Critique de la philosophie optimiste


Description du conte – Chapitre II :
3- Défense des valeurs humaines impérissables
d – Critique de la philosophie optimiste(voir extrait aux annexes)
Pangloss est le philosophe pour qui tout va bien et refusant de remettre en cause son optimisme même devant les pires horreurs. A chaque fois, il essaye de trouver des explications et des justifications à tout malheur.

Le jeune naïf qui croyait à cette philosophie va en découvrir les démentis et va se faire pour lui une morale selon la quelle  » le mal est partout mais il est possible de ne pas être trop malheureuse » . L’extrait (voir ci-dessous) constitue la situation finale du conte et le terme d’une contestation philosophique que tout le récit a développé. Alors que Pangloss reste fermé dans son système, Candide en arrive au principe suivant  » Il faut cultiver notre jardin » (l’extrait). Cette morale réclame en moins deux interprétations.

I – Un mode de pensée sclérosé (figé)
Pangloss reste fidèle au principe du meilleur des mondes et son observation est telle que le rappel du sort des six rois détrônés déclenche à nouveau un long discours sous forme de généralisations théoriques » les grandeurs sont fort dangereuses » Extrait .

Il se lance dans une énumération biblique et historique, qui n’est pas en soi dépourvue d’intérêt, mais qui témoigne d’une méthode de pensée dont Voltaire dénonce le caractère pédant et dangereux. Pangloss l’incorrigible, après que Candide a mis tout le monde au travail, résume leur histoire ( celle des individus de la communauté de Candide) en faisant apercevoir l’heureuse finalité d’origine divine qui les conduit tous en Turquie pour y travailler la terre. À travers le raisonnement grotesque de Pangloss. Voltaire ruine, la métaphysique, l’érudition et l’optimisme inébranlable. L’obstination dans l’aveuglement est visible certes, mais suggère aussi l’intention de Voltaire qui fait allusion au fait que la sottise est éternelle et éternel est aussi le combat contre elle.

II – Une leçon de l’expérience
La rencontre avec le bon vieillard juste avant la page de cet extrait a éclairé Candide. Celui –ci a été fasciné par le bonheur fondé sur le travail d’un turc qui menait une vie heureuse et prospère sur ses terres. La sagesse est présentée ici sous les traits d’un vieillard puisque il a secoué Candide est l’a poussé à faire de  » profondes réflexions » (l’extrait) sur le chemin du retour. Alors que Pangloss saute sur toutes les occasions uniquement pour développer ses conceptions théoriques et métaphysiques, Candide observe et confronte l’expérience avec une autre (celle des six rois et celle du vieux turc) puis enregistre le résultat :  » le bon vieillard s’est fait un sort bien, préférable …. » Candide décide dans une deuxième étape de mettre en pratique cette morale résultat de l’expérience et organise alors sa métairie en distribuant les tâches.

Voltaire souligne ici un mode de pensée anti-métaphysique se basant sur l’observation et l’expérience. Ce mode de pensée est incarné par Candide et s’oppose au mode figé qu’incarne Pangloss. Voltaire nous enseigne également sur la vie laborieuse de Candide et ses amis : la laideur de Cunégonde importe peu  » elle devint excellente pâtissière, le frère giroflée  » bon menuisier, etc. la vraie valeur des êtres humains réside alors dans leur efficacité, critère précis et sûr à l’opposé du côté spirituel et esthétique où rien n’est sûr. Une autre idée est à relever dans  » chacun se mit à exercer ses talents » cette formule suggère que tout homme possède en lui le moyen d’être efficace et il suffit de lui confier la tâche qui correspond à ses capacités pour le rendre utile dans la société. En rattachant ainsi l’homme au groupe social, celui-ci parvient à donner un sens à sa vie. Le travail de la terre à une portée symbolique et invite l’homme à se consacrer à son domaine (la terre) et se détourner des problèmes métaphysiques angoissants.

Au-delà de l’action romanesque qui prend fin dans cet extrait, les intentions philosophiques de Voltaire trouvent ici leur dénouement. Les personnages (Candide et Pangloss) lui ont permis de confronter deux systèmes de pensée, un système stérile perdu dans des généralités métaphysiques et théoriques et un système raisonnable et adéquat à la réalité.
Le voyage initiatique de Candide

Le voyage initiatique de Candide

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– Hélène Sabah, Itinéraire littéraire XII siècle, hâtier 1990.

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