A quoi pourrait être liée l'anxiété des enfants ? - WikiMemoires

A quoi pourrait être liée l'anxiété des enfants ?


2. Situation d’appel et questionnement de départ
La situation présentée ci-dessous se déroule à l’entrée du semestre cinq. Etant alors en 3ème année de formation en soins infirmiers, j’ai effectué un stage au bloc opératoire gynécologique et pédiatrique. Il s’agit du bloc Aliénor, rattaché au Centre Hospitalier du Mans (CHM).

2.1. Récit de la situation d’appel

Durant cette période de stage, j’ai passé une première semaine à l’accueil du bloc opératoire. Il s’agit notamment de l’endroit où les patients attendent avant d’entrer en salle d’intervention. Régulièrement, plusieurs femmes et enfants y patientent dans le même temps. L’infirmière diplômée d’état (IDE), présente dans cette salle, veille à l’identitovigilance et s’entretient avec les patients dans le but de contrôler la complétude de leur dossier médical afin que ceux-ci puissent entrer en salle d’intervention.
C’est également l’endroit où l’infirmière pose les voies veineuses périphériques auxquelles sont adaptées les perfusions de chlorure de sodium, utiles notamment pour l’anesthésie en salle.
A ce poste, j’ai ainsi pu observer la prise en charge de nombreux enfants. La majorité d’entre eux étaient hospitalisés pour subir des opérations telles que des amygdalectomies, des adénoïdectomies (ablation des végétations) ou bien encore des avulsions dentaires. Généralement, leur prise en charge débute à leur arrivée dans le sas, aussi appelé « salle de permutation ».
Cette salle sépare l’accueil et l’enceinte du bloc opératoire du couloir extérieur au bloc, et permet le transfert des patients du lit dans lequel ceux-ci sont transportés depuis le service, à un brancard de transfert appartenant exclusivement au bloc.
Tout ceci se justifie par la volonté d’instaurer une asepsie progressive de l’extérieur du bloc jusqu’à la table d’opération. En effet, les enfants sont dans leur lit, descendus du service et accompagnés par les brancardiers. Les parents, ne pouvant pas entrer dans l’enceinte, expliquent à leur enfant qu’ils le retrouveront tout-de-suite après l’intervention, lui disent au-revoir et attendent généralement à l’extérieur pour rencontrer le médecin anesthésiste.
De là, l’IDE demande aux enfants de revêtir, en complément de leur blouse de bloc opératoire, une charlotte et des « chaussons », puis de monter sur le brancard de transfert pour les diriger vers l’accueil.
A leur arrivée, ils semblent, la plupart du temps, surpris, voire impressionnés par la tenue portée par les professionnels du bloc opératoire et ne sont pas tous ravis d’entrer dans un endroit qui leur est généralement inconnu. En effet, j’ai pu constater en accompagnant ces enfants que, malgré leur jeune âge, certains étaient « tout-sourire », ne semblaient pas souffrir ou bien avoir la moindre anxiété quant à l’opération…
Alors que d’autres, à l’inverse, étaient inconsolables, inquiets et ne supportaient pas d’être séparés de leurs parents. Lorsque cela arrivait, le recours aux tablettes interactives ou encore aux jouets, disponibles à l’accueil, suffisait parfois à capter leur attention et les apaiser. La distraction par le jeu permettait de les tranquilliser pendant un certain temps. C’est pourquoi ces tablettes sont systématiquement données par le service de chirurgie pédiatrique aux enfants afin qu’ils puissent en être accompagnés à chaque « étape » de la prise en charge opératoire (descente du service vers le bloc opératoire, salle de permutation, accueil, salle d’opération, salle de réveil…).
Néanmoins, cela n’était pas toujours suffisant et plusieurs jeunes enfants n’étaient pas faciles à tranquilliser. Par ailleurs, de mon côté, je pense que le fait de ne pas avoir eu l’occasion de beaucoup côtoyer les enfants, tant dans ma vie personnelle que professionnelle, a participé au fait que je ne sois pas très sûre de moi dans mes prises en charge auprès d’eux.
En effet, j’éprouvais une certaine appréhension lorsqu’il s’agissait de les rassurer ou de leur expliquer les raisons de leur présence au bloc opératoire ainsi que les différents soins que nous allions leur faire, par crainte de ne pas trouver les mots « adéquats » et d’ainsi majorer leur angoisse.
J’essayais pourtant de m’inspirer de ce que mettait en œuvre l’IDE d’accueil, en termes d’approche et d’attitude, mais ne parvenais pas à être complètement satisfaite de moi lorsque je tentais à mon tour de le reproduire. Puis, quelques temps après, en discutant avec une jeune femme qui attendait d’entrer en salle d’intervention : j’ai été interpellée.
Un petit enfant, d’environ trois ans, venait d’arriver, agité et en sanglots. Nous observions les infirmières, postées dans sa salle d’intervention, tenter de le rasséréner. Voir un enfant dans un tel état d’angoisse a provoqué une sorte de gêne et même d’impuissance chez moi…
Quelques instants plus tard, la patiente m’a dit : « Oh les miens, ça va, ils n’ont pas eu trop peur lorsqu’il a fallu qu’ils se fassent opérer des amygdales. Je pense que c’est parce que mon mari et moi leur avons bien expliqué… Du coup, ils étaient en confiance avec les professionnels et n’ont pas trop souffert, lors de la séparation et puis après l’opération. ».

