L’infirmier : la définition et le rôle, chirurgie pédiatrique - WikiMemoires

L’infirmier : la définition et le rôle, chirurgie pédiatrique


3.2 L’infirmier
L’infirmier en service de chirurgie pédiatrique me semble tenir un rôle clé dans la prise en soins du petit-enfant, lors de son hospitalisation. C’est pourquoi il me parait primordial, pour continuer, d’examiner de plus près les missions et les ressources de ce professionnel.

3.2.1 La définition et le rôle d’un infirmier

Tout d’abord, l’infirmier se définit comme une « personne qui, en fonction des diplômes qui l’y habilitent, donne habituellement des soins infirmiers sur prescription ou conseil médical ou bien en application du rôle propre qui lui est dévolu. En outre, elle participe à différentes actions, notamment en matière de prévention, d’éducation de la santé et de formation ou d’encadrement » (Amiec recherche, 2005, p. 130).
En d’autres termes, les soins prodigués par l’infirmier découlent soit directement d’une prescription lui étant faite par le médecin, c’est ce que l’on appelle le rôle sur prescription de l’infirmier, ou soit de sa propre initiative, il s’agit alors du rôle propre de l’infirmier. Ce que l’on appelle le « rôle propre de l’infirmier » représente donc sa « zone d’autonomie […] reconnue par les textes régissant l’exercice de la profession qui lui permet de prendre des initiatives et accomplir les soins qu’il (elle) juge nécessaire dans son champs de compétences » (Amiec recherche, 2005, p. 240). Prenons pour exemple la gestion de la douleur postopératoire du patient par l’infirmier. Selon l’article R4312-19 du Code de la Santé Publique (Legifrance, s.d), il est du devoir du professionnel infirmier de mettre en œuvre tous les moyens appropriés visant à soulager la douleur du patient en dispensant des soins qui, s’ils dépassent son champs de compétences, doivent être prescrits par le médecin (il peut s’agir par exemple de prescrire des antalgiques), ou sinon qui dépendent de ses compétences propres (il peut s’agir alors d’apporter des conseils en terme de positions antalgiques, d’apporter de la glace à placer sur la région douloureuse afin de moduler la douleur, ou encore de pratiquer la relaxation etc.).
Cela implique de ce fait, vis-à- vis de sa responsabilité professionnelle, que l’infirmier soit informé et conscient des actes qui entrent dans son champs de compétences ou non (Legifrance, s.d). De plus, selon le service où il exerce, les missions de l’infirmier ne sont pas toujours identiques et peuvent différer.

3.2.2 L’infirmier en service de chirurgie pédiatrique

En service de chirurgie pédiatrique, les missions de l’infirmier se concentrent notamment autour de la prise en charge préopératoire et postopératoire de l’enfant. La prise en charge préopératoire consiste essentiellement en l’accueil du petit et de ses parents, l’apport d’explications et de réponses aux questions concernant le déroulement de l’hospitalisation, mais aussi en la création d’un lien de confiance avec le soigné et son entourage, afin de mettre l’enfant dans les conditions les plus confortables avant l’intervention (Pédiadol, 2014). Ainsi, c’est durant la prise en charge préopératoire que l’infirmier peut tenter de gérer l’anxiété du petit-enfant dont celui-ci peut faire preuve avant l’intervention Par rapport à cela, nous allons le voir, l’infirmier de pédiatrie a un rôle à jouer auprès du petit-enfant, mais aussi auprès de ses parents.

3.2.2.1 La préparation préopératoire du petit-enfant par l’infirmier

L’information et la préparation de l’infirmier auprès du petit-enfant et de son entourage est une étape primordiale. En effet, il faut savoir que le fait qu’un enfant soit correctement informé et préparé à une intervention chirurgicale participe nettement à la diminution de son anxiété préopératoire. Pour cela, l’information de l’enfant peut se faire en amont (durant la consultation de chirurgie et d’anesthésie) et à l’arrivée dans le service.
Ceci nécessite alors que l’infirmier connaisse le déroulement de l’hospitalisation, des soins, et lui parle de ce qu’il va se passer comme : les spécificités rattachées à l’intervention, le type de douleur généralement provoquée, les moyens d’évaluation de cette douleur et les traitements existants, mais aussi les techniques d’endormissement lors de l’anesthésie générale. (Pédiadol, 2014).
Pour le petit-enfant, il est essentiel que le professionnel s’adapte à lui et aille à son rythme lorsqu’il lui délivre ses explications. En effet, ne rien lui dire serait délétère : la dissimulation que l’enfant arrive à percevoir aggrave son angoisse et peut même rompre son lien de confiance envers les adultes… Cependant, trop en dire pourrait également le submerger. C’est pourquoi, l’essentiel ne réside pas tant dans le fait de tout dire à tout prix, mais plutôt dans le fait de savoir rester disponible pour écouter et répondre à ses questions (Wanquet-Thibault, 2015).
De plus, il importe également que l’infirmier adopte une posture rassurante à l’égard de l’enfant en lui rappelant que l’intervention chirurgicale n’est pas une punition, et qu’il rentrera à la maison avec ses parents dès que possible. Cela participe au maintien de la sécurité affective, et à la création d’un lien de confiance avec le soignant. En effet, par-là, l’enfant comprend que ce dernier attache de l’importance à sa compréhension et l’assiste dans sa crainte. L’ensemble de cette démarche a bien un effet réducteur de l’anxiété (Wanquet- Thibault, 2015, pédiadol, 2014).

