Douleur postopératoire induite par l’amygdalectomie chez l’enfant - WikiMemoires

Douleur postopératoire induite par l’amygdalectomie chez l’enfant


5.5 Les caractéristiques de la douleur postopératoire induite par l’amygdalectomie chez le petit enfant

5.5.1 La perception de la douleur chez le petit-enfant

Les trois infirmières interrogées ont abordé l’intensité de la douleur perçue par l’enfant. Effectivement, l’amygdalectomie induirait une douleur postopératoire importante. Par exemple, Ninon compare l’amygdalectomie comme : « l’équivalence d’une angine. ».

Léa la qualifie de, « plutôt forte ». Néanmoins, selon les trois infirmières, il semblerait que la douleur soit mieux maîtrisée aujourd’hui, voire éradiquée, grâce aux traitements antalgiques administrés au bloc opératoire, en prophylaxie.

Léa révèle : « Mais c’est vrai que la douleur est bien gérée maintenant. Ils n’attendent pas que l’opération soit finie, que les enfants soient réveillés pour donner des antalgiques, ils donnent dès le bloc opératoire. Et, ils en redonnent en salle de réveil. ». A cela, Laurence confirme : « souvent en post-op, ils ont quand même tout ce qu’il faut pour la douleur ».

Pourtant, Ninon et Laurence évoquent, tout de même, voir revenir du bloc opératoire des enfants douloureux. « Le problème c’est qu’ils n’ont rien (Ne sont pas douloureux à l’entrée), et quand ils reviennent ils ont hyper mal… » (Laurence).

D’autre part, Léa remarque que les enfants sont, généralement, plus douloureux le lendemain, à domicile : « Ils sont plus douloureux le lendemain, je trouve. Je pense qu’il n’y a pas eu tout ce qu’il y a eu au bloc, le jour de l’opération. Des fois, ils dorment très bien la nuit par exemple, donc ils ont eu un antalgique le soir mais rien pendant la nuit donc… ». Et, Ninon, a pu observer une différence de perception de la douleur en fonction de l’âge du petit-enfant.

En effet, plus l’enfant grandirait et plus l’intensité de la douleur perçue serait augmentée. Ninon explique : « La douleur dépend complètement des enfants. A deux ans, les enfants sont un peu moins douloureux. Plus ils grandissent, plus la douleur est importante ».

5.5.2 Les facteurs pouvant majorer les scores de douleur postopératoire

En plus de l’âge des enfants, évoqué par Ninon précédemment… D’autres facteurs ont été cités par les infirmières, comme pouvant majorer la perception de la douleur postopératoire des jeunes enfants.

A la question « constatez-vous une douleur exprimée postopératoire en lien avec le niveau d’anxiété préopératoire de l’enfant ? », Laurence acquiesce, et en est convaincue : « Ah bah oui ! C’est quoi le but de la prémédication ? c’est que l’on sait que les gens qui partent déstressés, quand ils reviennent ils sont mieux. Plus les gens partent dans de bonnes conditions, et mieux est le retour. Et ça, chez les enfants tout pareil. ».

Pour Ninon, l’évaluation de ce lien est moins aisée… Néanmoins, la douleur postopératoire serait tout de même majorée par le niveau d’anxiété préopératoire selon elle. Elle explique cela par le fait que si un enfant part très anxieux au bloc opératoire, alors l’anxiété le suivra en postopératoire. Ainsi, et si sa douleur n’est pas totalement soulagée par les antalgiques, l’influence de l’anxiété postopératoire majorera en conséquences ses scores de douleur. Léa, quant à elle, n’établit pas de lien franc entre anxiété préopératoire et douleur postopératoire, mais plutôt entre tempérament de l’enfant et douleur. Elle justifie cela par le fait qu’il y ait : « vraiment des différences de tempérament des enfants, plutôt. ».

Elle ajoute, rejointe par Laurence sur ce point, que l’éducation de l’enfant pourrait également influer sur les scores de douleur. Laurence partage que, grâce à l’éducation reçue de leurs parents, certains enfants seraient plus « durs » à la douleur : « Un enfant qui tombe ou qui se blesse, à qui tu ne dis rien, tu dis « Boh, ça va, ça va aller » tu vois, cet enfant là il sera plus dur à la douleur. Donc, tu vois, en tout cas le rapport avec les parents et les enfants… ». D’autres parts, Léa et Ninon évoquent également une défiance du petit-enfant à l’égard des cathéters.

D’après Léa, l’anxiété préopératoire ne majorerait pas forcément la douleur postopératoire induite par l’amygdalectomie mais plutôt la douleur ressentie au point d’injection de la perfusion. « Ils n’aiment pas la perfusion, ça, ça peut leur faire peur. Et je dirais que leur peur de ça, fait qu’ils vont avoir mal. Mais sur l’amygdalectomie en elle-même pas franchement. » (Léa).


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