2.2. Questionnement de départ

Après avoir vécu et analysé cette situation, de nombreuses questions se sont présentées à moi puisqu’en tant que future professionnelle, il me parait important d’être capable de s’adapter à tout type de patient, et ainsi aux enfants.
En effet, je me demande si l’expérience de l’infirmier peut influer, de façon méliorative, sur la prise de charge d’un enfant angoissé et sur sa capacité à créer avec lui une relation de confiance, dans un contexte de soin.
J’ai des difficultés à imaginer que les compétences de l’IDE ne s’acquièrent pas au cours de l’expérience professionnelle et que, au contraire, le seul fait d’avoir une « bonne approche » avec les enfants suffise à faire la différence pour aboutir à une prise en charge de qualité.
Par ailleurs, je me questionne sur le ressenti de l’enfant hospitalisé depuis le service de chirurgie pédiatrique jusqu’au bloc opératoire. Si certains ne semblent pas être angoissés, je pense avoir perçu cette angoisse chez bon nombre d’enfants.
A quoi pourrait être liée cette angoisse ? Existe-t-il un moyen, autre que la perception subjective, pour évaluer cette angoisse de manière fiable ?
Cette dernière peut-elle avoir des répercussions sur la perception de la douleur postopératoire de l’enfant ? Peut-elle être amplifiée ?
Et, tout simplement, peut-on déjà considérer cette angoisse comme une douleur ? La douleur ne peut-elle être que physique ?
J’entends par physique le fait d’être provoquée par une « sensation ». Est-ce qu’elle ne pourrait pas également être morale ?
D’autre part, quelles sont les techniques misent en place par les infirmiers pour évaluer et prendre en charge l’angoisse, l’anxiété des enfants ? Est-ce que tous les soignants y ont recours ?
Ces techniques sont-elles « invariables » ou bien s’adaptent-elles aux enfants rencontrés, tenant compte de leur âge ou bien leur comportement ?
De plus, par rapport aux dires de la patiente avec qui j’ai pu dialoguer : est-ce qu’un enfant qui aura reçu des explications, qui aura été informé des soins allant lui être appliqués, sera moins anxieux ? Je me demande encore quel rôle jouent les parents dans cette prise en charge de l’anxiété.
Les infirmiers incluent-ils les parents dans cette démarche ? Aussi, est-ce que parfois le fait de rassurer les parents, pouvant être inquiets eux-aussi, peut apaiser l’enfant ?
A partir de toutes ces interrogations se construit ma question de départ :
« En quoi l’expérience de l’infirmier, auprès d’un petit-enfant anxieux et de ses parents, en service de chirurgie pédiatrique, influe sur la perception de la douleur postopératoire induite par l’amygdalectomie ? »


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