Défense des valeurs humaines impérissables


Le voyage initiatique de Candide
Chapitre II- Description du conte
3-Défense des valeurs humaines impérissables
Voltaire nous dépeint un monde où le mal est une réalité omniprésente. L’apparent vagabondage de Candide est destiné à nous révéler qu’aucun endroit sur terre n’échappe au fléau (mal) sauf l’itopique Eldorado). Mais au delà d’une description « romanesque » se profile le message philosophique essentiellement humain de Voltaire. On essayera autant que faire se peut de mettre le doigt sur quelques un de ces idéaux voltairiens à travers la lecture méthodique de quelques passages. Une façon de partir du texte pour s’ouvrir sur les aspirations de l’humanité …

a-critique de la guerre (voir extrait 1 aux annexes)
La première leçon que reçoit Candide dans le cadre de son parcours initiatique est l’atrocité de la guerre. Enrôlé de force et participe par conséquent  à une guerre inconcevable, il sommet pour la première  fois sa conception optimiste à l’expérience. le regard naïf et optimiste du personnage Candide est assorti d’un regard plus réaliste dans une stratégie augmentative qui vise à prouver l’absurdité de la guerre.

i – un point de vue optimiste, voire naïf
Influencé profondément par son précepteur Pangloss qui prêche l’optimisme et défend la théorie «  des meilleurs des mondes », Candide dans ce passage, ne voit dans la guerre que beauté est harmonie mises en relief par la disposition des deux armées et par l’énumération des instruments de musique. Son émerveillement est souligné dans le texte par la récurrence de l’adverbe d’intensité « si » et par l’accumulation d’adjectifs valorisants « si  beau, si brillant, si bien ordonné … » (extrait). Candide imprégné  de l’optimisme n’hésite pas à considérer la guerre comme juste : « les canons renversèrent d’abord à peu près six mille hommes de chaque côté » (extrait) et même utile «  la mousqueterie [ôte] du meilleur des mondes environ neuf à dix mille coquins qui en [infectent] la surface » (extrait). Le vocabulaire mobilisé est doux dans la perspective de débarrasser la guerre de son horreur. L’euphémisme, contenu dans «  la mousqueterie être du meilleur des monde » (ôter au lieu de tuer) les canons renversèrent d’abord (renverser donne l’impression d’un jeu de plaisir) et «  la baïonnette fut aussi la raison suffisante de la mort de quelques milliers d’homme » : l’expression « raison suffisante » place la guerre dans l’ordre naturel des choses), contribue au fait d’atténuer et de justifier la brutalité de la guerre.

ii – Un regard omniscient, réaliste et dénonciateur.
Le point de vue de Candide n’est pas tout à fait sain , il est encore sous l’influence des préjugés de la philosophie optimiste qui force l’interprétation de tout phénomène pour établir que tout va pour le mieux Candide est aussi jeune manquant d’expérience et partant dupe et naïf . Mais on sent déjà dans son regard l’intrusion de l’auteur et de son ironie subtile. Ainsi, dans l’énumération des instruments de musique, les mots «  canon » et «  enfer » nous préviennent  de la fausseté du raisonnement : «  les trompettes, les fifres, les hautbois, les tambours, les canons formaient une harmonie telle qu’il n y en eut jamais en enfer ». L’auteur intervient directement dans un deuxième temps pour souligner le non aboutissement et l’embarras du raisonnement de Candide puisque celui ci «  tremble comme un philosophe » devant cette «  boucherie héroïque » il prend la fuite pour aller raisonner ailleurs. L’auteur s’en prend au passage à la religion qui semble cautionner la guerre «  les deux rois faisaient chanter des Te deum  ». Pour Voltaire la religion est donc l’allié du mal et ne mérite aucun engagement. L’illusion idéaliste cède enfin la place à une description réaliste qui, en progressant rend dans un détail cru et anatomique la réalité de la guerre : «  des tas de morts et de mourant »,  «  Vieillards criblés de corps », « mamelles sanglantes », « filles éventrées », « des cervelles étaient répandues sur terre à côté de bras et de jambes coupées ». Ce tableau douloureux suscite l’indignation et ne laisse la place à aucune spéculation sur le bien fondé de la guerre Voltaire dénonce également la notion classique du guerrier –héros en usant d’ironie que suggère l’association du mot héros aux Abares et aux Bulgares qui se rapprochent plutôt par leurs rimes de « barbare ».
La stratégie augmentative de Voltaire consiste à adopter le point de vue adverse puis le détruire en le minant de l’intérieur. Il procède par la suite à l’étalage des arguments plus réalistes et moins illusoires. Il suit les pas de son personnage et le soumet à l’expérience pour en tirer les leçons. La guerre ne peut être qu’atroce et brutale et ne peut en aucun cas participer d’un équilibre général des «  meilleurs des mondes ».

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