3.2.2.2 Le rôle de l’infirmier auprès des parents

Le rôle de l’infirmier auprès des parents, et de l’entourage d’une manière plus large, vise également à fixer un cadre sécurisant afin de leur laisser la possibilité d’exprimer leurs angoisses. En effet, comme évoqué précédemment, à son âge, le petit-enfant a tendance à calquer son attitude sur celle de ses parents… Ainsi, généralement, le fait de gérer l’anxiété des parents participe à diminuer celle de leur enfant.
La relation établie entre le soignant et les parents aide l’enfant à mieux appréhender l’hospitalisation (Pichard-Léandri, Gauvain- Piquard, 1989). D’ailleurs, le premier temps fort de la prise en charge de l’infirmier auprès des parents est l’accueil. Manu, aide-soignant à l’hôpital Trousseau de Paris, ajoute même que l’accueil est « peut-être le plus important » (Lanté, Benesse, 2017).
En effet, cela permet, dès le début de la relation, de mettre en confiance les parents avec l’équipe soignante. Il s’agit par-là de leur montrer que les professionnels, qui vont prendre en soin leur enfant durant l’hospitalisation, sont compétents, qualifiés, et que de ce fait tout se passera bien. Cela passe tout d’abord par l’attitude du soignant et l’image que cette dernière renvoie aux parents.
Cela passe aussi par l’apport d’informations, de repères (en termes de lieux, de personnes, et du rythme)… Mais encore, par le fait de les intégrer pleinement, par la suite, dans la prise en charge postopératoire de l’enfant, en les faisant participer tant que possible à certains soins comme la reprise de l’alimentation ou certaines surveillances.
Cette collaboration entre parents et soignants est dans l’intérêt même de l’enfant. Cela permet aux parents d’apporter leur présence rassurante à l’enfant, ce qui est capital (Lanté, Benesse, 2017, Pichard-Léandri, Gauvain-Piquard, 1989).
Ainsi, à partir de ce constat, je me suis demandée si, parmi tous ces facteurs caractérisant la qualité de la prise en charge infirmière, l’expérience du soignant pouvait avoir son importance. C’est pourquoi je développerai ce concept sans attendre.

3.2.3 L’expérience infirmière

L’expérience se définit comme la « pratique de quelque chose, de quelqu’un, épreuve de quelque chose, dont découlent un savoir, une connaissance, une habitude ; connaissance tirée de cette pratique. » (« Expérience », s.d). Ainsi, et selon Benner (2003, citée dans Vanschoor, 2015), l’on ne parle d’expérience infirmière seulement lorsque l’évènement vécu par le soignant améliore, élabore ou invalide une connaissance antérieure. L’on en déduit par-là que l’infirmier, pour acquérir de l’expérience, doit d’abord posséder des connaissances. Benner (2003) parle même de compétences (compétences qu’elle spécifie comme des actes qualifiés).
Effectivement, le processus d’acquisition de l’expérience infirmière se déroule de la façon suivante : c’est en acquérant une compétence puis en la développant, que l’étudiant, puis l’infirmier, acquiert de l’expérience. En d’autres termes, l’expérience infirmière croît de façon parallèle au développement, et donc à la maîtrise, de ces compétences grâce à la pratique, sur le terrain, de la théorie apprise à l’école.
De ce fait, il a été établi cinq niveaux de compétences : novice, débutant, compétent, performant et expert. Le professionnel qualifié comme novice n’a aucune expérience. Ses actes ne dépendant que des règles qui lui ont été enseignées. « Leur pratique est limitée à gérer les paramètres mesurables (poids, température…) ainsi qu’à mettre en œuvre des règles standards indépendantes du contexte ». (Benner, 2003, citée dans Vanschoor, 2015).
Cela signifie que le soignant applique, sans vraiment prendre en compte le contexte de la situation, c’est-à-dire sans s’y adapter. A ce niveau, ce dernier ressent ainsi une profonde insécurité. En tant que débutant, le professionnel possède toujours peu d’expérience (moins de deux ans, dans un même service), il fait toujours vérifier ses soins par ses collègues compétents, mais « a déjà fait face à suffisamment de situations réelles pour noter les facteurs signifiants qui ne se reproduisent pas dans les situations identiques » (Benner, 2003, citée dans Vanschoor, 2015).
Il ne devient enfin compétent que lorsqu’il a le sentiment de maîtriser et de pouvoir faire face aux situations non prévues. L’infirmier compétent, au bout de deux ou trois années passées dans le même service, sait quels éléments prioriser pour gérer de manière efficace la situation.
Toutefois, le soignant performant voit davantage la situation comme un ensemble, et perçoit dans celle-ci des nuances imperceptibles pour ces collègues moins expérimentés. « L’infirmière performante apprend par l’expérience quels évènements typiques risquent d’arriver dans une situation donnée, et comment il faut modifier ce qui a été prévu pour faire face à ces événements. » (Benner, 2003, citée dans Vanschoor, 2015). Ainsi, performant et expert se rejoignent… Effectivement, à son niveau, l’infirmier expert est qualifié de connaisseurship.
Son maître mot est l’intuition. Il possède un véritable savoir, et sa façon de traiter une situation, un cas, est comparable à celle d’un chercheur. (Benner, 2003). Le niveau de la qualité des soins prodigués par le professionnel infirmier semble donc avoir un lien direct avec le niveau de compétence de celui-ci, et par conséquence, avec son niveau d’expérience.


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