le locuteur et ses interlocuteurs « Ensemble pour notre jeunesse »
  • c- Les adverbes de quantité : Ces adverbes servent à :
  • -Constater le degré d’une idée : « Il nous faudra beaucoup d’audace »

d- les adverbes de négation : Ces adverbes sont utilisés pour :
-Indiquer la réfutation d’une idée : « Ne jamais accepter qu’un français ou une française puisse être menacé » dans cet exemple « jamais » a la valeur de « en aucun temps ».
e- Les adverbes de doute : Ces adverbes servent à :
-Exprimer l’incertitude : « je sais qu’il en a et peut être parmi vous »
Les adverbes que nous avons relevés de notre corpus nous renseignent davantage sur les opinions et les sentiments de l’énonciateur ainsi que sur la situation d’énonciation. Effectivement les résultats obtenus révèlent des données temporelles, locales, quantitatives et qualitatives.
Macron emploie ses différents adverbes pour donner des précisions à son discours, accentuer ses propos, partager ses sentiments avec son public. Toute fois certains adverbes peuvent avoir une fonction de connecteurs logiques comme par exemple : depuis, maintenant, aussi qui suivent l’enchainement logique de l’argumentation de l’énonciateur.

2.4. Le discours rapporté :

Le terme de discours rapporté est employé pour la première fois par Mikhaïl Bakhtine, qui le définit comme suit : « Le discours rapporté, c’est le discours dans le discours, l’énonciation dans l’énonciation, mais c’est en même temps un discours sur le discours, une énonciation sur l’énonciation » (1977 :161).
En d’autres termes, le discours rapporté est le fait qu’un énonciateur intègre les propos d’autrui dans son propre discours. Ce qui nous donne deux situations d’énonciation qui entourent ce discours, celle du locuteur premier ainsi que celle du locuteur second.
Ce fusionnement de situations aura des incidences sur le statut énonciatif du locuteur, qui au moment de rapporter les paroles d’autrui cède la place à celui-ci. Il peut procéder de trois méthodes bien distinctes : le style direct, le style indirect ou bien le style indirect libre.
Prenons le cas suivant :
a- « C’est ici que je veux aussi adresser, en quelques mots, un discours à vous toutes et tous, et un discours pour notre jeunesse. Et j’ai deux choses à vous dire, deux choses qui seront le socle de notre action, de notre rassemblement, ces beaux mots qui forgeaient les convictions de Jean JAURÈS, il y a aujourd’hui plus de cent ans, lorsqu’il a dit à ces lycéens d’Albi “la République est un grand acte de confiance et un grand acte d’audace.” C’est cela, ce à quoi nous sommes aujourd’hui rendus, c’est bien cela, aujourd’hui, ce qui est notre défi ».
Dans ce passage du discours, le locuteur rapporte littéralement les mots de Jean Jaurès de manière directe. Nous pouvons constater cela à travers la ponctuation. En effet on retrouve les guillemets qui encadrent la citation ainsi que le verbe introducteur « dire ». Ce qui nous donne deux discours et deux situations d’énonciation.
Selon Moeschler : « Le discours citant, qu’il soit écrit ou oral, doit satisfaire deux exigences à l’égard de son lecteur :
-Indiquer qu’il y a eu acte de parole
-Marquer sa frontière avec le discours cité » (1985 :126).
Jean Jaurès qui représente le second locuteur dans ce discours, est un homme politique français et une figure majeure du socialisme. En 1903, il a tenu un discours sur la jeunesse et fait l’éloge du courage en politique pour les lycéens d’Albi ou il était professeur, qui restera comme l’un des plus grands discours de son époque29.
Ce qui fait que Macron marche sur le sillage de ce leader en tenant son discours dans la même ville qui est celle d’Albi. En rapportant ses mots tels que « Acte de confiance » et « Acte d’audace » pour rappeler au peuple français les principes de la république, et leur dire que pour atteindre un certain progrès social, il va falloir être convaincu par ce projet d’avenir, croire aux capacités de chacun et se faire confiance les uns les autres mais aussi il va falloir faire preuve d’audace et de courage pour agir en conséquences.
Nous pouvons dire que par cet effacement énonciatif, le locuteur veut paraitre objectif et donc ne pas s’attribuer le mérite de ces mots dont il n’est pas l’auteur. Néanmoins en introduisant ce discours, il rapporte un point de vue externe qui vient appuyer son argumentation. Mais encore il rapporte une réalité, des faits concrets, pour marquer sa crédibilité.
Selon Moeschler « Le choix du discours direct comme mode de discours rapporté est souvent lié au genre de discours concerné ou aux stratégies de chaque texte. En particulier, le locuteur citant peut chercher à :
-Faire authentique, en montrant qu’il rapporte les paroles mêmes ; (…) qu’il marque par là son adhésion respectueuse, la dénivellation entre des paroles prestigieuses, intangibles et les siennes propres (…) se montrer objectif, sérieux » (1985 : 125).
Cette notion de discours ancré dans un autre discours fait référence au concept de « Dialogisme » développé par Bakhtine dans son ouvrage « Problème de la poétique de Dostoïevski » (1929), qui représente l’interaction entre le discours du narrateur et les discours des autres personnages30.
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  • 27 Aude Lorriaux, « Le ‘je’ d’Emmanuel Macron ». Revue Science humaine, 2017, In https://www.scienceshumaines.com/le-je-d-emmanuel-macron_fr_38469.html
  • 28 Carbure, « L’élection d’Emmanuel Macron et la classe moyenne française », 2018. In https://blogs.mediapart.fr/carbure/blog/310319/lelection-demmanuel-macron-et-la-classe-moyenne-francaise
  • 29 Madeleine Abassade et Christian Maurel, « Discours à la jeunesse de Jean Jaurès », Education populaire et transformation sociale, 2012, In http://www.mille-et-une-vagues.org/ocr/?Discours-a-la-jeunesse-de-Jean
  • 30 Irina Tylkowski, « La conception du dialogue » de Mikhail Bakhtine et ses sources sociologiques (l’exemple des Problèmes de l’œuvre de Dostoïevski [1929]) », Cahiers de praxématique, 2011, p 15. In https://journals.openedition.org/praxematique/1755


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